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  • : Du cinéma, de la littérature, et un peu de féminisme au milieu.
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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 00:00

 

  Il y a une chose que je trouve dommage dans le débat sur le féminisme et le sexisme, c'est qu'on parle le plus souvent des souffrances et des difficultés que traverse la femme, victime de la domination des hommes. Pourtant, le sexisme a deux visages. S'il a des conséquences sur l'image de la femme, il en a aussi sur celle des hommes, et pas des moindres.

 

  J'ai déjà évoqué dans un article précédent les stéréotypes masculins véhiculés par les médias, mais j'ai encore envie de montrer du doigt à quel point le sexisme peut être aussi stigmatisant et réducteur pour les hommes que pour les femmes.

 

  La femme, c'est quoi ? Un être inférieur, faible, soit-disant plus doux et sensible, mais aussi pleurnichard, instable et hystérique. C'est la peste vénale qui fait la course au mari en déployant des trésors de futilité et de superficialité. Bon.

  Et l'homme, du coup ? C'est le plus fort, celui qui est supérieur, qui maîtrise ses émotions, qui fait preuve de courage et qui pourvoit aux besoins des siens, oui. Flatteur, a priori. Mais si on ne s'arrêtait pas à cette partie du discours, et qu'on jetait un petit coup d'oeil à la partie immergée de l'iceberg, on y trouverait quoi ?

  Si on creuse un peu, on voit que cela implique aussi que dans cette séparation des rôles et des caractéristiques, l'homme est celui des deux qui réfléchit le moins. C'est l'éléphant dans un magasin de porcelaine dès qu'il essaie de participer au ménage, c'est l'homme des cavernes poilu et sale, tellement basique que les soirées bière-pizza à beugler devant le foot représenteraient le summum du bonheur pour lui. L'homme, c'est aussi cet obsédé sexuel, qui ne pense aux femmes qu'en termes de vagins à conquérir, et ne cherche jamais à connaître et à valoriser les individus auxquels ils appartiennent.

  Je ne reconnais pas la majorité des hommes que je connais dans cette définition. Je les trouve beaucoup plus intéressants, et je trouve dommage que certains d'entre eux soient complexés de ne pas parvenir à se reconnaître dans cette vision établie de la masculinité, et qui leur est autant imposée depuis leur naissance qu'une certaine idée de la féminité est imposée aux femmes depuis leur plus jeune âge.

 

  Les mecs, je sais pas pour vous, mais moi, si j'étais un homme, j'aimerais pas trop qu'on me voit comme ça. J'aimerais qu'on voit que je suis beaucoup plus complexe que ça. J'aimerais qu'on admette que je puisse avoir des sentiments et des convictions, et qu'on m'autorise à les exprimer avec sensibilité et sans avoir nécessairement recours à la force et à l'intimidation. J'aimerais aussi ne pas être réduite à une simple brute épaisse, espérant être bien plus évolué que cela. J'ai un cerveau, zut !

  Non, vous avez pas envie de dire ça ?

 

  Et c'est aussi pour ça que le mot "féminisme" me pose un problème. Il place les hommes et les femmes en adversaires, alors qu'il serait bien plus constructif d'oeuvrer ensemble pour leur bien commun : l'abolition des clichés réducteurs pour les deux sexes confondus. Enfin, je trouve. Tout le monde a quelque chose à y gagner, après tout. On pourrait tous y trouver notre compte, si on n'était pas aussi occupés à se battre.

  C'est pour ça que je suis consternée quand j'entends des féministes gueuler contre les mecs qui sont pro-féminisme, comme si c'était pas légitime de leur part de se sentir concernés par le débat. Déjà, c'est complètement absurde : si on leur tape dessus, je vois pas comment ils pourraient ne pas être concernés. Ensuite, je trouve ça encourageant, personnellement, aussi bien pour les femmes que pour les hommes, d'ailleurs, que ces derniers puissent être en accord avec le souhait d'égalité du mouvement féministe, et qu'on leur donne le droit d'exprimer cette opinion. Ce serait libérateur de deux façons : d'une part pour les femmes, qui seraient légitimées par le soutien de ces hommes dans leur démarche, et pour les hommes d'autre part, qui ne seraient plus obligés de se conformer à un modèle qui ne leur correspond pas forcément.

 

  Alors, effectivement, messieurs, il n'y a pas de mouvement "hoministe" pour vous défendre contre les attaques du sexisme, et c'est bien dommage, je vous l'accorde, mais toutes les féministes (aaaah, je hais ce mot) ne sont pas des amazones castratrices mal baisées non plus. Il y en a - moi par exemple * Tatataaaa lancé de fleurs, trompettes qui retentissent * - qui rejettent le sexisme sous toutes ses formes, y compris lorsqu'il dévalorise les hommes. Et qui ont envie d'une égalité réelle. Il existe une lutte contre le sexisme qui ne se contente pas de larmoyer sur la condition des femmes.

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commentaires

courroux 20/06/2012 15:27

Un système oppressif fait toujours des victimes aveuglément - Mais pour lors ceux qui sont desservis ne se sont pas beaucoup mobilisés pour le défaire - Un gros boulot reste à faire pour changer de
système, la phallocratie ambiante n'étant manifestement pas une option viable plus longtemps à voir les victimes graves (sans pleurnicher du tout)
http://susaufeminicides.blogspot.fr/p/estimations.html

Audrey 19/06/2012 17:47

Euh, des éstheticiens... Euh, ya un salon de beauté pas loin de chez moi qui emploie deux hommes et une femme. Je ne ferai pas d'hypothèses sur la sexualité de ces hommes.
Par contre, en effet, le seul mec que j'ai connu qui a fait une école d'esthétique est gay.

Audrey 19/06/2012 16:49

Tiens, en parlant des métiers, il y a bien des hommes exercant le métier de sage-femme, la dénomination de ce métier est on ne peut plus sexuée, et semble non transposable.

Reika 19/06/2012 17:00



Et des esthéticiens, t'en vois souvent ? D'ailleurs, là où je vais, bah, y'a que des esthéticiennes, mais le propriétaire est un homme.


Gay.


Faut pas pousser quand même.



Audrey 19/06/2012 15:51

Il y a aussi autre chose sur laquelle les hommes sont discriminés. Pour les enfants. Je crois que c'est encore très mal vu si c'est l'homme qui décide de prendre un congé parental, alors qu'il en a
le droit. La mère est indigne si elle re-travaille, et l'homme est castré s'il choisit de rester pour s'occuper de la progéniture. Alors qu'il est tout aussi capable de changer une couche et de
chauffer un biberon.

Reika 19/06/2012 16:36



C'est vrai que ça se fait pas encore beaucoup, enfin, en France en tout cas. On vit dans un pays un peu rétrograde, quand même...


Ah, pis y'a certains métiers qu'ils peuvent pas faire sans qu'on les regarde de travers, genre "il est forcément gay".


On pourrait encore en trouver d'autres, je suis sûre.