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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 11:00

 

  Nous vivons en des temps troublés où les avancées technologiques entraînent des bouleversements assez importants dans notre manière d'aborder et de "consommer" la culture. Depuis peu, les ayants droit (et les gouvernements avec lesquels ils font ami-ami) ont décidé qu'ils ne gagnaient pas encore assez d'argent sur notre dos avec des prix exorbitants. Ils ont donc trouvé un autre moyen de nous faire cracher du fric : la lutte contre le piratage ("Yo ho yo ho a pirate life for me", me faisait chantonner gaiement mon employeur cet été).

  On a eu Hadopi.

  La jurisprudence a décidé, contrairement à ce qui est écrit dans la loi, de restreindre la copie privée (jusqu'à la rendre quasiment impossible, au final), tout en maintenant la taxe que l'on doit payer sur les supports afin d'avoir le droit de faire cette copie privée (!!).

  Et puis le monde entier a été abasourdi par la toute fraîche fermeture de Megaupload.

 

  Là, normalement, vous voyez déjà à peu près où je me positionne dans le débat sur le téléchargement illégal.

 

  En ce qui me concerne, je trouve que celui-ci s'explique (je n'ai pas dit qu'il était excusable, attention) assez simplement par une inflation qui réorganise les priorités des gens dans la façon dont ils dépensent leur salaire qui lui, a nettement moins augmenté. A côté de ces contraintes financières, ces mêmes gens se retrouvent face à la possibilité de se procurer par internet, certes illégalement, mais gratuitement et sans bouger de chez eux, les films et morceaux qu'ils souhaitent (et les livres, désormais, suivent cette voie). Pourquoi donc se saigner pour les acquérir légalement?

  Disons que je comprends l'attrait du téléchargement illégal, d'autant plus qu'il est souvent abordé en même temps comme une façon de protester contre les exagérations des ayants droit et du système qu'ils imposent.

  Aucun de ces arguments n'est neuf, je n'ai rien inventé. Au contraire, je n'ai eu aucun mal à répéter ce que j'ai entendu dans tout un tas de bouches et lu dans toute une ribambelle d'articles et commentaires. Ils semblent relever du simple bon sens, et pourtant, il y a toujours des gens pour nier que leur réalité devrait poser des questions.

  Lorsqu'on se pose de questions, on essaie d'agir pour changer les choses. On peut agir en amont, de façon à se débarrasser de leurs causes. En ne traitant plus les consommateurs comme des vaches à lait qui n'ont rien d'autre à foutre que de claquer leur salaire pour le dernier CD de Johnny Hallyday, par exemple - oui, vous savez, celui qui ne vit plus chez nous pour pas payer ses impôts sur notre sol (là encore, je fais les gros yeux et !!!). Mais nos gouvernants, eux, préfèrent ne pas envisager une refonte du système : trop compliqué, pas assez injuste... ils ont opté pour l'action en aval, qui consiste à taper sur les gens pour en faire des sous, comme dans ce merveilleux jeux que je vous recommande si vous vous ennuyez beaucoup : the Black Knight (jeu gratuit en ligne, amusez-vous bien). Jetez au moins un coup d'oeil pour comprendre où je veux en venir.

 

  Mais il y a quand même une chose qui me turlupine : pourquoi ai-je l'impression d'être la seule à voir les bibliothèques-médiathèques comme une excellente alternative ?

  Les médiathèques accueillent désormais d'autres supports culturels que le livre : CDs, DVDs, voire même BLU-Rays. Et même si j'adore emprunter les vieux films en noir et blanc avec des effets spéciaux tout pourris, il y a aussi des nouveautés, des blockbusters (même si ça coûte aux bibliothécaires de se les procurer - dans tous les sens du terme "coûter") et des chefs d'oeuvres. Pour tous les goûts, quoi. En tout cas, il y a de quoi faire, pour pas très cher. Ça dépend ensuite des tarifs d'inscription, mais grosso modo, ça tourne autour de la vingtaine d'euros pour l'abonnement multimédia, à l'année - autant dire que si vous empruntez deux DVDs sur toute l'année, vous aurez déjà rentabilisé votre dépense.

  Et en plus, c'est légal !

 

  Donc moi, le jour où j'ai décidé de ne plus rien acheter (ou presque), je suis retournée à la médiathèque. Je n'achète plus de livres, plus de films, plus de musique. Et pourtant, je regarde plein de DVDs, j'écoute beaucoup de CDs et je lis une trentaine de livres par an. Tout ça pour même pas 15 euros puisque j'ai en plus bénéficié d'une réduction étudiante. Et je n'ai pas à m'en faire aux yeux de la loi.

 

  Dans ces conditions, pourquoi me risquer à provoquer Hadopi et les riches patrons des majors qui surveillent le moindre écart pour me taxer ?

 

  Je ne peux donc que vous encourager à vous inscrire dans la bibliothèque ou médiathèque la plus proche.

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commentaires

Kadcom 24/01/2012 19:37

« Dans ces conditions, pourquoi me risquer à provoquer Hadopi et les riches patrons des majors qui surveillent le moindre écart pour me taxer ? »
Parce que cette loi est dépassé ?
Parce que je me ferais choper ?
Parce que c'est notre ultime pied de nez avant que nous soyons tous over-surveillé par le dpi ?

Sinon je suis un méchant pirate mais j'ai quand même mon abonnement à la médiathèque :)

Alda 24/01/2012 15:55

Je te rassure, tu n'es de loin pas la seule. Certains bibliothécaires pensent même à organiser des Copy-party où les abonnés ramènent leurs PC portable et leurs scanners et peuvent profiter
joyeusement de la copie privée.

Le problème principal c'est qu'il faut se bouger le cul. Et ça, c'est difficilement surmontable.

Reika 05/02/2012 20:34



Sauf que la Jurisprudence a remis en cause cette copie privée, sur l'argument qu'avec les nouvelles technologies, il y avait désormais trop de risques pour les ayant droits...


C'est vrai que se bouger le cul, c'est difficilement surmontable. On s'attend (on exige, même) trop souvent à mon goût à ce que ce soient les autres qui se bougent le cul à notre place. M'enfin.