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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 12:24

 

  Comme vous le savez, je passe beaucoup de temps au cinéma, et comme vous le savez aussi, j'attends toujours avec impatience le prochain grand film de science fiction, celui qui me ferait tomber le cul par terre d'admiration si je ne l'avais pas déjà posé sur un fauteuil aux suspensions fatiguées par d'autres fesses avant les miennes.

  Ce qui est a priori vachement bien pour moi, c'est que la SF est plutôt à la mode en ce moment : on avait Prometheus et Avengers l'an passé, et on a déjà eu Iron Man, Oblivion, After Earth, Cloud Atlas, Star Trek, Man of Steel et Pacific Rim cette année (et j'en ai peut-être oublié - tiens et je vais compter World War Z aussi, après tout, c'est plus post-apocalyptique façon SF que fantastique) (oui en tant que spécialiste du genre, mastérisée et tout, j'ai une vision très large de la SF et elle inclut pas mal de films catastrophe aussi - dès que ça se passe dans un futur plus ou moins proche et que ça a un côté apocalyptique, type 2012 - et les films de super-héros du moins tels que nous les concevons ces derniers temps). On en attend encore quelques uns, mais je commence à craindre le résultat, au vu de ce qui m'est déjà passé sous les yeux ces derniers temps.

  Oui vous avez bien lu : je crains, au lieu d'anticiper avec hâte comme je le fais d'habitude. Voyez-vous, j'ai été très déçue par ces films (même si certains sont meilleurs que d'autres). Et donc je vais vous dire pourquoi.

  Vous savez déjà (normalement) ce que je pense de Prometheus (cf mon article dessus) et de Cloud Atlas (là aussi vous pouvez savoir ce que j'en pense), mais je ne vous ai pas trop parlé des autres, lassitude et manque d'inspiration obligent.

 

  Eh bien voilà, moi, plus j'en vois, et plus j'ai envie qu'on vire tous ces scénaristes, parce que j'ai l'impression que c'est pas des scénaristes qui font le boulot. Non seulement les histoires innovent peu, mais en plus, elles sont totalement baclées, et il y a parfois tellement d'incohérences qu'on nage en plein délire.

  Au début ça m'énervait, maintenant ça me fait juste glousser nerveusement, un peu comme quelqu'un qui est en train de devenir fou. Si un jour vous allez voir un de ces films et que vous entendez une nana seule glousser en beuglant "mais bien-sûr !!", ne cherchez plus, c'est moi.

 

  Bref, passons aux exemples. Oblivion, tiens, c'est une perle en matière d'incohérences, mais comme les lister me prendrait toute la nuit, je vais juste vous dire la plus grosse, celle qui m'a fait hurler de rire à la fin.

 

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  Attention, Spoilers !

 

  Tom Cruise, amnésique après un lavage de cerveau, ramasse une bonne femme ayant survécu au crash de son vaisseau spatial mais ignorant tout des faits, pour cause de cryogénisation. Je vous la fait court, mais de péripéties en péripéties (je devrais dire de vacuité en vacuité, mais bon), Tom part à la recherche de la boite noire du vaisseau afin de découvrir ce qui a bien pu lui arriver. Une fois celle-ci retrouvée, Tom apprend qu'il était aussi sur ce vaisseau, mais pas cryogénisé : il était pilote, à l'avant, s'est fait aspirer par un vaisseau alien, et a largué ses petits copains cryogénisés dans la partie arrière du vaisseau avant d'entrer.

  Sa partie du vaisseau, l'avant donc, est aspiré par le vaisseau alien, et la partie arrière du vaisseau contenant les autres gens se crashe sur Terre. On est d'accord que pour retrouver la boite noire dans les restes du crash, il fallait qu'elle se soit trouvée à bord de la partie arrière du vaisseau, détachée de l'avant avant que Tom n'entre dans le vaisseau alien. Alors qu'on m'explique comment cette boite noire contient toute la conversation entre Tom et sa co-pilote restés à l'avant, après détachement de l'arrière du vaisseau et entrée dans le vaisseau alien. C'est une boite noire intelligente qui se téléporte toute seule ?

 

  Autre exemple : Man of Steel.

 

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  C'est un vrai petit bijou, j'ai rigolé tout du long... y'a des trucs géniaux dedans. Par exemple, le méchant nous explique que Superman s'étant habitué à l'atmosphère de la Terre, il est affaibli une fois capturé et à bord du vaisseau du méchant, mouhahaha. Mais c'est Superman, alors il arrive à s'échapper, et il traverse l'espace (sans atmosphère humaine) comme un rien pour aller sauver Loïs qui sest éjectée dans une capsule qui va s'écraser sur la Terre. Il a dû faire ça en apnée, sûrement.

  Avant ça, alors qu'il est captif sur ce vaisseau, son défunt papa Russel Crowe (qui a enregistré sa propre mémoire dans une clé usb) est connecté au mur de la cellule dans laquelle Loïs est enfermée (oui on donne des prises usb aux prisonniers chez les méchants) par cette dernière, à laquelle il apparaît alors pour lui expliquer comment les sortir de cette merde (ce serait cool si ma mémoire pouvait être sollicitée après ma mort pour faire des trucs dans le futur, comme ouvrir des portes sur un vaisseau alien). On rappelle, c'est juste sa mémoire qui est enregistrée, mais il est capable de discuter avec les gens, d'improviser avec leurs réactions et de voir tout ce qui se passe autour de sa forme d'hologramme. Moi je me suis juste dit : "mon brave Russel, avec tous ces pouvoirs que tu as conféré à ta mémoire, pourquoi te contentes-tu d'ouvrir des portes au lieu de péter leur gueule aux méchants tout de suite ?".

  Le film se compose aussi d'un certain nombre de flashbacks introspectifs très profonds sur les rapports de Superman avec son père adoptif, Kevin Costner. Pendant toute l'enfance de Clark, Kevin lui explique qu'avec ses pouvoirs, il est forcément destiné à de grandes choses, et qu'il est donc important qu'il réfléchisse bien à ce qu'il veut faire de son avenir. C'est pourquoi, dix ans plus tard, il se dispute avec fiston parce que ce dernier refuse de devenir fermier et de se planquer pour toujours au fond de la campagne américaine. C'est au terme de cette dispute que papa Costner décide de crever pour sauver un chien dans une tornade, alors que Clark aurait aussi pu le sauver et revenir sans que personne n'en souffre, tout ça pour être sûr que le pouvoir de son fils n'est pas découvert par les autres gens, abrités sous un pont non loin de là.

  Mais Clark n'est pas beaucoup plus intelligent que ses pères. Sa rencontre avec le fantôme-mémoire de Russel son vrai père est assez édifiante à ce sujet. Je vous retranscris ici, pour votre plus grand bonheur, la teneur de cette conversation.

 

"Bonjour, Kal.

- Oh, t'es qui toi ?

- Je suis ton père, Kal.

- Ah ok. Qu'est-ce que tu fous là ?

- J'ai enregistré ma mémoire dans une clé-usb pour que tu puisses me parler un jour.

- D'accord. Et Kal, c'est mon prénom ?"

 

On tient un grand gagnant. Inutile de vous dire que j'ai rigolé quand Clark a posé cette question, avec toute la naïveté du monde dans son regard.

 

  Un dernier exemple d'incohérence pour la route ?

 

  Zouh, direction Pacifim Rim !

 

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  Je ne vais pas m'attarder sur celui-là, pas juste par flemme et manque de place, mais aussi parce qu'il relevait bien le niveau... jusqu'à ce qu'on atteigne le dénouement, et là, badaboum, une bonne grosse incohérence qui gâche tout. N'oubliez pas que je spoile beaucoup dans cet article.

  Comme chez les américains, on résout tout à coup de bombes nucléaires, nos héros dans leur mecha à réacteur nucléaire (pour ceux qui savent pas, un mecha c'est un robot dans lequel on fout des humains pour le piloter) veulent passer par la faille ouverte par les aliens pour s'inviter chez nous, afin de faire péter le réacteur de la machine au beau milieu de leur portail et donc, de le détruire. Pour entrer, il s'avère qu'ils ont besoin de trimballer une carcasse d'alien afin que le portail l'identifie et le scanne (j'imagine que c'est une sorte de téléportation à identification individuelle - le portail ne se dit pas que c'est louche, un mort qui demande à ce qu'on lui ouvre la porte). Alors moi je m'interroge : comment nos deux gentils pilotes ont-ils réussi à retraverser le portail dans leurs capsules d'évacuation, sans cadavre avec eux, au moment où la bombe nucléaire improvisée pétait le-dit portail ? Mystère, Mystère.

 

 

  Bien, passons au reste de mes récriminations (oui, il y en a encore, c'est pour ça que je ne suis pas trop rentrée dans les détails). Outre les incohérences de plus en plus flagrantes que je rencontre dans ces films, leur côté spectaculaire me gêne aussi de plus en plus. Ok, je sais, avec ce genre de films, les jolis effets spéciaux sont un prérequis : il faut s'attendre à ce que des trucs volent, pètent, s'écrasent, etc, dans un grand fracas supposé nous clouer au siège d'émerveillement. J'y vais aussi pour ça - normalement. Je veux dire, j'aime aussi qu'un film soit joli, au point parfois que ça peut m'amener à pardonner sa nullité (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, par exemple). Et j'aime autant les destructions impressionnantes et les explosions tonitruantes que Roland Emmerich et Michael Bay. Mais là, je commence à faire une indigestion.

  Pour faire court : trop de trop tue le trop.

  Ils ne savent tellement plus quoi inventer pour nous en mettre plein la vue, pour dégainer du jamais-vu, que ça en devient une espèce de soupe indigeste qui vous laisse plus hagard et médusé qu'ébloui et enthousiaste. Par exemple, en regardant Pacific Rim, je me suis bidonnée en me disant "ah ben maintenant, on se tape dessus avec des bâteaux". J'attends d'un instant à l'autre le monstre embroché avec la tour Eiffel et le boeing qui se prend l'Empire State Building. Mieux, on pourrait faire de ce bâtiment un missile pour aller défoncer un énième vaisseau ennemi. On n'a qu'à demander à Iron Man d'aller l'amener là-haut. Comment, il a été traumatisé par sa dernière mission kamikaze dans un autre portail alien ? (Les portails aliens, y'a que ça de vrai). Merde... ben on n'a qu'à envoyer Superman, l'absence d'oxygène et les changements de pression et de températures, ça lui pose pas de problème à lui. Bientôt, le seul moyen de faire plus grandiose côté destructions massives requérant moults effets spéciaux (et en 3D pour accentuer l'impact, s'il-vous-plaît), ce sera de faire des batailles dans l'espace lors desquelles on s'enverra des planètes à la gueule... Non, vraiment, c'est risible tout ça.

 

  Mais au fond, j'en suis à un tel niveau de déception que j'en arrive à trouver génial un film qui se contente d'être à peu près cohérent, avec une histoire toute simple, type After Earth (avec son petit côté intimiste, au fond) ou Cloud Atlas et son message communiste simpliste (oui, je sais, la construction est complexe, mais franchement, l'histoire, les histoires, voyez ça comme vous voulez... c'est simple). Même le critiqué World War Z, je trouve qu'il s'en sort pas si mal. Il y a évidemment quelques raccourcis, quelques facilités scientifiques qui sont difficiles à gober, mais qui sont compréhensibles au vu des besoins de l'intrigue (je pense à Brad infecté de je ne sais quelle terrible maladie seulement depuis quelques minutes quand le zombie le sent - qu'il est infecté, je veux dire).

  Finalement, ce qui m'énerve le plus, c'est même pas les effets spéciaux grandiloquents et le scénario baclé, mais le fait qu'ils essaient de nous faire prendre de vessies pour des lanternes. A chaque fois, on nous annonce ces films comme des révolutions, qui vont bouleverser et le cinéma, et notre vision de la vie. On nous fait croire qu'on va voir un truc intelligent et chiadé (et là-dessus j'ai pas meilleur exemple que Man of Steel) alors que c'est juste un énième blockbuster qui tient même pas debout.

 

 

 

(Crédits : Allociné)

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commentaires

Kadcom 27/07/2013 10:32

Je suis assez d'accord avec ton analyse dans l'ensemble.
Après je n'ai pas UGC illimité donc je ne vais pas voir tous les block busters et en plus je suis très bon public. C'est rare que je déteste un film.

Après faut pas prendre les block busters pour plus que ce qu'ils sont. C'est mon avis.

Reika 27/07/2013 11:03



Bah tu sais, je suis aussi très bon public (sinon j'irais pas voir tous ces blockbusters).


Mais je ne fais pas partie de ceux qui pensent que blockbuster = merde et que donc, ça excuse tous les défauts du film. On peut faire un blockbuster de qualité, mais encore faut-il le vouloir. Et
je ne vois pas en quoi mettre l'accent sur les effets spéciaux et la simplicité de l'histoire dispense d'essayer de concevoir un tout cohérent. Quand on raconte une histoire, quelqu'en soient le
sujet et la forme, je pense que la moindre des choses c'est de raconter une histoire cohérente.