Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Reika's place
  • Reika's place
  • : Du cinéma, de la littérature, et un peu de féminisme au milieu.
  • Contact

Recherche

4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 20:30

 

  Il y a quelque chose qui m'interpelle dans la façon dont les gens abordent le sujet du mal-être psychologique, en France.

  On nous sert partout un discours alarmant sur les dangers du stress, de l'anxiété, sur les troubles psychologiques. Tous les magazines féminins foisonnent d'articles sur ces sujets, et les livres de développement personnel sont en vogue.

  Et pourtant, il y a toujours quelque chose qui coince. Aller mal sur le plan psychologique, c'est mal vu, et il faut le cacher..

 

  Lorsque l'on dit, au détour d'une conversation, qu'on a consulté un psy, la réaction en face n'est jamais celle de l'indifférence. Le plus souvent, il y a un choc. L'interlocuteur se raidit, l'expression de son visage montre un malaise. Il est désolé et inquiet pour nous . C'est presque comme si on lui avait annoncé le décès d'un de nos parents, alors qu'on ne fait que raconter notre parcours.

  On dirait une fatalité, un événement dramatique, et on devient une pauvre chose fragile. Personne n'envisage qu'on ait pu consulter parce qu'à un moment donné de notre vie, on a eu besoin de travailler sur soi pour pouvoir mieux avancer. Personne ne réagit comme si c'était quelque chose de positif, alors que ça l'est. Je trouve, en tout cas, que c'est une bonne chose de consulter le spécialiste adapté, aussi bien quand on s'est foulé la cheville que quand on fait une dépression. C'est un signe qu'on se bat, qu'on a envie d'être bien, et de ne pas se complaire dans notre mal-être.

  Et puis, beaucoup de gens en concluent que vous avez forcément fait une dépression. Eh bien non, il y a d'autres raisons qui poussent à aller voir un psy que l'envie de se jeter par la fenêtre. On peut y aller pour se débarrasser d'une phobie, d'un toc, ou pour atténuer un trouble de la personnalité, ou encore, pour apprendre à mieux gérer ses relations avec les autres, ou pour comprendre qui on est et ce qu'on veut. Ce ne sont pas forcément des choses dramatiques sur lesquelles il faut s'apitoyer.

  Malgré cette réaction prévenante, les gens n'oseront pas développer le sujet. Ils s'excuseront, laisseront s'installer le silence, et changeront de sujet. Mais pourquoi ne pas en parler? Si vous êtes curieux, pourquoi ne pas poser de questions? Après tout, si l'autre vous a mentionné cette partie de son parcours, c'est que ça ne lui posait pas de problème que vous en ayez connaissance, non?

 

  En dehors de ça, il y aussi une réelle vision négative, répandue, pas du tout ancrée dans la compassion comme la réaction précédente, mais plutôt dans le mépris des faiblesses (un truc très français), dont la pire serait la faiblesse psychologique. Au lieu d'être un objet de pitié, on devient un objet de mépris. On n'est pas capable de s'en sortir seul, on exagère, on se donne en spectacle... voilà les lieux communs que rencontre une personne mal dans sa peau qui l'admet.

  Je veux bien que se complaire dans son malheur ne soit pas spécialement louable et encore moins utile et productif, mais j'aimerais bien un jour qu'on reconnaisse plus facilement le droit aux gens d'aller mal, de ne pas être tout le temps au top moral, sans pour autant se sentir obligé de porter un jugement négatif sur eux. Chacun a ses hauts et ses bas, et pourtant, chez nous, c'est inadmissible d'avoir des bas. Si toutefois on en a, on ferait mieux de les garder à la maison! Il y a même des gens qui n'osent pas consulter de psy de peur d'être viré si ça s'apprenait...

  Je trouve ça vraiment consternant.

Partager cet article

Repost 0

commentaires