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  • : Du cinéma, de la littérature, et un peu de féminisme au milieu.
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 14:55

 

  Je glandais tranquillement sur le fameux site bleu et blanc quand je suis tombée sur une vidéo partagée par un de mes contacts, montrant des inconnus s'embrassant pour la première fois. Et que vous pouvez voir là.

 

 


 

 

 

 

  Est-ce l'envie de procrastiner qui m'a poussée à la regarder ? Ou bien était-ce du voyeurisme ? Le fait que mes lèvres n'en ont pas rencontré d'autres depuis plus d'un mois ? Peu importe : cette vidéo m'a remué quelque chose dans le ventre (peut-être même que c'était mes ovaires).

 

  La première chose que je me suis dit, évidemment, c'est que moi aussi, j'avais envie de mélanger ma langue à celle de quelqu'un d'autre.

  Et puis ensuite je me suis souvenue avec tristesse d'envies que j'ai pu avoir par le passé. Des envies d'avoir quelqu'un à embrasser, pas forcément quelqu'un avec qui je coucherais, et encore moins de quelqu'un avec qui avoir une relation sérieuse et construire un avenir commun. Non, juste quelqu'un à embrasser. Comme un sexfriend, qu'on voit pour coucher avec, mais sauf que là, ce serait juste pour s'embrasser.

  Malheureusement, ces envies s'accompagnaient de ce constat : on n'embrasse pas les gens juste pour les embrasser. Le baiser, c'est pas une finalité. C'est presque toujours une étape, et même souvent la première, sur la route (voire parfois l'autoroute) des relations charnelles. On sait qu'après un baiser, il y a autre chose, d'autres choses. Quand on embrasse quelqu'un, on sait qu'à un moment donné, ça va se terminer au lit, ou si ça n'arrive pas, on le fait quand même avec plus ou moins cette idée en tête. Même si ça n'arrive pas forcément tout de suite après le baiser. Ca peut être une heure après, ou deux jours plus tard, ou après trois rencards, après le premier baiser ou après le cinquantième, mais qu'importe : vous voyez l'idée. Ce n'est pas pour rien que le verbe "baiser" a fini par exprimer autre chose. Quand il y a baiser, c'est qu'on va baiser.

 

  Outre la féministe en moi qui s'insurge contre notre sexualité qui tourne toujours autour de la pénétration de manière obsessionnelle (comme si le sexe ça n'était que ça), il y a aussi mon côté un peu bisounours-guimauve-tendre qui trouve ça dommage. Je rêve d'un monde où on pourrait juste s'embrasser, pour s'embrasser, et juste pour ça, parce qu'un baiser c'est tellement agréable, et que ça n'a pas besoin d'être suivi d'acrobaties pour être agréable et même, tiens, osons le mot, satisfaisant.

  Je savais bien-sûr, à l'époque, que je ne pouvais pas simplement aller voir un mec et lui dire "eh dis, tu veux bien qu'on s'embrasse, et qu'on fasse rien d'autre, juste parce que c'est sympa de s'embrasser ?". Je ne pouvais pas parce que je me doutais bien qu'on me rirait au nez. Quel homme accepterait d'embrasser une femme, si ce n'est pas pour que ça mène vers autre chose ?

  Mais aujourd'hui, j'ai envie de protester contre ça. Aujourd'hui j'ai envie de proposer un autre mode relationnel : le kissfriend.

 

  Déjà parce que les baisers, longs, courts, avec ou ou sans la langue, doux et tendres ou passionnés et voraces, c'est toujours chouette. Qui n'aime pas ça ?

  Ensuite parce que d'une, c'est plus facile de s'organiser pour s'embrasser que pour coucher ensemble : ça ne coûte rien, ça ne prend pas forcément beaucoup de temps, on peut sauter les préliminaires sans problème, on peut le faire en public plus facilement, et ça demande nettement moins de préparation (les plus tâtillons vous demanderont de vous brosser les dents, c'est pas la mer à boire non plus).

  Et de deux, on n'a pas la pression de ce qui va se passer après : il ne va rien se passer après. On n'a même plus la pression de la performance sexuelle. Quant à la performance exigée par le baiser (oui je vous vois venir, alors je prévois le coup), je pense qu'il est quand même moins risqué pour l'amour-propre, et moins difficile, d'apprendre et de s'adapter à l'autre quand il ne s'agit que du baiser, et pas encore en plus de tout le reste (ne faites pas semblant : on juge déjà nos partenaires sur leur façon d'embrasser, ça ne changerait pas grand chose de ce côté-là).

 

  Bref, moi j'aimerais bien avoir un kissfriend. Ou même rien qu'un hugfriend.

 

  Ca ne vous tente pas ?

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 10:47

 

  Ca fait bien longtemps que je ne vous ai rien raconté, n'est-ce pas ? Aujourd'hui je vais évoquer l'importance d'identifier ses priorités dans la vie, et d'agir en conséquences.

 

  Peut-être que je devrais commencer par cette question simple : quand vous vous retrouverez sur votre lit de mort, à deux doigts d'expirer votre dernier souffle, et que vous regarderez une dernière fois en arrière afin de donner un sens global et tristement ultime à votre vie, qu'est-ce que vous voulez voir ?


  Il doit y avoir, à n'en pas douter, à peu près 7 milliards de réponses à cette question. La mienne est relativement peu intéressante : je veux y voir de l'amour. Je veux que ce jour là, il y ait quelqu'un près de moi pour me tenir la main, ou que je puisse me souvenir d'avoir tenu la main à quelqu'un dans ce même instant. On m'a dit que c'était romantique. Moi je trouve ça très ordinaire.

  C'est vrai que je n'ai pas l'air de viser très haut : je ne pense même pas à apporter du bonheur autour de moi, à constituer un héritage quelqu'il soit, et encore moins à faire une différence et à rendre le monde meilleur. Ce serait plus valorisant mais quand je suis honnête avec moi-même, j'ai cette faiblesse très humaine de simplement souhaiter d'avoir eu un lien profond avec un de mes congénères (ou plusieurs, la vie est assez longue pour rendre cette éventualité fort probable, désormais).

  Il ne s'agit pas de faire "comme les autres", d'être "un mouton qui suit la tendance". Oui, beaucoup de gens partagent ce souhait avec moi. Et alors, est-ce que cela m'interdit de le désirer moi aussi ? J'ai passé beaucoup de temps à remettre en question l'importance du couple dans notre société et à vouloir me défaire de la pression que je ressentais sur mes épaules pour que je m'y soumette. Je m'en suis affranchie, et désormais, si je recherche le couple, c'est un choix conscient et bien à moi.

 

  Pour en arriver là, beaucoup de gens font des pieds et des mains. On réfléchit, on fait des listes des qualités qu'on recherche chez un partenaire, on essaie de faire rentrer les gens qu'on rencontre dans des cases préconstruites par nos fantasmes (plus ou moins exigents selon les personnes), et de peines de coeur en peines de coeur, on devient petit à petit plus exigeant tout en réduisant nos critères initiaux à une peau de chagrin. Alors on met en place des mécanismes de défense, on teste les autres, on cherche à faire des parallèles avec nos échecs passés afin de ne pas s'échouer à nouveau sur les mêmes écueils, et on désespère en constatant qu'on n'arrive pas à sortir de nos schémas malgré tous nos efforts.

  Et maintenant, je me demande si ce n'est pas justement parce qu'on y consacre autant d'énergie intellectuelle qu'on échoue. Gamine, une de mes amies me disait parfois : "tu réfléchis trop, et après tu n'as plus le temps de rien faire. Action !". Cette injonction m'a poursuivie, mais je l'ai toujours prise de travers, me forçant souvent à faire des choses qui ne me correspondaient pas, juste pour dire qu'au moins, j'avais essayé. Mais au fond, peut-être que ces actes étaient une autre façon de fuir cette chose terrifiante qu'est l'intimité que l'on partage avec une personne pour qui l'on éprouve un amour sincère.  Dans High Fidelity, le personnage principal se fait une réflexion similaire, losqu'il se rend compte qu'il a perdu beaucoup d'un temps précieux à s'interroger sur l'amour. Et tandis qu'il tatônnait en ayant des relations insignifiantes, il en oubliait de faire sa vie, de trouver sa voie et d'en prendre acte.

  Et puis un matin, on se réveille, et on se rend compte qu'on a vieillit, que l'heure tourne, que l'on n'a toujours rien fait alors qu'on a déjà vécu la moitié de notre vie, voire plus. On réalise soudainement que l'horloge cessera fatalement de fonctionner tot ou tard, et on commence à flipper à l'idée de n'avoir toujours pas été heureux quand ce moment viendrait. C'est là que la question "est-ce que je perds du temps avec cette personne ?" est petit à petit supplantée par la suivante : "est-ce qu'il me reste encore assez de temps pour avoir encore une énième relation insignifiante ?". Et là, les aventures d'un soir et les amourettes légères de notre jeunesse paraissent bien dérisoires, et on se prend un gros vide de sens dans la gueule. Autrement dit, vient un jour où il faut accepter de voir la vérité en face : si on veut construire un vrai lien profond et solide avec un autre être humain, il est temps d'arrêter de faire le malin et de l'assumer. Trouver le courage d'essayer d'atteindre cet objectif, au lieu de continuer de passer le temps avec des solutions temporaires, si l'on ne veut pas qu'elles deviennent la solution permanente.

 

  Concrètement, je commence à me dire que toutes nos angoisses pré-relation sont inutiles, voire encombrante. Je me dis que s'interroger sur l'avenir d'une relation avant de l'avoir entamée est non seulement prématuré mais carrément stupide. On ne peut jamais savoir comment une relation va tourner avant d'en arriver au bout, alors pourquoi se prendre la tête avec des questions anxiogènes comme "est-ce qu'il peut tomber amoureux de moi ?", "est-ce qu'il est fait pour moi ?", "et si la distance bouffait notre couple ?", "et s'il était allergique à mon chien ?", "et si elle ne supportait pas ma collection de timbres ?", "et si nos familles se déchiraient ?", "est-ce que nos origines sociales différentes vont poser problème ?", "peut-on s'entendre si l'on n'a pas les mêmes croyances religieuses ?", etc, etc (quand on veut trouver un obstacle pour justifier de ne pas s'engager, on peut toujours en trouver un, avec un peu d'imagination, quitte à ce que ce soit "je ne peux pas vivre avec quelqu'un qui ronfle").

  Une des pires questions, je trouve, est celle de savoir si l'on est prêt ou pas pour une relation sérieuse (que l'on se remette d'une rupture ou qu'on se sente jeune). Il y a quelques temps, j'ai eu cette crainte aussi, mais heureusement, la personne qui m'attirait avait assez de jugeotte pour me rassurer à ce sujet. Parce qu'au fond, si on a rencontré quelqu'un avec qui ça pouvait le faire, c'est peut-être justement parce qu'on est prêt. Je crois de toute façon, et après mûres réflexions sur ce sujet en l'élargissant à tous les domaines de la vie, qu'être prêt est une illusion. On n'est jamais vraiment prêt, on pourrait toujours se préparer davantage. Est-on jamais totalement prêt à mourir ? N'y a-t-il pas toujours quelque chose qu'on aurait pu faire avant ? Ne pourrait-on pas toujours se dire avant un contrôle qu'on n'a pas assez révisé ? A force d'attendre d'être prêt, on repousse sans cesse le moment de se lancer, au risque de passer à côté de l'occasion. Et quand je me suis rendue compte récemment que j'allais bientôt être trentenaire, je me suis pris comme une claque : ai-je vraiment le temps d'attendre d'être prête avant d'entreprendre quelque chose ? Donc au final, quitte à faire quelques ajustements en cours de route, de l'autoformation ou de la remise à niveau, peut-être vaut-il mieux tout simplement se jeter à l'eau et saisir les opportunités qui se présentent.

 

  Toutes ces questions, couplées à une exigence sociétale de performance qui envahit tous les domaines de notre vie, nous entravent plus qu'autre chose. A force de faire la course au "meilleur" partenaire et de cultiver l'obsession du "bon" choix, on oublie d'en faire, des choix.

  C'est un peu comme quand j'ai voulu m'acheter une nouvelle télé : il y avait tellement de choix, et j'avais tellement peu de connaissances techniques, que je me suis retrouvée perdue, et à force de me demander ce qui était le mieux, j'étais paralysée par l'indécision. Et puis j'ai décidé d'arrêter de me poser des questions, je suis rentrée dans le magasin, et j'ai acheté celle qui m'attirait le plus. J'ignore si c'est la plus performante, et j'ignore si c'était la plus adaptée à mes besoins, mais c'était celle sur laquelle j'avais jeté mon dévolu, et j'y ai mis le prix. Je n'ai jamais regretté une seconde.

  Eh bien je crois que choisir un partenaire de vie devrait se faire d'une manière un peu plus instinctive, comme ce que j'ai fait ce jour-là. Au lieu de peser le pour et le contre, la question centrale pour moi est celle-ci : "Est-ce que je suis vraiment bien avec lui ? Est-ce que je pourrais faire ma vie avec quelqu'un comme lui ?". Et si la réponse est oui, sans ambiguité, alors il faut y aller et se donner les moyens de faire marcher cette relation. Je ne parle pas de céder aux impératifs de la passion passagère, mais de se demander si au fond de nous, on le sent vraiment bien. Parce que j'ai envie de croire que si on est vraiment bien ensemble, et qu'on a vraiment tous les deux envie que ça marche, alors ça marchera. Une fois qu'on a répondu à cette question fondamentale, il n'y a qu'à se lancer, et renouveler ce choix, jour après jour, jusqu'à ce qu'il ne nous convienne plus, ou dans le meilleur des cas, jusqu'à ce que la mort nous sépare.

 

Action !

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 11:00

  Avant-hier dans le train, j'ai lu.

  Non, je ne vais pas te parler bouquin mais simplement d'un truc qui a fait tilt dans mon cerveau pendant que je lisais. L'héroïne était en plein divorce et vivait assez mal le fait de voir ses parents alors qu'elle s'était séparée de son compagnon. C'est là que j'ai ouvert grand la bouche de consternation : à travers son sentiment d'échec, et sa difficulté à l'annoncer à sa famille, l'auteur la comparait à un enfant qui rentre de l'école et qui n'ose pas annoncer à ses parents qu'il a eu une mauvaise note.

  Et là, je me suis dis, what the fuck ??

  J'en étais plus ou moins consciente avant, mais je n'avais pas les mots pour. Il y a des gens, beaucoup, j'ai l'impression, pour qui la fin d'une relation rime avec échec, et c'est un échec très personnel, qu'ils prennent à coeur. C'est la preuve qu'ils ont commis une faute, et ils en ont honte. Or je ne vois pas pourquoi on devrait se justifier dans ce domaine auprès de qui que ce soit. Je ne vois pas comment une déception sentimentale devrait être une faute, un tort, surtout si c'est nous qui nous faisons plaquer. Et pourtant, ce personnage le vit comme un crime qu'elle aurait commis et qu'elle n'oserait pas avouer. Bon, je dis pas, des fois on a vraiment fait un truc qui justifie la rupture, ou qui ne nous couvre pas de gloire, mais je crois qu'assez souvent, ce n'est la faute de personne.

 

  Oui, dans notre société, c'est mal de ne pas être heureux en couple. Ou au moins, de ne pas être en couple.

  Déjà, ça, ça me gonfle. Pourquoi est-ce qu'on serait obligé d'être en couple pour être heureux, pour avoir réussi ? J'accorde une place importance à l'amour, c'est vrai, mais je ne crois pas qu'il n'y ait que ça dans la vie. Et je crois d'ailleurs que c'est prendre les choses par le mauvais bout. Je crois qu'il faut d'abord être bien dans sa vie, dans sa peau, être prêt pour la nouveauté, avant de pouvoir réellement s'investir dans une relation.

  Et d'un autre côté, ça m'attriste de voir l'amour comme une compétition ou comme un combat. Je trouve ça complètement inepte de parier sur celui du groupe d'amis qui va se marier en dernier, ce qui le fait sortir du lot comme s'il avait une sorte de tare. Il est l'inadapté incapable de finir la course. C'est injuste non ? Et ça n'a aucun sens parce que tout le monde n'a pas la même façon de faire ni d'aborder les choses, ni les même priorités ou les mêmes besoins, et encore moins les mêmes envies.

 

  Et puis quoi, si cette relation se termine ? Eh bien, ma foi, la mort fait partie de la vie, tout autant que la naissance. Il y a en ce monde toute une tripotée de choses qui ont une fin, et s'obstiner à le nier ne sert strictement à rien. Ce n'est pas en niant des faits qu'ils vont tout d'un coup cesser d'être ancrés dans la réalité. Quand c'est fini, c'est fini. C'est triste, mais c'est comme ça.

  Ce n'est pas parce qu'une chose est finie et qu'on l'accepte, qu'elle devient moins réelle pour autant. Lâcher prise sur le passé, ce n'est pas faire comme s'il n'existait pas, mais au contraire, c'est le reconnaître, le chérir, sans pour autant que ça nous empêche de nous tourner vers l'avenir. C'est très difficile à faire, mais en tout cas, il ne faut pas forcément y voir un échec personnel, la preuve qu'on est incapable de quelque chose. Des fois, il nous arrive des choses sur lesquelles on n'a pas de prise.

  Quelque part, tout ça est pas mal liée à la difficulté d'admettre qu'on s'est trompé. On était à fond, on a cru que ça pouvait le faire, et pouf, d'un coup ça nous tombe sur le coin de la gueule : ben non ma vieille, c'était pas lui le bon. Je sais, je sais, il en avait l'air, mais tu vois bien là, que c'est pas le cas, visiblement. Si ça l'était, il serait pas en train de te quitter.

 

  Ah, merde.

 

  Des fois, on refuse d'admettre qu'on s'est trompé alors qu'on sait très bien que c'était pas le bon, et ça, c'est plus grave. Pourtant, c'est courant, les gens qui n'aiment plus vraiment leur compagnon, et qui sont malgré tout dévastés par son départ, comme s'ils ne pouvaient pas vivre sans lui, et ce même quand ils sont conscients que la vie serait plus facile s'ils en étaient débarrassés.

  Je trouve ça un peu dommage de se trouver freiné par un truc qui n'en vaut pas la peine, surtout quand on le sait.

   Mais il y a des fois où je trouve, moi aussi, que c'est très difficile d'accepter la fin. Ce que je vis mal, moi, c'est l'idée de renoncer à la personne qu'on aime du fond du coeur. Ça m'arrache les branchies (au cas où tu le savais pas, j'ai rêvé que j'étais un poisson la nuit d'avant). Renoncer à une relation pourrie, oui, mais renoncer alors que je m'étais dis "avec celui-là, ça pourrait le faire", non, je peux pas, c'est au-dessus de mes forces. Il ne s'agit même plus d'accepter qu'il n'y ait plus d'avenir en commun, de projets communs, mais simplement d'accepter l'absence de l'autre, cette sorte de gouffre qui se crée tout d'un coup, béant, prêt à nous avaler. Et là, on se dit "non, tout mais pas ça, tout, pourvu qu'il ne sorte pas de ma vie".

  C'est quand on pense de cette manière qu'on est incapable de tourner la page si ça se termine.

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 11:00

 

  Tous les magazines féminins vous le diront : le secret pour faire marcher une relation, c'est une bonne communication. Chaque couple connaît sa part de non-dits. Nombreux sont ceux qui n'osent pas toujours exprimer leurs pensées, leurs sentiments, surtout si ceux-ci sont négatifs, que ce soit parce qu'ils ne savent pas comment s'y prendre ou parce qu'ils ont peur de l'effet que ça aura. Et parfois, même quand des mots sortent de notre bouche, on a tout fait, sauf communiquer.

 

  N'en déplaise aux féministes, je crois bien que certaines réactions en matière de communication sont effectivement beaucoup liées au sexe de la personne qui s'exprime, pas parce que c'est dans nos gènes ou dans notre nature, non, mais simplement parce que nous avons tous intégré malgré nous un comportement calé sur ces discours de genre qui nous entourent depuis que nous sommes nés.

  Femme que je suis, et toute féministe que je suis, j'ai forcément un point de vue et des réactions différentes que mon homme sur certaines choses. Mes réactions et points de vue seront plus proches de ceux de mes amies que de ceux des hommes que je fréquente, parce que nous sommes des femmes et qu'ils sont des hommes. Ce que la société est nous a forcés, en partie, à nous comporter d'une manière différente, du fait de ce que nous avons entre les jambes.

 

  J'ai beau être horripilée par ces  chaînes sexistes qui prétendent vous expliquer le langage des hommes ou celui des femmes, je crois qu'il y a parfois un peu de vrai dedans.

  Il y a des choses fausses, comme le célèbre "non veut dire oui" dans le cas des femmes. Non veut dire non, dans la majorité des cas.

  Et s'il est vrai que les femmes ont beaucoup de mal à formuler leur pensée de manière directe, claire et entière, ça ne veut pas dire qu'elles sont toutes des serial menteuses. Non, nous avons simplement appris à rester diplomates face à un homme, pour diverses raisons, comme par exemple, parce qu'on a peur de se prendre une beigne, ou parce qu'on sait qu'il le prendrait mal et qu'on a appris à ne pas contrarier notre homme. Les femmes n'ont pas toujours eu leur mot à dire, non plus, et ce n'est toujours pas le cas pour certaines d'entre nous. Face à un homme, il est toujours difficile d'être sûre qu'on a vraiment autant notre mot à dire sur la relation que lui. Alors on se tait, pour ne pas dépasser les limites de ce qu'une femme a le droit de dire.

  Parallèlement à ça, on a aussi appris qu'on ennuyait beaucoup les hommes quand on se mettait à parler de sentiments et d'émotions. Ah ces femmes, toujours à pleurnicher ! Toujours à vouloir avoir des discussions sérieuses ! Ne peuvent-elles pas se contenter de profiter de l'instant présent !? Ne peuvent-elles pas comprendre qu'un homme, quand il rentre, a besoin de se reposer devant la télé sans qu'on l'asticote en exigeant des comptes !? Alors à force, ben on commence à bloquer, on n'ose plus, parce qu'on a peur de franchir la ligne limite du trop plein de discussion.

 

  Il y a beaucoup de blagues et de critiques sur certaines répliques des femmes lors d'une dispute. Je ne vais en prendre qu'une en exemple et vous laisser réfléchir aux autres. Un homme a le choix entre faire quelque chose pour lui, ou faire quelque chose qui ferait plaisir à celle qu'il aime. Ils se disputent, et la femme finit par lâcher un "fais comme tu veux". Or, tout homme qui ne vit pas dans une grotte depuis 30 ans sait que c'est un piège.

  Ce n'est pas que cette phrase signifie "fais ce que JE veux ou je vais me fâcher tout rouge", mai plutôt qu'elle est une capitulation désespérée et un test à la fois.

  Quand on dit ça, on laisse tomber, parce qu'on sent bien que notre point de vue raisonné ne présente aucun intérêt aux yeux de l'autre. Mais d'un autre côté, on continue d'espérer qu'il va faire cette chose qui nous tient à coeur. Pas parce que nous sommes des tyrans en puissance, mais simplement parce que ça nous ferait de la peine qu'il ne le fasse pas. Et si ça nous fait de la peine, c'est parce que pour nous, ça signifie "je m'en fous de ce qui est important pour toi". Et beaucoup de femmes espèrent encore qu'un homme vraiment amoureux ne s'en fiche pas de ce qu'elles ressentent et de ce qui compte pour elles. Elles espèrent que ce sera important pour lui de ne pas leur faire de peine.

 

  Or, elles se trompent, car souvent, quand on donne un choix à un homme, il va simplement choisir celui qui lui plaît le plus, indépendamment de ce que pense sa compagne, ou n'importe qui d'autre d'ailleurs.

  En réalité, les femmes dans cette situation se retrouvent face à un paradoxe insoluble. Elles voudraient que leur homme fasse quelque chose d'important pour elles parce que cela prouverait son attachement pour elles, mais elles ne veulent pas le forcer à le faire, parce que s'il se force, il ne le fait pas vraiment pour les bonnes raisons. Donc, elles ne peuvent faire autrement que de lui laisser le choix, du moins, en apparence, et sont inévitablement déçues parce qu'en lui laissant le choix, elles l'autorisent à faire passer autre chose avant elles, ce dont il ne va pas se priver.

  En fait, elles sont forcément perdantes.

  Et après, on s'étonne qu'elles l'aient mauvaise.

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 13:00

 

  Quand j'étais gamine, j'écoutais Mariah Carey chanter "I can't liiiiive if living is without youuuu" avec des trémolos dans la voix, et je me disais que c'était quand même magnifique d'aimer à ce point. Il n'y a pas qu'elle qui tienne ce type de discours, et même dans la vie ordinaire, combien de fois n'ai-je pas entendu des amies me dire "je ne peux pas vivre sans lui" ?

  C'est vrai qu'au moment d'une rupture, on est souvent tenté de croire que notre vie s'arrête avec le départ de l'autre. A l'instar de Vonda Shepard quand elle reprend The End of the World, on a une certaine tendance naturelle à se demander comment la vie peut continuer alors que pour nous, c'est la fin du monde.

 

Why do the birds go on singing?
Why do the stars glow above?
Don't they know it's the end of the world?
It ended when I lost your love.

 

  Mais voilà, la réalité n'est pas aussi romantique et absolue. On peut vivre sans l'autre. On peut toujours, peu importe la force de notre amour et la masse de bons souvenirs qu'on a. On n'arrive peut-être pas forcément à se débarrasser de toute trace de sentiments pour lui, mais malgré tout, le temps et l'habitude atténuent beaucoup de choses. Au bout d'un moment, on se retrouve à nouveau emporté dans le tourbillon de notre vie, dont les impératifs plus pressants et plus réels que notre nostalgie pour une relation qui n'est plus se font ressentir de plus en plus vivement.

  Les premiers jours, on pleure, on passe son temps à y penser et on n'arrive plus à se concentrer sur rien. Les jours suivants, on regarde toujours autant dans le vide, mais on pleure un peu moins. Le temps passe, on se remet un peu à travailler. On rigole avec bon coeur aux blagues de nos amis, entre deux soupirs. Quelquefois, on fait des rechutes. Et ces rechutes deviennent de plus en plus espacées. Parfois, on rencontre quelqu'un d'autre.

  Alors oui, sur le moment, on a l'impression que c'est la fin du monde et qu'on ne peut pas continuer sans l'autre. Mais cette impression est fallacieuse. On est un peu comme un drogué en plein sevrage. Au début, on ne peut pas se passer de notre drogue, et son absence nous rend fébrile. Et puis avec le temps, le manque se fait de moins en moins ressentir.

 

  J'ai remarqué une chose étrange : cette sensation concerne aussi ceux qui sortent d'une relation toxique, et ceux qui chérissaient leur indépendance comme personne avant que leur relation ne commence. Une de mes amies, par exemple, se trouvait très bien toute seule, mais lorsqu'elle a quitté son sombre connard d'ex, qui lui manquait de respect de toutes les façons possibles et imaginables, elle s'est quand même retrouvée à avoir peur d'être à nouveau seule et de ne plus jamais retrouver l'amour. Comme s'il n'y avait qu'avec lui qu'elle pourrait vivre ça.

  Pour un observateur extérieur, c'est facile de se dire "comment un type pareil peut-il lui manquer ?", mais il ne faut pas oublier la force des habitudes. Elles peuvent, dans une certaine mesure, transformer notre façon de voir les choses. Et là, on voit clairement que les sentiments amoureux ne rendent pas particulièrement lucide. Au contraire, ils déforment la réalité à nos yeux, et quand on discute avec d'autres personnes, qui n'éprouvent donc pas ces sentiments, on a parfois l'impression d'évoluer dans un monde parallèle.

 

  A chaque rupture, on croit que notre vie s'arrête, et pourtant, on a surmonté chacune d'entre elles, n'est-ce pas ? Alors évidemment, quand un mec me dit "tu m'oublieras, tu te remettras, va", j'ai beau avoir envie de le contredire de tout mon coeur, je sais bien qu'au fond, c'est vrai.

 

  Ou alors, j'en suis convaincue parce qu'en réalité, je n'ai jamais rencontré "l'homme de ma vie", et si c'est pas l'homme de ma vie, c'est normal que je puisse vivre sans. Mais même en supposant que je me fasse plaquer par "l'homme de ma vie", je crois que je surmonterais quand même cette épreuve. J'en suis arrivée à penser qu'on peut très bien se remettre d'une rupture sans cesser d'aimer l'autre. Autrement dit, je sépare le deuil d'une relation du deuil des sentiments.

  Si j'affirme qu'on peut tous vivre sans un être aimé qui nous quitte, dans la pratique, je pense également qu'il faut distinguer notre capacité de notre volonté à le faire. On pourrait, oui, mais au moins sur le moment, on n'en a pas envie. Je n'ai pas souvent souhaité le dire mais ça m'est arrivé de protester que même si je pouvais effectivement me remettre, ça ne m'intéressait pas. Me remettre, pourquoi faire ? Pour retomber amoureuse d'un autre, qui me fera à nouveau traverser cette souffrance ? Autant continuer à souffrir pour toi. Ou renoncer aux relations amoureuses et me satisfaire de t'aimer de loin. Étant donné que vivre seule ne me fait pas peur, cette solution me convient.

 

  J'aurais pu écrire ma propre conclusion, mais je vais me contenter de citer Jennifer Aniston dans La rumeur court... , étant donné que je n'aurais pas pu formuler ma pensée mieux que ça :

"I didn"t come here to tell you I can't live without you. I can live without you. I just don't want to".

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 11:00

 

  Quand on le voit à la télé, quand on l'entend dans des chansons, ça paraît toujours tellement normal et naturel de dire ces trois mots : "je t'aime". Pourtant dans la vraie vie, c'est un peu plus compliqué que ça. Et moi, ça me fait toujours un peu bizarre de le dire. Même quand j'en ai envie, j'en ai la bouche pâteuse au moment où ça sort, et une fois sur deux, ça ressemble à rien. Je me dis presque toujours que ça sonnait mieux dans ma tête.

 

  Une chose ressort de tout ça : ce n'est pas si facile à dire.

  Et je me demande bien pourquoi, parce qu'a priori, c'est quand même un truc qui fait plutôt plaisir. C'est quand même rare que notre interlocuteur se fâche après l'avoir entendu. Au contraire, ça aurait plutôt tendance à le mettre dans de bonnes dispositions et à rendre tout le monde content, alors pourquoi est-ce qu'on galère comme ça ?

 

  La réponse qui me paraît la plus évidente, c'est qu'on se demande si c'est vraiment le bon moment.

  Il faut d'abord être sûr de soi et de ses sentiments. Comme j'ai tendance à faire l'autruche, j'ai du mal à savoir si ça correspond vraiment à ce que je ressens. Je me souviens d'une fois où ma psy m'avait demandé "vous étiez un peu amoureuse, non ?", et j'ai même pas eu les ovaires de dire franchement oui. Ce n'est que 3 mois plus tard que je me suis admis à moi-même que c'était bien le cas, y compris au moment où elle m'avait posé la question.

  Et puis il y a aussi une part de peur : comment est-ce que cette confession va être reçue ? S'il n'est pas retourné, ça peut éventuellement faire de la peine. Dans ce cas, on ne le dit pas, même si on le pense très fort, rien que pour se protéger. Il y a peu de choses que je trouve pires que de se sentir rejeté par quelqu'un qu'on aime, aussi je comprends qu'on puisse éluder cette possibilité en évitant tout simplement de lui donner l'occasion de se produire.

 

  Je crois que chez certaines personnes, il y a aussi une part de fierté (mal placée ?) qui s'en mêle. Et que la crainte de souffrir y est pour beaucoup. Parfois, admettre qu'on aime revient à abdiquer, à dire "voilà, tu peux faire ce que tu veux de moi, je suis à la merci de ta bonne volonté". C'est difficile d'envisager la perte de soi qu'une telle emprise implique. C'est un peu triste de voir l'amour comme un rapport de force dans lequel on perd, même si d'un autre côté, cet abandon de soi fait partie du charme de la chose.

  C'est un peu comme reconnaître qu'on est dépassé par les événements.

  Beaucoup de gens ont peur de ça, parce que ça signifie qu'ils ont perdu le contrôle, non seulement sur le monde qui les entoure, mais aussi sur eux-même. Et d'une certaine façon, ce n'est pas complètement faux de dire que notre bonheur "dépend" de l'autre. Pas entièrement, non (enfin, pas pour tout le monde, et j'espère bien pour moi-même que ce n'est pas le cas), mais il est tout de même indéniable que les personnes qu'on aime sont celles qui connaissent le mieux nos failles, et dont on ressent avec le plus d'acuité chaque chose blessante qu'ils font. Ceux qui comptent le plus sont aussi ceux qui peuvent nous faire le plus de peine.

  Du coup, l'attachement peut en effrayer plus d'un. Il y en a même qui fuient avant d'atteindre ce point de non retour. Pas étonnant, dans ce cas, que la verbalisation de cet état soit aussi anxiogène. Ne pas le dire, c'est un peu comme le laisser baigner dans la virtualité. Dès qu'on nomme nos sentiments, on leur donne une forme tangible, ils deviennent concrets, et on ne peut plus les ignorer. Si on se tait, on peut continuer à faire comme si de rien n'était.

  Quelque part c'est un peu dommage, parce que quand on aime, on a envie que l'autre le sache. Et puis il faut dire ce qui est : dire "je t'aime", quand on a le coeur tout gonflé d'amour, ben ça soulage. Un peu comme aller aux toilettes après s'être retenu pendant des heures (je fais des comparaisons très prosaïques, n'est-ce pas).

 

  A côté de ça, l'entendre n'est pas toujours facile non plus.

  C'est pas facile quand ce n'est pas réciproque, évidemment, parce qu'on ne sait jamais trop comment répondre. Le dire soi-même, ou dire "moi aussi", ça sonnerait faux, et à moins d'en avoir rien à foutre de mentir à quelqu'un qui dévoile sa faiblesse comme ça, on a rarement envie de faire ça. Alors on dit quoi ? "Je sais" ? "C'est gentil" ? Personnellement, je ne dis rien. Oui je sais ça a l'air cruel comme ça, mais ça me fait complètement paniquer, et quand je panique, je bloque. Je me suis forcée une ou deux fois, et en fait, je me suis sentie sale. Je crois qu'il vaut mieux ne pas le dire, tant que ça ne correspond pas à ce qu'on ressent. Si ça doit en arriver là, alors ça viendra déjà.

  Et même quand c'est réciproque, il y a des gens tordus que ça peut faire flipper. Pourquoi ça ? Je me dis que le manque de confiance en soi doit jouer. Quelqu'un qui n'a pas l'habitude de l'entendre ou ne croit pas le "mériter" pensera plus facilement qu'on est en train de se moquer de lui et que ce n'est pas vrai. Ou alors il se dira que ça ne durera pas dès que l'autre se sera rendu compte de ses innombrables et insupportables défauts. Et la machine de la peur de l'abandon se met en marche.

 

  Au delà de ces considérations, j'ai du mal avec les gens qui le disent pour l'entendre. Certains "je t'aime" veulent dire "tu m'aimes ?" et pour moi ça ressemble à une sorte de chantage affectif. Je comprends qu'on ait besoin de se sentir aimé, et à travers ça, validé dans ce qu'on est, mais je trouve que c'est une façon de culpabiliser l'autre, qui aura l'impression d'être un monstre s'il ne se sent pas capable de dire les mots magiques lui aussi.

  Heureusement, il y a aussi des gens qui ne le disent que pour le dire. Pour valider l'autre, justement. Un peu comme pour dire "je te vois", à la manière de Jack dans Titanic. Parce qu'on se dit que ça peut faire plaisir à l'autre de se savoir aimé, tel qu'il est, pour ce qu'il est.

  En gros, j'ai l'impression qu'il y a des "je t'aime" égoïstes et des "je t'aime" altruistes. Certains sont en réalité tournés vers soi-même, alors que d'autres sont tournés vers l'autre.

  Et moi je crois que l'amour n'est pas un dû. Je crois que c'est un cadeau que l'on fait. On est libre de le dispenser ou non, aux gens que l'on a choisi, plus ou moins consciemment, peu importe que nos raisons soient bonnes ou non. C'est quelque chose qui ne s'explique pas, ne se rationalise pas, et qui ne se monnaye pas.

 

  Je pense qu'il ne faut dire "je t'aime" que si l'on attend rien en retour, uniquement pour le bonheur d'avoir dit ce qui apparaît comme l'évidence même.

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 11:00

 

  Quand on traverse un chagrin d'amour (rupture, râteau, etc), tout le monde autour de nous n'a de cesse de répéter qu'il faut "passer à autre chose", "tourner la page", "aller de l'avant". Mais quand on demande comment on fait ça, on ne nous propose que des solutions palliatives, qui consistent à ignorer le problème.

  On commence par virer ses affaires de chez nous, par le virer de notre vie de manière générale. Vaine tentative d'appliquer le célèbre "loin des yeux, loin du coeur". En théorie, ça nous permet de concrétiser pleinement son départ et de s'habituer à son absence, comme s'il n'avait jamais été là.

  Sauf que si nos yeux nous trompent, notre coeur, lui, sait bien ce qu'il en est réellement : oui, il a été là, tu n'as pas fait de cauchemar, c'est la réalité. Le trou dans ton coeur se permet de brailler "eh, oh, tu peux faire comme tu veux, mais tu ne nieras pas mon existence !".

  Soit, on fait quoi, ensuite ? On sort, on voit ses amis, on se change les idées. On se plonge dans le travail ou des activités qui nous occupent l'esprit. Et on croise les doigts pour que, avec le temps qui passe, ça suffise.

 

  Mais il y a des fois où on a l'impression de patauger dans la même mer de larmes au bout de trois mois que quand la blessure était toute fraîche.

 

  C'est là que vos amies vous suggèrent de rencontrer quelqu'un d'autre. Parce que "tu verras, quand tu seras occupée à penser à quelqu'un d'autre, il sortira tout seul de ton esprit !".
  Mouais, j'ai essayé une seule fois cette méthode, et ça a été le pire des fiascos de ma vie sentimentale. Plus le nouveau était là (et pénible, il faut bien dire ce qui est), plus le précédent me manquait. Comparer avec quelqu'un d'autre, si c'est pour arriver à la conclusion que c'était mieux avec le précédent, ça me paraît plutôt contre-productif. Je pense que pour entamer une nouvelle relation, il faut d'abord avoir fait le deuil de la précédente, justement. "You can't hurry love", comme disaient the Concretes.

 

  Mais alors, quand est-ce qu'on est prêt à rencontrer quelqu'un d'autre ?

  Je veux dire, on peut bien avancer qu'avec le temps, les sentiments s'estompent, mais on ne se réveille pas un jour avec l'illumination : "ça y est, je l'ai oublié ! Vite, mon épilateur !". On ne peut pas dire que ça arrive comme ça, d'un jour à l'autre, comme un déclic.
  Et si on rencontre quelqu'un, justement, et que le timing est mauvais ? Si quelqu'un nous plaît, mais qu'on a peur de ne pas être encore prêt, qu'est-ce qu'on fait ?

  Les histoires d'amour qui se chevauchent, les nouvelles qui commencent avant que les anciennes ne soient réellement terminées, il y en a plein. Donc je suppose que si on a vraiment envie de s'investir avec le nouveau, il y a des chances pour que cette nouvelle relation soit effectivement en mesure d'accélérer le processus de guérison de la précédente. Là, oui, je veux bien admettre qu'en pensant au nouveau, on en oublie l'autre. Mais il faut vraiment être mordue du nouveau, non ?

  Et même là... pour peu que la phase de drague soit encore en cours, et qu'il y ait un creux, une période de calme, ne serait-ce que de deux ou trois jours, la nostalgie peut très bien pointer le bout de son nez alors que vous êtes en train de faire la vaisselle ou de pisser. Et là, révélation : je n'ai pas encore oublié Marcel ! Diantre ! Et du coup, on finit par penser de nouveau plus à Marcel, au risque de freiner (voire de tuer dans l'oeuf) l'intérêt qu'on éprouvait pour Richard.

 

  Je suis donc dubitative.

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 11:00

 

  Je viens de revoir Ce que pensent les hommes avec des amies, et j'ai donc eu envie de vous parler de ce postulat sur lequel repose le film (et le livre qui l'a inspiré, dont je vous ai parlé il y a peu): si un mec te veut, il s'arrangera déjà pour que ça se fasse. S'il te traite comme s'il s'en fichait de toi, ça veut juste dire qu'il s'en fiche de toi.

 

  So much for the signs.

 

  Donc, il faut se lever, et dire "NEXT" avant d'avoir le petit coeur tout cassé.

  Mais voilà, en voulant filmer ça, les scénaristes se sont dit que ça ne passerait pas parce que trop simpliste. Ils ont donc fait un film un peu chorale, où se croisent divers cas assez différents, afin d'illustrer cette idée de base.

  L'héroïne, pendue à son téléphone après chaque rencard, se lamente un jour auprès d'un serveur qui finira par lui asséner cette vérité qui la fait réfléchir.

 

  Il lui explique ensuite autre chose, qui à l'époque était une véritable révélation pour moi: un homme qui te traite mal ne changera pas pour toi.

  Les femmes mal traitées, rejetées, trompées, humiliées, sont la "règle" de ces hommes à qui elles ne plaisent pas assez. D'ailleurs, le film termine sur l'idée que si ces situations foireuses sont la règle, à un moment donné, on finira tout de même par tomber sur un homme pour qui on sera l'exception, celle qu'il aimera assez pour vouloir la rappeler, la revoir, lui être fidèle, l'épouser et la rendre heureuse. On retombe dans l'espoir aveugle du "on sait jamais, peut-être que pour moi, il changera".

 

 S'il y a bien quelque chose de récurrent dans le comportement des filles, c'est qu'elles ont tendance à s'accrocher à des mecs en espérant être celle pour qui il changera.

  Il trompait ses exs, mais avec moi, ce sera différent (pour ne donner qu'un des exemples les plus aberrants).

  On ne peut pas s'empêcher d'avoir ce fol espoir d'être "son exception", la femme qu'il aura réellement envie d'appeler. Car celle qu'il traite mal, en théorie, c'est celle qui ne lui plaît pas vraiment. Mais enfin, je peux vous affirmer qu'il y a réellement des hommes qui ne changent pas. Que ça n'a même rien à voir avec l'amour qu'ils peuvent porter à une femme ou pas.

  Quelquefois, les blocages qui les entravent sont plus forts que tout l'amour du monde, et ils auront beau vous aimer sincèrement, ils ne pourront pas les surmonter. Et il y a aussi des fois où il faut se faire simplement à l'idée que "quand on est con, on est con". Je sais, c'est poétique, mais au fond, il ne faut pas se leurrer, quelqu'un qui n'est pas respectueux envers les autres ne va pas changer du tout au tout. Il restera toute sa vie le connard irrespectueux que vous connaissez. A vous de voir après si vous voulez continuer à fréquenter une personne comme ça, mais il faut surtout vous sortir de la tête l'idée qu'à votre contact, il va évoluer.

  Même si vous identifiez ses lacunes, que vous êtes convaincue qu'il a bon fond, et qu'avec un petit tour chez un psy, il a l'etoffe d'une perle, il vaut mieux ne pas espérer. La tentation de psychanalyser ou de materner un homme pour le faire évoluer est toxique. Elle vous empoisonne aussi sûrement qu'un manque d'amour que vous tentez de combler par le vôtre. Elle vous laisse dans l'insatisfaction permanente d'être avec un homme que vous n'aimez pas pour ce qu'il est mais pour ce qu'il pourrait être dans une autre dimension, ce qui est une pure négation de la réalité, et vous plombe également parce que vous consacrez trop d'énergie à le changer, de cette précieuse énergie que vous pourriez mettre à profit pour votre propre bien-être.

 

  Je suis donc d'avis que si l'on a un minimum d'amour-propre, il faut savoir se détacher de ces hommes-là. Notre but dans la vie est-il vraiment de jouer à l'infirmière? Je me suis moi-même déjà trouvée plusieurs fois dans cette situation, et maintenant que j'ai du recul, je me rends à l'évidence: ce n'est pas moi qui n'ai pas su le soutenir dans ces épreuves qu'il traverse; ce qu'il a fait avec moi, il le reproduira avec d'autres, et peut-être indéfiniment. D'ailleurs, c'est intéressant de se remémorer ce point-là quand vous serez tentée d'être jalouse de ses nouvelles conquêtes. Rappelez-vous juste que la nouvelle n'est que la prochaine à souffrir, et à faire les mêmes erreurs que vous. Il ne la rendra pas plus heureuse que vous.

  Ce n'est pas à vous de vous ériger en moteur d'une transformation profonde de la psychologie d'un homme. S'il a un problème dans sa vie qui l'empêche de vivre normalement, d'être heureux, et de ne pas blesser des gens inutilement, cela ne sert à rien que vous le remarquiez. C'est à lui de s'en rendre compte et de décider pour lui-même d'y faire quelque chose ou non. Et non, je vous arrête là aussi: vous ne lui donnerez pas le déclic. Il ne peut l'avoir que seul, et tant qu'il ne décidera pas tout seul de se prendre en main, il ne se passera rien. Passez donc votre chemin avant d'y perdre votre santé. Vous avez votre propre bien-être mental à préserver.

 

  Pour en revenir à notre film et tempérer un peu mon pessimisme, l'héroïne rappelle, au final, que ce qui compte, c'est de ne pas perdre l'espoir, et surtout, qu'il faut s'autoriser à vibrer et à prendre le risque. Si on ne prend pas de risque, si on n'essaie pas, ça ne peut de toute façon rien donner, alors il faut se lancer, et ne pas avoir peur de souffrir.

  Et en un sens, je suis d'accord avec elle. La souffrance et la perte font partie de la vie, ce sont des choses naturelles qu'il faut apprendre à ne pas craindre et à gérer lorsqu'elles se présentent. Je suis même la première à donner leur chance à des relations qui pourraient me blesser. Enfin, je l'ai été jusqu'à maintenant... et peut-être vais-je le rester, malgré toutes mes réflexions sur le sujet, puisque, comme je vous l'ai dit, on ne se refait pas. Si l'on se ferme trop aux opportunités de crainte de souffrir, on passe à côté de ce pour quoi on tente de se protéger.

  Mais je pense qu'il faut aussi avoir la sagesse de discerner les relations stériles pour y mettre un terme avant qu'elles ne nous détruisent. Il y a des moments dans la vie où baisser les bras, c'est avancer et progresser. Le soulagement arrive le jour où l'on est capable de se dire: "Cet homme, je l'aime, mais il ne pourra jamais me rendre heureuse. Je n'ai pas d'autre choix que de le quitter".

 

(Comment ça, ma conclusion est quand même pessimiste?)

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:00

 

  Revenons un peu sur cette idée de mérite en amour, instillée dans le livre dont je vous ai parlé l'autre jour (du moins dans la version française, je ne sais pas exactement à quel point elle s'éloigne de la version originale - et une différence de formulation, quand la traduction est délicate, peut parfois modifier légèrement le sens).

 

  On ne peut pas nier que l'idée d'avoir mérité ou non tel ou tel partenaire, tel ou tel traitement, est souvent réconfortante. On y a souvent recours pour pouvoir accepter un départ ou prendre la décision de partir. C'est comme une bouée à laquelle s'accrocher pour ne pas perdre de vue notre objectif principal: aller mieux en vivant à nouveau sans lui/elle.

  Elle permet d'une part de s'apitoyer sur soi-même, étape nécessaire après une déception amoureuse, et en même temps de désigner un fautif à l'origine de cette déception, qu'il soit l'autre ou nous-même.C'est toujours pratique d'avoir un coupable.

  Combien de fois n'entendons-nous pas nos proches nous dire "oublies le/la, il/elle ne te méritait pas" et "tu es quelqu'un de formidable, tu mérites d'être mieux traité(e)"? Il s'agit d'abord de relativiser l'intérêt que représentait une relation: est-ce qu'elle apportait vraiment autant de joies que ça, est-ce que nous étions respecté(e)s, est-ce que les rapports entre les deux partenaires étaient réellement équilibrés? Se poser ces questions est primordial pour pouvoir avancer, établir ce que l'on a perdu, mais aussi et surtout, ce que l'on a gagné.

  Il y a également des gens qui s'accusent de ne pas mériter l'amour qu'on leur porte. De ne pas mériter celui des gens qui le leur portent. Il m'est déjà arrivé d'entendre une enflure m'expliquer que j'étais trop bien pour lui. C'est si bon de pouvoir leur répondre: "eh bien oui, tu as raison, je suis trop bien, allez, dégage maintenant". Mais en fait, on se fait surtout lécher les bottes pour être plus facile à quitter ensuite. Enfin, non, il y a aussi des gens qui ont tellement peu confiance en eux qu'ils iront foutre en l'air une relation, qu'elle fonctionne ou non, parce qu'ils sont convaincus de ne pas la mériter.

 

  Je n'aime pas tellement cette idée de mérite. Je trouve qu'elle pose une conclusion trop simpliste sur la nature d'une relation et sur les gens que l'on a fréquenté. Elle nie la complexité de l'être humain, de sa psychologie et de ses sentiments. Elle entraîne, in fine, un jugement de valeur, sur soi et sur les autres, qui me paraît injuste, parce que chacun d'entre nous est capable de blesser quelqu'un un jour, soit sans s'en rendre compte, soit volontairement, mais en tout cas, parce que l'autre ne convenait pas à nos besoins et/ou que nous ne convenions pas aux siens.

  Je crois que le seul mérite qui puisse exister en amour est celui-ci: tout le monde mérite d'être bien traité. Tout le monde est en droit de souhaiter une relation épanouissante où règnent l'amour (c'est un peu la base, tout de même), la confiance, la prévenance, et la prise en compte des besoins de chaque partenaire de façon égale.

 

  Et je suis également persuadée que tout le monde est en droit de se détourner d'une relation qui ne correspond pas à ces critères, à moins qu'elle ne soit satisfaisante pour des raisons névrotiques obscures. Il me semble essentiel d'être capable de repérer une relation qui est toxique pour soi et d'avoir assez de respect pour soi-même pour trouver la force et le courage de dire stop avant d'avoir revu ses exigences à la baisse et accepté des choses qui ne se conforment pas à ce que l'on est capable de supporter sans que cela en diminue l'estime que l'on a pour soi-même.

 

  Je crois aussi que tout le monde a le droit d'être aimé et d'aimer, y compris quand il s'agit d'amour à sens unique. Je n'aime pas quand on me dit de ne plus aimer quelqu'un parce qu'il ne me mérite pas. Non, je refuse que l'amour devienne une récompense qu'on attribue à quelqu'un qui fait bien ses devoirs, comme quand je recevais des gommettes bleues à l'école quand j'avais 10/10.

  A mes yeux, l'amour se donne sans conditions. Quand on aime sincèrement quelqu'un, on admet aussi qu'il soit imparfait. Personne n'est parfait, et pourtant tout le monde aspire à être aimé malgré ses défauts, y compris moi. Alors quand on me dit de ne pas aimer untel parce qu'il est trop poilu ou pas assez courageux, je me rebiffe. Je ne vois pas pourquoi il devrait être exclu de l'amour plus qu'un autre, plus que moi, sous prétexte qu'il a des défauts. S'il n'y a pas des gens comme moi pour l'aimer, qui, alors? Faut-il le condamner automatiquement à la solitude? La seule question pertinente consiste à mon avis à se demander si ce sont des défauts que nous pouvons aimer ou non, si nous sommes en mesure de composer avec ceux-ci ou non.

 

  Le mérite ne peut pas être pour moi autre chose qu'une façon plus facile à appréhender de formuler les limites de ce l'on est capable d'accepter en amour, et ne peut jamais se transformer en jugement réel.

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 11:00

 

  Aaah, la séduction... quel sujet fascinant, vous ne trouvez pas? On se demande si on plaît, à quoi ça se voit... et puis on se demande aussi comment faire.

  Franchement, j'adore les sites web et les bouquins qui proposent de vous donner des techniques de drague (surtout pour les hommes, c'est drôle). Il y a un livre qui m'a marqué, tout simplement parce qu'il est mentionné dans Ally McBeal: All the Rules: time-tested secrets for capturing the heart of Mr. Right (non traduit en français, donc), et qui dicte des règles que les femmes doivent suivre pour ferrer l'Homme, le bon, ZE one. Ça reprend grosso modo les mêmes idées que tout ce que vous pourrez trouver.

  Je me suis toujours dis que c'était de la connerie, ces trucs, et puis je suis trop spontanée pour pouvoir m'y tenir à la lettre. Et pourtant, je dois admettre que quelquefois, ça marche plutôt pas mal.

 

  Par exemple, ZE règle number one: ne jamais être la première à le contacter. Il nous veut, c'est à lui de ramer. Nous, nous sommes le prix à gagner. Bon, je laisse de côté l'aspect "course qu'il faut remporter", mais je garde l'idée de laisser venir l'autre. Je l'ai déjà dit mais je le rappelle: les mecs ont tendance à croire que c'est du tout cuit pour trois fois rien, et ça m'exaspère. Appliquer cette règle permet de les calmer un peu.

  J'ai quand même réussi à avoir une relation avec un mec sans jamais le relancer pour le revoir, pendant un peu plus de deux mois.

 

  Une autre que j'aime bien aussi, c'est de jamais répondre tout de suite à ses messages et ses mails. Même si vous n'avez que ça à foutre et que vous les attendiez depuis trois jours. Pourquoi? Pour qu'il croit que vous n'avez pas que ça à foutre! Eh oui.

  D'ailleurs, c'est pareil pour accepter un rencard: il parait qu'il ne faut jamais accepter si la date est éloignée de moins de trois jours du moment où il vous est proposé. Ça donnerait encore une fois l'impression que vous n'avez que ça à foutre, et que vous n'attendiez que ça.

 

  Il y en a d'autres, mais ce sont celles que j'essaye d'appliquer de temps en temps, pas forcément parce que je suis convaincue que ça marche vraiment à tous les coups, mais surtout parce que ça me permet de canaliser mon impulsivité qui, en matière de drague, me fait souvent faire des trucs complètement débiles.

 

  Et vous, vous avez des petites règles que vous vous imposez comme ça?

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