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Zelda, Princesse bibliophile

Le Joyau des sept étoiles - Bram Stoker

10 Novembre 2020, 17:15pm

Publié par Zelda

Retour aux classiques du fantastique pour aujourd’hui ! En septembre, l’envie de relire un vieux classique empreint de mystère et d’atmosphère gothique m’a démangé. Après quelques hésitations, j’ai jeté mon dévolu sur un auteur dont j’ai déjà lu deux œuvres, Bram Stoker, sûre de trouver auprès de lui ce dont j’avais besoin.

The Jewel of Seven Stars ( Le Joyau des sept étoiles, en français), que j’ai lu pour l’occasion en anglais, raconte l’histoire d’un passionné d'égyptologie, que le narrateur trouve plongé dans un étrange coma après avoir été appelé à l’aide par la fille de ce monsieur. Sur place, notre héros et ses acolytes sont bien vite troublés par la présence d’une étrange momie, et un joyau d’une forme bien particulière, entreposés dans la chambre du malade.

Ce livre très court (environ 200 pages) m’a captivée, grâce à son ambiance immédiatement prenante. L’auteur ne se perd pourtant pas dans d’interminables descriptions : celles-ci sont efficaces et plantent en peu de mots un décor mystérieusement exotique, en plein milieu de la capitale britannique, nous invitant à la rêverie et au voyage à travers un âge et des lieux oubliés de tous, objets de fascination pour les nouvelles sciences de l’époque, à l’instar de la paléontologie, de l’archéologie ou de la psychiatrie.

J’adore cette époque, je suis fascinée par l’essor de l’industrialisation, et plus encore, de ces nouvelles sciences qui se multipliaient pour nous pousser à explorer les origines de l’humanité, de notre humanité. Bram Stoker nous emporte ici en Égypte, pays pillé par nos historiens et nos scientifiques pour peupler nos musées et les collections privées de riches européens en quête d’aventures et de frissons. Cette Égypte fantasmée, faite de momies menaçantes et de malédictions prophétiques, est une manne pour le genre fantastique, et je trouve que l’auteur a très bien su l’exploiter, tout en donnant à voir la façon dont notre fascination pour et nos connaissances sur l’Égypte antique se sont développées au tournant du siècle. Cet aspect-là de l’œuvre m’a enchantée.

Il n’y a qu’un seul protagoniste féminin dans ce roman, si l’on exclut l’ombre de la momie qui plane sur toute l’œuvre et les quelques figurantes qui participent à la surveillance du malade sans dire plus qu’une phrase ou deux tout du long. C’est un personnage traditionnel de femme, avec des qualités traditionnellement attribuées à son genre : douce, sensible, pleine d’empathie, intuitive, aimante, réservée… Et pourtant, c’est un personnage que j’ai trouvé fort. Très similaire à Mina dans Dracula, son amour est d’une constance sans faille, et lui fournit le courage dont elle a besoin pour traverser les épreuves qui l’attendent. Le narrateur vient l’aider, d’autres personnages masculins (policier, médecin) viennent également l’aider, mais cela ne signifie pas qu’ils la remplacent : chacun apporte ses compétences propres et un soutien moral dont elle a besoin, mais elle conserve ses responsabilités de chef de la maison tant que son père est dans l’incapacité de les assumer. Lorsque des décisions sont à prendre, elle est inclue dans le processus.

Plus intéressant encore est le personnage de la momie, que je ne décrirai pas pour ne pas spoiler, mais je vous dirai ceci : c’est un personnage plus ambigu, que l’on craint et admire à la fois, et dont les intentions font l’objet de conjectures qu’on ne peut confirmer ni infirmer.

Pour en revenir à l’histoire, elle comprend des récits enchâssés, comme on pouvait souvent en trouver dans les romans fantastiques à l’époque. C’est une technique qui a fait ses preuves et que j’aime beaucoup (et visiblement Bram Stoker aimait bien aussi). Le rythme est soutenu, il se passe tout le temps quelque chose et les révélations sont distillées régulièrement sur toute la durée du roman.

 

Pour moi, ce livre est donc plutôt réussi même s’il n’est pas le plus mémorable dans son genre : une écriture efficace, des personnages centraux crédibles et attachants, et surtout, la bonne dose de fantastique, de mystère, de gothique, d’horrifique, qu’on espère quand on commence un roman de ce genre.

 

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