Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Zelda, Princesse bibliophile

The Dark Crystal : Age of Resistance

4 Mai 2020, 17:15pm

Publié par Zelda

L’an dernier, LA série que j’attendais, c’était la préquelle au très beau film Dark Crystal, que j’avais vu jeune ado et adoré pour son univers et son esthétique si particuliers. Quand j’ai entendu parler du projet, j’étais tour à tout méfiante et excitée, j’avais à la fois hâte de voir la série et peur que le résultat ne soit pas à la hauteur, ni de mes espérances, ni du film dont il était tiré.

 

Age of Resistance revient de nombreuses années en arrière, bien avant les événements de Dark Crystal, lorsque les Gelfings étaient encore nombreux dans le monde de Thra, divisés en plusieurs peuples, et convaincus que les Skeksis les gouvernaient pour leur bien et le bien de Thra. Mais quelques Gelflings découvrent ce que les Skeksis font vraiment du Cristal, le cœur de Thra, qu’ils ont pour mission de protéger, et se rebellent...

The Dark Crystal : Age of Resistance

Bien-sûr la série n’est pas finie et je ne peux donc pas me prononcer sur l’ensemble, mais seulement sur la première saison. Et je trouve ce démarrage très réussi, même s’il n’est pas exempt de défauts.

On retrouve ce côté très palpable et tangible des effets spéciaux à l’ancienne, avec une habile alternance entre des marionnettes similaires à celles du premier film, et des effets numériques modernes là où ce que l’on veut montrer est tout bonnement infaisable avec de simples maquettes, costumes, maquillage, et multiples artifices en latex et en mousse. Tout cela rend très très bien, car la série parvient à réconcilier une esthétique à l’ancienne et une esthétique moderne. Je suis ravie que ses créateurs aient voulu recycler et mettre en valeur le charme désuet des marionnettes, car je ne voyais pas le monde de Dark Crystal conserver son identité visuelle sans ça. C’est très beau, très coloré, et on ressent le merveilleux à chaque coin de l’écran.

D’ailleurs, il faut que je vous prévienne : il faut aimer ce type d’esthétique car les marionnettes, c’est vraiment spécial. Moi, j’adore. J’adore les vieux effets spéciaux, je me gargarise du stop-motion, des maquettes, des décors en carton et des costumes kitsch.

 

On suit les aventures de plusieurs personnages à la fois, qui ont des origines ethniques différentes et donc des façons de progresser différentes, ce qui est très agréable et permet de rendre compte de la richesse du monde dans lequel ils évoluent, tout en tissant un récit polyphonique dynamique. L’histoire est pour l’instant plutôt raccord avec celle du film. Comme la série se passe avant, il est très important à mes yeux qu’il n’y ait pas d’incohérences et qu’elle puisse combler les trous tout en raccrochant les wagons d’une manière satisfaisante. Cependant, comme elle est appelée à durer, j’ai peur que l’on se perde en route, comme pour Game of Thrones…

Les personnages sont tous attachants, et très rapidement. Je salue ici le doublage car le désavantage des marionnettes est qu’elles sont moins expressives qu’un visage humain. Les acteurs compensent avec un jeu vocal très vivant, parfois maniéré, mais du coup très expressif. Le design des créatures est mignon, comme dans le film, et on sent dans toute l’esthétique, des décors aux costumes aux couleurs, une réelle filiation.

 

Toutefois, la série atteint ses limites vers la fin de la saison : elle reste intéressante parce que ses enjeux ont été correctement posés, ainsi que les motivations des divers personnages. Malheureusement, le recours massif aux créatures en latex et autres à l’ancienne rend bancal tout affrontement guerrier, car il est impossible de montrer à l’écran des milliers de marionnettes affronter des milliers d’autres marionnettes.

Ainsi, une scène de bataille qui a lieu dans les derniers épisodes semble factice et peu crédible : les combattants se meuvent avec trop de lenteur et de gaucherie, et on ne voit jamais que quelques personnages à l’écran à la fois. On a l’impression de voir deux armées de 10 personnes se faire face (autrement dit, un match de foot). Ces scènes mettent même en danger la cohérence de certains éléments du récit.

On repassera pour la dimension épique qui souligne que l’avenir d’un monde tout entier est en jeu… Plutôt que d’essayer de nous montrer cette échauffourée, je pense qu’il aurait mieux valu qu’elle n’ait pas lieu, ou la contourner.

 

Malgré ce défaut qui a gâché un peu mon visionnage, je recommande chaudement cette première saison : les personnages sont si attachants et ce monde si vivant et si beau que j’en suis restée émerveillée de la même façon qu’après avoir vu le film pour la première fois. A condition, par contre, de ne pas être rebuté par les marionnettes.

Commenter cet article