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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 21:00

 

  Chers amis lecteurs, ne partez pas, j'ai encore des choses à vous raconter.

 

  Aujourd'hui, j'ai eu une discussion fort intéressante avec une amie avec qui j'ai été en cours à la fac, concernant notre bien-aimé sujet d'études: la littérature. Il y a une idée reçue qui veut que les littéraires ont tendance à voir du sexe (ou toute chose scabreuse et glauque) dans à peu près n'importe quelle phrase ou expression. Nous nous moquions ainsi affectueusement de nos professeurs, car oui, ceci est vrai. Ce n'est pas qu'une idée reçue, un chercheur en littérature vous trouvera toujours des allusions phalliques/homosexuelles/scatophiles là où à priori vous n'en auriez jamais soupçonné l'existence, même au bout de 20 lectures.

  Cette discussion somme toute anodine nous a conduite à nous poser cette question simple: pourquoi?

 

  Eh bien, voyons les choses en face: la littérature ne nous montre pas toujours de très belles choses.

  Elle nous montre des gens qui souffrent, des gens qui font souffrir aussi, et elles nous montre toutes les pires horreurs qui font et ont toujours fait partie de la nature humaine, parfois en nous exposant la vérité toute crue, parfois en l'instillant par des moyens détournés.

 

 

  Il va de soi qu'un tel sujet ne convient donc pas aux âmes sensibles. 

 

 

   Voyons quelques exemples, voulez-vous?

 

  Commençons par quelque chose de "soft". La littérature a souvent aimé nous présenter des personnages innocents d'enfants malmenés par la vie. L'un des plus connus d'entre eux est très certainement l'Oliver Twist de Charles Dickens. Je suppose que vous connaissez tous l'histoire: un petit ophelin se retrouve balloté de lieu où on le maltraite en lieu où on le maltraite. Mais ceci reste un exemple plein d'espoir: Oliver est finalement sauvé et tout est bien qui fini bien.

  Prenons un autre exemple d'orphelin maltraité: Heathcliff dans les Hauts de Hurlevent. La haine engendre la haine, comme on dit, et à force d'être dénigré et rejeté, Heathcliff devient, en grandissant, un être abject et diabolique, aux passions nécrophiles (il déterre quand même sa chère Cathy pour lui faire des calins, rappelons-le).

Voilà, on a déjà atteint un niveau plus glauque.

  Mais que faire alors de ce viol ignoble dans le Sanctuaire de Faulkner? Pour ceux qui ne l'ont pas lu et qui n'ont pas envie d'en prendre la peine, je vous l'explique vite fait: une pauvre fille se fait séquester et violer avec un épis de maïs par un type impuissant. Oui, c'est d'une classe folle.

  Et que penser d'Hyperion, de Dan Simmons, dont je vous ai démontré récemment toute la dimension glauque? (cf Nouvelle rubrique: mes lectures ).

  En voyant cet exemple, on se dit que oui, l'horreur ne s'arrête pas à des tentatives de réalisme, et le genre fantastique a su exploiter à merveille toute l'étendue des monstruosités dont l'humanité est capable. Car oui, les monstres fantastiques ne sont que des reflets déformés de nos propres pulsions les plus dégoûtantes et moralement irrecevables: meurtre, inceste, viol, pédophilie, nécrophilie, sadisme.... Notons  par exemple que toutes ces choses fabuleuses sont incarnées par les vampires, summums du fantasme sexuel. Et pourtant, ils ont la cote, et ils l'ont déjà eue plusieurs fois dans l'histoire de la littérature.

 

  En résumé, la littérature est parfois un miroir déformé et grossissant de nos plus bas instincts.

Pourtant, comme le disait ma prof de littérature comparée la semaine dernière, la représentation de ces choses tristes et horrifiantes du réel a quelque chose de terriblement fascinant lorsqu'elle n'est que fiction. Pourquoi? Le monde dans lequel nous évoluons tous les jours n'est-il pas déjà suffisemment moche? Avons-nous encore besoin d'en rajouter une couche?

  Peut-être est-ce une forme de voyeurisme non assumé, déculpabilisante parce que les événements ne sont pas réels. Ou une façon de "vivre" ces pulsions à travers la fiction pour pouvoir continuer de les refouler dans la réalité. Dans les deux cas, l'aspect fictif permet de prendre de la distance une fois le livre fermé.

  Peut-être est-ce aussi une façon de nous purger de ces choses que l'ont craint ou qui nous sont désagréables: nous les vivons par procuration pour pouvoir mieux accepter leur réalité.

  Peut-être aussi en avons nous besoin pour avoir l'impression de lire quelque chose qui nous parle vraiment de nous en tant que membre de l'espèce humaine. Peut-être que lire de telles horreurs nous fait nous sentir meilleur, soit parce qu'on se prouve à soi-même qu'on est capable de compassion, soit parce qu'on se dit que nous ne serions nous-même pas capables de reproduire ces atrocités.

  Avez-vous d'autres idées?

 

  Je n'ai finalement pas de réponse à donner, mais en tout cas je suis convaincue que ces histoires nous brossent des portraits pessimistes de notre nature humaine.

 

  Heureusement qu'il y a aussi de belles histoires, des histoires joyeuses et positives, comme... (j'attends vos suggestions, je n'en ai aucune en tête dans laquelle personne, à aucun moment, ne souffre).

 

Opti-Miss Teek.

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Published by Reika - dans Lectures
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