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Zelda, Princesse bibliophile

2020, un été sous le signe du roman policier : Gray - Leonie Swann (NIL, 2020)

21 Septembre 2020, 17:15pm

Publié par Zelda

 

Voilà le dernier roman policier de mon petit cycle de l’été, un allemand cette fois, le second roman de l’autrice à être traduit en France. Et cet article tombe à pic pour clore la belle saison !

A défaut de pouvoir lire la suite du fantastique Qui a tué Glenn, je me suis jetée dessus lorsque je l’ai aperçu sur les tables des nouveautés de la médiathèque !

 

Si dans son autre roman, nous suivions les tribulations d’un troupeau de moutons tous plus drôles et attachants les uns que les autres, nous assistons dans celui-ci aux affres d’un adorable perroquet prénommé Gray, dont le maître, un étudiant de Cambridge, est mort d’une terrible chute alors qu’il tentait d’escalader la chapelle d’un collège. Si l’affaire est classée comme un accident, le professeur Huff, voisin de palier du jeune homme, est rapidement convaincu qu’il s’agit d’un meurtre. Il compte bien mener sa propre enquête, à l’aide du volatile dont il est devenu le maître temporaire bien malgré lui.

2020, un été sous le signe du roman policier : Gray - Leonie Swann (NIL, 2020)

Ce roman est sans conteste le plus léger de mes lecture policières estivales. Encore une fois, j’ai apprécié les touches d’humour distillées ici et là, faisant la part belle au comique de situation et reposant essentiellement sur l’attitude de l’animal dont les sorties verbales inattendues semblent souvent fort à propos, ainsi que sur les tocs de son nouveau propriétaire. En effet, le professeur Huff est un incorrigible maniaque, qui se résigne à dormir dans sa baignoire pour tenir compagnie au perroquet dans la salle de bain de crainte qu’il sème le désordre, ou capable d’identifier le moindre déplacement de ses presse-papiers par un intru. Et vous savez comme j’aime les personnages imparfaits !

Leonie Swann sait brosser des personnages attachants, aussi bien du côté des humains que des animaux. C’est vraiment là que réside la force de son roman, c’est ce qui donne envie de continuer à lire : on a envie de passer du temps avec eux, avec Huff et ses lubies, avec Gray, son vocabulaire étonnamment développé et ses propos d’une mystérieuse pertinence. 

Pour que l’humour fonctionne dans son livre, l’autrice sait l’accompagner d’un style vif et pétillant qui permet de dévorer les pages en ayant l’impression de n’avoir lu que cinq minutes (mais non, ça en faisait vingt).

 

Le seul “point faible” du roman, si l’on veut chercher la petite bête, se situe du côté de l’intrigue, dont l’intérêt est vite supplanté par celui accordé au héros et à son compagnon à plumes. Si sa résolution n’était pas aussi spectaculaire, elle aurait pu devenir anecdotique : ainsi je trouve que Leonie Swann a su habilement relier les fils de son histoire et de son écriture pour tout rassembler dans un final qui se tient et qui est à la hauteur des péripéties précédentes. Il fallait bien une telle apothéose pour que toute l’oeuvre ne retombe pas comme un soufflé.

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