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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 11:00

  Sache le, lecteur : j'adore les comparaisons.

 

  Cette fois-ci j'ai envie d'évoquer cette merveilleuse étape dans le cycle de vie du document qu'est le désherbage.

Comme le sens de ce mot n'est peut-être pas évident pour tout le monde, je vais l'expliciter. Pour faire court, le désherbage consiste à évaluer son fonds et à en éliminer des documents pour x ou y raisons.
  Les documents qui subissent ce sort funeste ne sont pas choisis au hasard, non : on doit mûrement réfléchir avant de décider de se séparer d'un livre, un peu comme quand on passe un an à se demander si on doit rompre ou pas avec Gilbert. Ce document, on y est habitué, il est là depuis plus ou moins longtemps, il a pris la poussière bien au chaud chez nous, et puis, ça fait mal au cul de jeter un objet qui nous a coûté la peau des fesses (pour ton amusement, lecteur, je vais partager avec toi la faute de frappe que je viens de faire : j'ai d'abord écrit "qui nous a coïté la peau des fesses" - le comble de la classe, je sais, mais c'est drôle, dans le contexte, non ? - c'est uniquement pour cette raison que je t'en fais part alors que je me suis corrigée - sinon j'aime bien les tirets). C'est vrai que Gilbert nous a coûté cher, lui aussi : on lui a consacré beaucoup de temps et d'énergie, et même de pièces sonnantes et trébuchantes (si si, souviens-toi de la Saint Valentin où tu t'es ruinée pour lui offrir ton corps dans cette sublime guêpière que tu as dû enlever toi-même à minuit parce qu'il s'était déjà étalé sur ton lit pour ronfler, ou pire, pour jouer à farmville avec son ordinateur portable).
  Mais enfin, parfois, il faut se rendre à l'évidence : qu'il s'agisse de Gilbert ou d'un livre, il est obsolète, dépassé, ou tellement destroy que tu peux pas le sortir du rayonnage sans que la moitié des pages foute le camp. Quand on en arrive à ce stade, les choses sont on ne peut plus claires : cette situation ne peut plus durer.

 

  Bon, c'est bien beau de décider de s'en séparer, mais ensuite, on en fait quoi ? Non attendez, je reformule : c'est pas le tout de prendre la décision, encore faut-il l'appliquer. Et si dans les relations humaines, il y a autant de façons de faire que de gens, il en va de même en bibliothéconomie : chaque bibliothèque a sa propre politique sur la question.

  Il y a malgré tout de grandes tendances qui se dégagent.

  La voie la plus classique est le pilon : le livre est détruit, purement et simplement. Avec les gens, ça revient à couper les ponts. Les nostalgiques et autres cinglés de la récup' iront, eux, trouver des solutions plus clémentes, comme celle de revendre ces objets à des prix presque inexistant au premier venu qui le voudra bien. On en fait des amis, ou on les refourgue à nos amies. Les pires sont ceux qui vivent dans le déni : ils iront planquer l'objet superflu dans le magasin, "au cas où", plutôt que de s'en séparer. Un peu comme ces gens qui passent leur temps à se retaper leurs ex pour mieux les replaquer ensuite.

 

  La question du "au cas où" nous taraude effectivement beaucoup. Voyons les choses simplement : vous avez ce vieux machin des années soixante que personne n'a emprunté à votre bibliothèque depuis 10 ans, cela paraîtrait tout à fait pertinent de le dégager pour faire de la place au dernier Musso qui, lui, connaîtra une rotation plus importante. Et puis tout d'un coup, le doute vous prend : et si quelqu'un finissait par le réclamer ? Ne vais-je pas le regretter ? Et si je me rends compte qu'il me manque ? Et si je réalise trop tard qu'il était le ciment qui assurait la cohérence de mon fonds ?


  Vous voyez, même les bibliothécaires croient aux miracles, et espèrent toujours que les choses peuvent et vont changer, même quand il est on ne peut plus clair que ça n'arrivera pas.

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commentaires

Audrey 05/03/2012 09:18

Refourguer Gilbert à ses amies ? Soit Gilbert est quelqu'un de très bien, soit tu detestes tes amies. o.O
Et rester amis, ca ne fait qu'encombrer le fonds et prendre la place de nouveaux livres bien mieux.
Si on décides de se débarrasser de la version obsolète, c'est bien pour une raison, et à moins d'une mise à jour très importante, il n'y a rien a regretter. Jamais. Noooooooonnnnn, rien de
riiiiiiiieeeeeeeeennnnnnn.

Reika 05/03/2012 09:38



Bah, tes amies ont pas toujours bon goût... et pis c'était "amies" au sens très large de facebook :D.



Kadcom 04/03/2012 17:59

Presque. La preuve sur Ubuntu ils appellent ça la "logithèque" =D

Kadcom 04/03/2012 16:23

jouer à farmville, à minuit, à la saint-valentin à coté de sa copine...
MER IL ET FOU !

Moi je fais comme les vrais informaticien le fond, je désinstalle le paquet. Et en général un paquet dépends d'un autre et ainsi de suite y en a beaucoup qui peuvent partir d'un coup ^^

Reika 04/03/2012 16:59



Ca fonctionne pas tout à fait comme une bibliothèque, ton truc :D