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Zelda, Princesse bibliophile

Fin ou début de cycle ?

3 Mars 2013, 11:30am

Publié par Reika

 

   Je vais vous raconter maintenant de mon évolution sur un plan plus intellectuel et culturel. Parce qu'à ce niveau là, 2012 c'était "le changement, c'est maintenant".

 J'ai avant tout élargi mes pérégrinations littéraires, m'ouvrant enfin à la littérature contemporaine que j'ai presque toujours dédaignée (à l'exception de la fantasy), non pas par snobisme, mais par... euh... bon ok par snobisme. Mais aussi par refus du snobisme français ambiant qui veut nous faire passer des vessies pour des lanternes (ou Marc Levy pour un grand écrivain). Bref, je restais sceptique face au flot de romans insipides et lus en deux pauvres heures, pondus par dizaines de milliers chaque année par une industrie du livre insatiable et pourtant en crise. Au milieu de tous ces romans prétendument formidables, qui me paraissaient surtout superficiels, je n'avais pas envie de nager. Aussi, je voguais régulièrement vers des contrées plus anciennes : le 19e siècle est mon grand dada, voilà, c'est dit.

  Non je ne suis pas en train de cracher sur la superficialité par prouproutisme (quoique je l'ai fait pendant un temps) : j'aime la superficialité. Mais pas tout le temps. Autrement dit, réfléchir, apprendre, c'est super, mais de temps en temps j'ai besoin de poser mon cerveau à côté de moi pour lui faire prendre l'air.

  Je ne suis pas non plus en train de dire que les gens qui ne lisent que des romans contemporains superficiels sont des abrutis. Ils n'ont pas les mêmes priorités que moi, et si Marc Levy leur fait du bien à l'âme, alors je suis pour.

  Mais pour le bien de mon j'espère futur boulot, je me suis dit qu'il fallait que j'arrête de vivre dans ma grotte et que je lève le nez de mes Dickens, Austen et autres Brontë. Donc j'ai lu d'autres choses, des choses que je n'avais jamais lues avant, comme de la chick-lit, avec plus ou moins de succès (Emily Giffin m'a séduite, et Isabel Wolff m'a donné envie d'organiser des autodafés), ou comme des romans policiers (j'ai adoré Fred Vargas et Anne Perry), dont je raffolais plus jeune et que j'avais délaissés. J'ai aussi vu que du côté des petites bluettes vaguement mélancoliques, il pouvait y avoir des choses mignonnes et douces pour mon âme, comme La Délicatesse de Foenkinos (ça m'a même donné envie de lire d'autres bouquins de lui). Enfin, je me suis mise à la non-fiction (avec une formidable biographie de Lincoln par Bernard Vincent et autres livres de sociologie, psychologie, études sur le genre, et même de sciences)... bref, j'ai essayé d'ouvrir mon esprit à ce à quoi il n'était pas accoutumé.

 

  Sur le plan musical, le renouvellement a été nettement plus clair. Si l'année a été remplie d'expériences chaotiques, voire destructrices, je me suis pourtant très vivement tournée vers des sonorités plus douces et apaisantes (Mozart, She & Him, Elton John, vieux tubes rock pas prises de tête...), loin de la musique torturée que j'ai toujours préférée jusqu'à maintenant (en tête de liste, Muse, Placebo, Chopin, etc). Je ne sais pas trop entre laquelle de ces deux façons d'écouter je devrais placer Beethoven, qui a laissé une empreinte assez forte dans mon esprit cette année. Mais il m'apaise, je crois donc que c'est plutôt cohérent. Quoiqu'il en soit, j'ai découvert beaucoup d'artistes que je ne connaissais pas, alors que je n'avais plus élargi mes expériences musicales depuis quelques années.

 

  Enfin, une petite révolution s'est faite dans la façon dont j'appréhende le monde qui m'entoure. Si je m'étais déjà ouverte au féminisme avant, je crois que c'est réellement en 2012 que j'ai pris un virage féministe, à tel point que je m'interroge parfois sur la viabilité de l'extrémisme dont je peux faire preuve, quand je me penche sur le sujet du féminisme seule avec moi-même. Mais ça, je vous en reparlerai.

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