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Zelda, Princesse bibliophile

2020, un été sous le signe du roman policier : L’Île au Secret - Ragnar Jonasson (La Martinière, 2020)

28 Août 2020, 18:15pm

Publié par Zelda

Il est temps de voyager : après deux auteurs français, je me suis tournée vers deux auteurs venus d’ailleurs. Le premier, islandais, est mon auteur de romans policiers favori : Ragnar Jonasson. J’ai lu presque tous ses livres se déroulant à Siglufjordur, et le premier tome de sa nouvelle série, La dame de Reykjavik, dans lequel on suit une inspectrice en fin de carrière, Hulda. J’ai lu cet été le nouveau roman se situant dans cet univers, sauf qu’au lieu d’être une suite, L’île au secret se déroule plusieurs décennies plus tôt.

2020, un été sous le signe du roman policier : L’Île au Secret - Ragnar Jonasson (La Martinière, 2020)

 

Hulda est appelée lorsqu’un week-end entre amis sur une île coupée de la civilisation tourne au drame : une des jeunes femmes a fait une chute mortelle depuis son point culminant. Bien vite, l’accident lui semble suspect, et l’amène à voir d’un oeil neuf une affaire de meurtre ayant eu lieu dix ans plus tôt et impliquant une ancienne amie de la victime.

 

Je vais l’avouer d’entrée de jeu : j’ai très vite été moins emballée par ce tome que par le précédent (juste un peu). En cause, la chronologie choisie par l’auteur. Si elle peut dérouter car elle nous prend à rebrousse poil, elle implique nécessairement moins de surprise que dans le premier volume, car elle revient sur des événements dont nous avons déjà connaissance. D’un autre côté, cela permet de ne pas être confus si l’on n’a pas lu le livre précédent. J’ai donc perdu une partie des révélations, du moins celles qui concernent la vie personnelle de l’inspectrice. On doit se contenter de l’enquête principale pour nous surprendre, et il faut bien admettre que les faits sont moins mystérieux que dans les autres romans de Jonasson.

 

Ce que j’aime particulièrement chez cet auteur, c’est cette construction en puzzle qu’il emploie toujours, et dont les différents éléments ne sont enfin reliés qu’à la fin. Par exemple, il nous fait régulièrement alterner les points de vue entre plusieurs personnages que l’on suit et dont les trajectoires convergent sans que l’on puisse comprendre de quelle façon. Souvent, certains de ces personnages restent anonymes pendant une longue partie du récit, nous invitant à essayer de deviner leur identité grâce aux informations glanées ailleurs. Cependant, cela fonctionne moins bien dans ce roman. Cette fois, j’ai trouvé plus facile de faire les liens entre les différents événements et personnages et donc de comprendre le crime. Pour la grosse révélation surprenante, on repassera.

 

Malgré tout, ce fut une lecture captivante et je n’ai pas boudé mon plaisir. La preuve : je l’ai lu en trois soirées. Ce que j’ai le plus aimé, c’est son personnage principal. Hulda est bien développée ; elle est bourrée de défauts, et sa fierté mal placée la conduisent souvent à se méprendre sur les autres et leurs intentions à son égard. Tout cela la rend à la fois énervante,  attachante et crédible, et j’étais contente de la retrouver.

Par ailleurs, l’auteur a géré le suspense dans son récit de façon à ce que les révélations capitales de la Dame de Reykjavik se recyclent ici, et fassent à nouveau l’objet d’un dévoilement progressif, permettant ainsi aux lecteurs d’entrer dans l’histoire avec n’importe lequel des deux volumes sans être perdus et sans se gâcher la première surprise.

Enfin, j’admets que le premier marquait un grand coup et que sa structure, sa position dans la chronologie, rendaient presque impossible de livrer un second roman qui soit tout aussi marquant.

 

En bref, je passe toujours d’agréables moments avec les livres de Ragnar Jonasson, et celui-ci n’a pas fait exception, même si je l’ai trouvé légèrement en dessous de son prédécesseur.

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