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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 11:00

 

  Me voici pour une nouvelle session lecture!

 

  Pendant ma formation, on m'a expliqué qu'il fallait que je lise si je voulais devenir bibliothécaire (jusque là rien de surprenant), et que je lise ce que le public lit.

  C'est là que je me suis dit que c'est mal barré, vu que je ne lis que des trucs qui ont peu d'attrait pour le grand public: romans du 19e siècle et science-fiction.

  Nous devons lire des romans policiers, qu'elle a dit, parce que c'est ça qui marche le mieux. Il faut donc que je me m'initie aux joies du policier scandinave et des romans de cette brave Mary Higgins Clark. En conséquence de quoi je suis allée à la médiathèque chez moi faire le plein de lectures utiles. Oui sauf que justement, la dame Clark et le monsieur Coben ont tellement de succès que leurs bouquins sont toujours empruntés: je n'ai pratiquement rien trouvé sur les rayons. Je suis donc allée voir les suggestions des bibliothécaires, qui avaient décidé de mettre en avant le policier historique (ça tombe bien, je trouve ça beaucoup plus fun), et oh, mais que vois-je, quel est ce titre qui attire mon oeil d'amatrice du 19e siècle?

 

"Le fantôme de Baker Street", de Fabrice Bourland.

 

  Wouah, avec un titre comme ça, y'aura sûrement des références à Sherlock Holmes, que je m'écrie intérieurement avec joie (oui, les seuls policiers que je lise d'ordinaire sont ceux d'Arthur Conan Doyle). Donc je me suis jetée dessus, pour lire le résumé, qui raconte que la célèbre maison de Baker Street est hantée depuis peu, et que cet événement coïncide avec de mystérieux meurtres qui se multiplient à Londres. Je n'ai vraiment pas réfléchi longtemps avant de me décider à prendre ce livre.

 

  Bon alors ceux qui veulent lire ce torchon jouissif sans être spoilés, ne continuez pas de lire mon article. Je ne vais pas forcément beaucoup spoiler mais le peu que je vais raconter pourrait gâcher votre plaisir. Les autres, go ahead!

 

  Tout commence sur fond de mysticisme, avec un manuscrit retrouvé, écrit de la main d'un célèbre détective et écrivain du début du 20e siècle, Andrew Singleton. Ce cher Andrew est le fils d'un homme des hautes sphères adepte de la pratique du spiritisme, qui passait son temps à contacter sa défunte épouse pour lui demander comment il devait cuisiner ses carottes. Mais Papa Singleton n'a jamais autorisé son fiston privé de mère à rencontrer cette dernière lors de ces séances. Dépité, Fiston Singleton a décidé par esprit de de contradiction avec papounet de rejeter en bloc toutes les théories et pratiques spirites, et donc manque de rire au nez de madame la veuve d'Arthur Conan Doyle, oui rien que ça, quand elle vient lui faire la causette un soir au sujet de la mort mystérieuse de son mari, avec laquelle elle suppose un lien à cette histoire de fantôme au 221 Baker Street.

  Ca commence fort, dites.

  Mais ça devient encore meilleur, car notre détective-écrivain oisif et son pote (ben oui, il y a forcément un couple de détectives, notre auteur étant visiblement un grand fan d'Arthur Conan Doyle) vont devoir faire des séances de spiritisme pour entrer en contact avec le-dit fantôme, qui s'avère n'être autre que l'illustre Sherlock Holmes lui-même. Le postulat de base du bouquin est que lorsque des écrivains créent des personnages, ceux-ci prennent vie dans un monde parallèle et acquièrent de plus en plus de consistance en fonction de leur effet sur l'imaginaire collectif des humains. Sherlock, adulé de partout dans le monde, n'a donc eu aucun mal à se matérialiser chez nous.

  Or, depuis que Sherlock est venu nous faire une petite visite, il se passe des choses bien étranges à Londres: des enfants se font kidnapper, des femmes se font vider de leurs organes, et d'autres personnages se font tout aussi sauvagement assassiner. Andrew se dit qu'il y a forcément un lien et commence donc à faire fonctionner ses neurones. C'est là qu'il réalise que tous ces meurtres ne sont pas sans rappeler ceux de de ses romans préférés: Dracula, L'étrange cas du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde, le Portrait de Dorian Gray. Ni une ni deux, il va vérifier les similitudes et en vient à la conclusion suivante: soit il y a un grand amateur de littérature dehors qui reproduit les meurtres de ses oeuvres favorites, soit les créatures maléfiques de ces romans ont réussi à s'immiscer dans notre monde de la même manière que ce brave Sherlock Holmes.

  Oui mais que faire de ces meurtres à Whitechapel, qui reproduisent les méfaits de Jack l'Eventreur? Notre bon détective trouve rapidement la réponse à cette question: le meurtrier, jamais retrouvé, a fini par nourrir l'imaginaire collectif et devenir tel un personnage de fiction dans notre culture.

  Jusque là on pourrait se dire qu'en fait, Andrew et ses amis sont tout simplement cinglés.

  Mais en fait, non. Sherlock les envoie un soir dans une ruelle sombre afin d'empêcher un terrible meurtre, et Singleton manque de faire une crise cardiaque en découvrant le meurtrier sans visage: Jack l'Eventreur, ou plutôt, son fantôme, qui s'amuse à buter la moitié de la ville depuis quelques jours. Chassé par un mystérieux docteur portant une casquette jaune (si si, c'est un détail qui revient), l'Eventreur s'enfuit sans avoir eu le temps de tuer qui que ce soit. Ouf!

  Sûrs maintenant d'avoir affaire aux fantômes de personnages aussi illustres, notre troupe de joyeux lurons va donc mettre au point un plan avec Sherlock, afin d'arrêter tous ces monstres avant qu'ils ne s'affranchissent du cadre de leurs romans, qu'ils n'ont fait que reproduire jusqu'à présent. Alors qu'il guette Dracula, Singleton se fait chercher par un autre fantôme: le docteur Watson, qui lui explique que finalement Holmes a découvert que toutes les entités maléfiques organisaient une fête dans un cimetière. Et c'est en rejoignant ce dernier là-bas que notre héros découvre que Dracula, Doria Gray, Jack et Mr Hyde ne sont pas les seuls à s'être incrustés chez nous. On y retrouve donc pléthore d'autres vilains méchants de romans du 19e siècle (que j'ai pratiquement tous lus): l'Homme Invisible, Carmilla, le dr Moreau... pour ne citer que ceux que je connais d'expérience littéraire.

  Alors qu'on s'attend à une bataille finale époustouflante, Holmes résout l'affaire en un rien de temps, par ce qui a tout l'air d'une facilité, et qui pourtant semblait évident: c'est lui qui est venu le premier, fort de l'admiration d'autant de fans dans le monde entier, et qui a ouvert malgré lui la porte de notre monde à tous ses gentils petits amis monstrueux. Il suffit donc qu'il reparte dans le monde parallèle, et ils seront obligés de le suivre, ayant besoin de son pouvoir sur nos esprits pour pouvoir subsister dans notre monde. Holmes fait donc ses adieux, et tout ce petit monde disparaît aussi brutalement qu'il était apparu.

 

  Spoiler-safe conclusion:

 

  Si j'ai été déçue de cette fin vite envoyée, j'avoue que j'ai tout de même été comblée par ce foisonnement de références à des romans auxquels je voue un culte moi aussi. Le plaisir de la lecture ne résidait finalement pas tant dans l'intérêt de l'intrigue,que dans cette connivence avec l'auteur, dont le seul but semble d'avoir voulu rendre hommage à tous ces monstres sacrés de la littérature qu'il aime tant. Plaisir d'autant plus grand pour moi que je partage les mêmes références.

 

 

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Published by Reika - dans Lectures
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commentaires

Audrey 21/09/2011 15:53


J'ai pas tout lu au cas ou je le lirais un jour, mais pour Mary Higgins Clark, j'en ai un qui traine chez moi que j'ai lu il y a longtemps que je peux te prêter (Je me souviens plus de quoi ca
parle, mais que je l'avais lu en une soirée tellement c'était court....)


Reika 25/09/2011 15:53



Ah oui je veux bien!