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  • : Du cinéma, de la littérature, et un peu de féminisme au milieu.
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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 11:00

  Avant-hier dans le train, j'ai lu.

  Non, je ne vais pas te parler bouquin mais simplement d'un truc qui a fait tilt dans mon cerveau pendant que je lisais. L'héroïne était en plein divorce et vivait assez mal le fait de voir ses parents alors qu'elle s'était séparée de son compagnon. C'est là que j'ai ouvert grand la bouche de consternation : à travers son sentiment d'échec, et sa difficulté à l'annoncer à sa famille, l'auteur la comparait à un enfant qui rentre de l'école et qui n'ose pas annoncer à ses parents qu'il a eu une mauvaise note.

  Et là, je me suis dis, what the fuck ??

  J'en étais plus ou moins consciente avant, mais je n'avais pas les mots pour. Il y a des gens, beaucoup, j'ai l'impression, pour qui la fin d'une relation rime avec échec, et c'est un échec très personnel, qu'ils prennent à coeur. C'est la preuve qu'ils ont commis une faute, et ils en ont honte. Or je ne vois pas pourquoi on devrait se justifier dans ce domaine auprès de qui que ce soit. Je ne vois pas comment une déception sentimentale devrait être une faute, un tort, surtout si c'est nous qui nous faisons plaquer. Et pourtant, ce personnage le vit comme un crime qu'elle aurait commis et qu'elle n'oserait pas avouer. Bon, je dis pas, des fois on a vraiment fait un truc qui justifie la rupture, ou qui ne nous couvre pas de gloire, mais je crois qu'assez souvent, ce n'est la faute de personne.

 

  Oui, dans notre société, c'est mal de ne pas être heureux en couple. Ou au moins, de ne pas être en couple.

  Déjà, ça, ça me gonfle. Pourquoi est-ce qu'on serait obligé d'être en couple pour être heureux, pour avoir réussi ? J'accorde une place importance à l'amour, c'est vrai, mais je ne crois pas qu'il n'y ait que ça dans la vie. Et je crois d'ailleurs que c'est prendre les choses par le mauvais bout. Je crois qu'il faut d'abord être bien dans sa vie, dans sa peau, être prêt pour la nouveauté, avant de pouvoir réellement s'investir dans une relation.

  Et d'un autre côté, ça m'attriste de voir l'amour comme une compétition ou comme un combat. Je trouve ça complètement inepte de parier sur celui du groupe d'amis qui va se marier en dernier, ce qui le fait sortir du lot comme s'il avait une sorte de tare. Il est l'inadapté incapable de finir la course. C'est injuste non ? Et ça n'a aucun sens parce que tout le monde n'a pas la même façon de faire ni d'aborder les choses, ni les même priorités ou les mêmes besoins, et encore moins les mêmes envies.

 

  Et puis quoi, si cette relation se termine ? Eh bien, ma foi, la mort fait partie de la vie, tout autant que la naissance. Il y a en ce monde toute une tripotée de choses qui ont une fin, et s'obstiner à le nier ne sert strictement à rien. Ce n'est pas en niant des faits qu'ils vont tout d'un coup cesser d'être ancrés dans la réalité. Quand c'est fini, c'est fini. C'est triste, mais c'est comme ça.

  Ce n'est pas parce qu'une chose est finie et qu'on l'accepte, qu'elle devient moins réelle pour autant. Lâcher prise sur le passé, ce n'est pas faire comme s'il n'existait pas, mais au contraire, c'est le reconnaître, le chérir, sans pour autant que ça nous empêche de nous tourner vers l'avenir. C'est très difficile à faire, mais en tout cas, il ne faut pas forcément y voir un échec personnel, la preuve qu'on est incapable de quelque chose. Des fois, il nous arrive des choses sur lesquelles on n'a pas de prise.

  Quelque part, tout ça est pas mal liée à la difficulté d'admettre qu'on s'est trompé. On était à fond, on a cru que ça pouvait le faire, et pouf, d'un coup ça nous tombe sur le coin de la gueule : ben non ma vieille, c'était pas lui le bon. Je sais, je sais, il en avait l'air, mais tu vois bien là, que c'est pas le cas, visiblement. Si ça l'était, il serait pas en train de te quitter.

 

  Ah, merde.

 

  Des fois, on refuse d'admettre qu'on s'est trompé alors qu'on sait très bien que c'était pas le bon, et ça, c'est plus grave. Pourtant, c'est courant, les gens qui n'aiment plus vraiment leur compagnon, et qui sont malgré tout dévastés par son départ, comme s'ils ne pouvaient pas vivre sans lui, et ce même quand ils sont conscients que la vie serait plus facile s'ils en étaient débarrassés.

  Je trouve ça un peu dommage de se trouver freiné par un truc qui n'en vaut pas la peine, surtout quand on le sait.

   Mais il y a des fois où je trouve, moi aussi, que c'est très difficile d'accepter la fin. Ce que je vis mal, moi, c'est l'idée de renoncer à la personne qu'on aime du fond du coeur. Ça m'arrache les branchies (au cas où tu le savais pas, j'ai rêvé que j'étais un poisson la nuit d'avant). Renoncer à une relation pourrie, oui, mais renoncer alors que je m'étais dis "avec celui-là, ça pourrait le faire", non, je peux pas, c'est au-dessus de mes forces. Il ne s'agit même plus d'accepter qu'il n'y ait plus d'avenir en commun, de projets communs, mais simplement d'accepter l'absence de l'autre, cette sorte de gouffre qui se crée tout d'un coup, béant, prêt à nous avaler. Et là, on se dit "non, tout mais pas ça, tout, pourvu qu'il ne sorte pas de ma vie".

  C'est quand on pense de cette manière qu'on est incapable de tourner la page si ça se termine.

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