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  • : Du cinéma, de la littérature, et un peu de féminisme au milieu.
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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 10:33

 

  Reparlons de ce genre très à la mode que j'ai évoqué l'autre jour avec vous : le blockbuster de science fiction/catastrophe/apocalyptique. C'est un genre que j'affectionne tout particulièrement : je n'en loupe presque aucun au cinéma, même si je sais d'avance que ça va être nul.

 

  Mais chaque fois que je vais au cinéma voir un film de ce genre, j'ai l'impression d'entrer dans un univers parallèle où les femmes existent si peu que leur présence nous étonne et nous émerveille à la fois.

  L'autre jour, je suis allée voir Pacific Rim, et comme à chaque fois, j'ai regardé combien de femmes il y avait dans la salle. Eh bien, j'ai été accueillie par une foule de regards masculins scrutateurs. Pas une femme. Heureusement, je n'étais que la première. Au début de la séance, nous étions huit. Même pas dix. Et malgré le fait que la salle n'était qu'à moitié pleine, c'était vraiment peu par rapport au nombre d'hommes. En plus de moi, seules deux autres femmes étaient venues sans être accompagnées d'au moins un homme, et elles étaient ensemble. Les films de SF, c'est un truc de mecs. Je défie les lois du genre en étant non seulement adepte de SF, mais spécialiste de formation, en plus (enfin, plus en littérature qu'en ciné, mais je me suis intéressée aux films aussi, le bouquin sur lequel portait mon mémoire ayant largement donné naissance aux zombies que nous connaissons aujourd'hui). Compter mes congénères en attendant le film, c'est un peu devenu un sport, un jeu, pour moi.

 

  Et puis le film a commencé, et j'ai regardé avec curiosité. Mais au bout de 15 minutes, j'ai fini par me dire : "bon, c'est très bien tout ça, mais elles sont où les femmes ?". Vous avez bien lu : pendant les 15 premières minutes, il n'y a pas de personnage féminin à l'écran (tout juste une journaliste à la télé qu'on aperçoit un quart de seconde, et quelques figurantes qui courent, mais ça ne compte pas vraiment comme des personnages, c'est juste de la déco). Quand enfin on nous a montré la paire de russes, incluant une femme, qui étaient pilotes d'un mecha, j'ai lâché un "ouf" hâtif. Ce personnage, on le voit deux ou trois fois à l'écran, une demi-seconde à chaque fois, et on l'entend dire une phrase (du genre "on est touchés, aaarrrgh").

  ENFIN, on a la japonaise (qui a grave la classe je trouve). C'est un personnage principal, donc c'est super, et on se fait pas trop le cliché de la bonnasse-badass. D'ailleurs, côté bonnasse, on repassera : elle est très belle, mais le film ne joue jamais la carte de l'actrice sexy. Elle est en combi tout le temps ou presque, ne prend pas de poses lascives à la con, et n'est jamais l'instigatrice ou l'objet de vannes graveleuses (vous notez que j'ai apprécié cet aspect). Malgré tout, elle demeure le seul personnage féminin du film. Et je pense qu'ils en ont fait une femme uniquement parce que sinon, le héros ne pouvait pas avoir son histoire d'amour à la fin (il en fallait bien une, mais dans un monde rempli de mecs, la seule possibilité aurait été l'homosexualité, et je doute de voir ça se produire dans un blockbuster avant encore un moment).

 

  Et au fond, dans les autres films, c'est pas bien mieux. Ils ont presque tous en commun la prédominance d'hommes, les femmes étant souvent reléguées aux rôles de mères, d'épouses, de filles et de soeurs. Par exemple, After Earth se concentre sur les relations entre un père et son fils (on ne voit donc qu'eux), mais la femme et la fille du personnage de Will Smith sont légèrement présentes (et la fille était une guerrière, mais elle est morte, donc bof). Dans Man of Steel, on a la môman dont on ne voit pratiquement que l'accouchement et la mort, la deuxième môman qui euh... ne fait rien, et puis Loïs, son amoureuse (heureusement qu'elle est journaliste, ça sauve un peu le truc). Et pléthore de mecs à côté, qui font toute l'action. Ah si y'a aussi une méchante dans Man of Steel (une femme forte, qui se bat, c'est trop evil). Dans le dernier Iron Man, je ne me souviens que de Pepper Pots, sorte de princesse à sauver des temps modernes. Et des hordes d'hommes forts qui se battent. Dans Oblivion, la roussasse reste au bureau à taper la discut' pendant que Tom Cruise fait tout le boulot dehors. Morgan Freeman a une armé de mecs, et la seule autre femme est la rescapée qui vit une belle histoire d'amour avec Tom.

 

  Je suis très niaise alors d'habitude, j'aime bien les histoires d'amour, mais juste une fois, j'aimerais bien qu'il n'y en ai pas. J'aimerais que les personnages féminins soient là pour eux-même, et pas pour qu'ils fournissent au(x) héros une vie de famille et/ou une vie amoureuse. Pis aussi, j'aimerais bien des moches. Les hommes moches peuvent sauver le monde, et les femmes belles peuvent sauver le monde, alors je pense que les femmes moches devraient aussi pouvoir sauver le monde. C'est pas comme si c'était leur beauté qui leur permettait de le faire non plus, on se bat avec une forme physique (non, mince et musclé ne signifie pas forcément beau) et éventuellement son intelligence (je dis éventuellement, parce que quand je vois Man of Steel...). Je veux des femmes moches qui ont des histoires d'amour, et des femmes belles qui n'en ont pas, et vice versa. De tout quoi. Mais déjà, qu'on sorte de l'entre-couilles flagrant des dernières créations hollywoodiennes... rien que ça, ce serait bien. Comme dans Cloud Atlas, tiens. Il était pas si mal, ce film, en fin de compte...

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 12:24

 

  Comme vous le savez, je passe beaucoup de temps au cinéma, et comme vous le savez aussi, j'attends toujours avec impatience le prochain grand film de science fiction, celui qui me ferait tomber le cul par terre d'admiration si je ne l'avais pas déjà posé sur un fauteuil aux suspensions fatiguées par d'autres fesses avant les miennes.

  Ce qui est a priori vachement bien pour moi, c'est que la SF est plutôt à la mode en ce moment : on avait Prometheus et Avengers l'an passé, et on a déjà eu Iron Man, Oblivion, After Earth, Cloud Atlas, Star Trek, Man of Steel et Pacific Rim cette année (et j'en ai peut-être oublié - tiens et je vais compter World War Z aussi, après tout, c'est plus post-apocalyptique façon SF que fantastique) (oui en tant que spécialiste du genre, mastérisée et tout, j'ai une vision très large de la SF et elle inclut pas mal de films catastrophe aussi - dès que ça se passe dans un futur plus ou moins proche et que ça a un côté apocalyptique, type 2012 - et les films de super-héros du moins tels que nous les concevons ces derniers temps). On en attend encore quelques uns, mais je commence à craindre le résultat, au vu de ce qui m'est déjà passé sous les yeux ces derniers temps.

  Oui vous avez bien lu : je crains, au lieu d'anticiper avec hâte comme je le fais d'habitude. Voyez-vous, j'ai été très déçue par ces films (même si certains sont meilleurs que d'autres). Et donc je vais vous dire pourquoi.

  Vous savez déjà (normalement) ce que je pense de Prometheus (cf mon article dessus) et de Cloud Atlas (là aussi vous pouvez savoir ce que j'en pense), mais je ne vous ai pas trop parlé des autres, lassitude et manque d'inspiration obligent.

 

  Eh bien voilà, moi, plus j'en vois, et plus j'ai envie qu'on vire tous ces scénaristes, parce que j'ai l'impression que c'est pas des scénaristes qui font le boulot. Non seulement les histoires innovent peu, mais en plus, elles sont totalement baclées, et il y a parfois tellement d'incohérences qu'on nage en plein délire.

  Au début ça m'énervait, maintenant ça me fait juste glousser nerveusement, un peu comme quelqu'un qui est en train de devenir fou. Si un jour vous allez voir un de ces films et que vous entendez une nana seule glousser en beuglant "mais bien-sûr !!", ne cherchez plus, c'est moi.

 

  Bref, passons aux exemples. Oblivion, tiens, c'est une perle en matière d'incohérences, mais comme les lister me prendrait toute la nuit, je vais juste vous dire la plus grosse, celle qui m'a fait hurler de rire à la fin.

 

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  Attention, Spoilers !

 

  Tom Cruise, amnésique après un lavage de cerveau, ramasse une bonne femme ayant survécu au crash de son vaisseau spatial mais ignorant tout des faits, pour cause de cryogénisation. Je vous la fait court, mais de péripéties en péripéties (je devrais dire de vacuité en vacuité, mais bon), Tom part à la recherche de la boite noire du vaisseau afin de découvrir ce qui a bien pu lui arriver. Une fois celle-ci retrouvée, Tom apprend qu'il était aussi sur ce vaisseau, mais pas cryogénisé : il était pilote, à l'avant, s'est fait aspirer par un vaisseau alien, et a largué ses petits copains cryogénisés dans la partie arrière du vaisseau avant d'entrer.

  Sa partie du vaisseau, l'avant donc, est aspiré par le vaisseau alien, et la partie arrière du vaisseau contenant les autres gens se crashe sur Terre. On est d'accord que pour retrouver la boite noire dans les restes du crash, il fallait qu'elle se soit trouvée à bord de la partie arrière du vaisseau, détachée de l'avant avant que Tom n'entre dans le vaisseau alien. Alors qu'on m'explique comment cette boite noire contient toute la conversation entre Tom et sa co-pilote restés à l'avant, après détachement de l'arrière du vaisseau et entrée dans le vaisseau alien. C'est une boite noire intelligente qui se téléporte toute seule ?

 

  Autre exemple : Man of Steel.

 

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  C'est un vrai petit bijou, j'ai rigolé tout du long... y'a des trucs géniaux dedans. Par exemple, le méchant nous explique que Superman s'étant habitué à l'atmosphère de la Terre, il est affaibli une fois capturé et à bord du vaisseau du méchant, mouhahaha. Mais c'est Superman, alors il arrive à s'échapper, et il traverse l'espace (sans atmosphère humaine) comme un rien pour aller sauver Loïs qui sest éjectée dans une capsule qui va s'écraser sur la Terre. Il a dû faire ça en apnée, sûrement.

  Avant ça, alors qu'il est captif sur ce vaisseau, son défunt papa Russel Crowe (qui a enregistré sa propre mémoire dans une clé usb) est connecté au mur de la cellule dans laquelle Loïs est enfermée (oui on donne des prises usb aux prisonniers chez les méchants) par cette dernière, à laquelle il apparaît alors pour lui expliquer comment les sortir de cette merde (ce serait cool si ma mémoire pouvait être sollicitée après ma mort pour faire des trucs dans le futur, comme ouvrir des portes sur un vaisseau alien). On rappelle, c'est juste sa mémoire qui est enregistrée, mais il est capable de discuter avec les gens, d'improviser avec leurs réactions et de voir tout ce qui se passe autour de sa forme d'hologramme. Moi je me suis juste dit : "mon brave Russel, avec tous ces pouvoirs que tu as conféré à ta mémoire, pourquoi te contentes-tu d'ouvrir des portes au lieu de péter leur gueule aux méchants tout de suite ?".

  Le film se compose aussi d'un certain nombre de flashbacks introspectifs très profonds sur les rapports de Superman avec son père adoptif, Kevin Costner. Pendant toute l'enfance de Clark, Kevin lui explique qu'avec ses pouvoirs, il est forcément destiné à de grandes choses, et qu'il est donc important qu'il réfléchisse bien à ce qu'il veut faire de son avenir. C'est pourquoi, dix ans plus tard, il se dispute avec fiston parce que ce dernier refuse de devenir fermier et de se planquer pour toujours au fond de la campagne américaine. C'est au terme de cette dispute que papa Costner décide de crever pour sauver un chien dans une tornade, alors que Clark aurait aussi pu le sauver et revenir sans que personne n'en souffre, tout ça pour être sûr que le pouvoir de son fils n'est pas découvert par les autres gens, abrités sous un pont non loin de là.

  Mais Clark n'est pas beaucoup plus intelligent que ses pères. Sa rencontre avec le fantôme-mémoire de Russel son vrai père est assez édifiante à ce sujet. Je vous retranscris ici, pour votre plus grand bonheur, la teneur de cette conversation.

 

"Bonjour, Kal.

- Oh, t'es qui toi ?

- Je suis ton père, Kal.

- Ah ok. Qu'est-ce que tu fous là ?

- J'ai enregistré ma mémoire dans une clé-usb pour que tu puisses me parler un jour.

- D'accord. Et Kal, c'est mon prénom ?"

 

On tient un grand gagnant. Inutile de vous dire que j'ai rigolé quand Clark a posé cette question, avec toute la naïveté du monde dans son regard.

 

  Un dernier exemple d'incohérence pour la route ?

 

  Zouh, direction Pacifim Rim !

 

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  Je ne vais pas m'attarder sur celui-là, pas juste par flemme et manque de place, mais aussi parce qu'il relevait bien le niveau... jusqu'à ce qu'on atteigne le dénouement, et là, badaboum, une bonne grosse incohérence qui gâche tout. N'oubliez pas que je spoile beaucoup dans cet article.

  Comme chez les américains, on résout tout à coup de bombes nucléaires, nos héros dans leur mecha à réacteur nucléaire (pour ceux qui savent pas, un mecha c'est un robot dans lequel on fout des humains pour le piloter) veulent passer par la faille ouverte par les aliens pour s'inviter chez nous, afin de faire péter le réacteur de la machine au beau milieu de leur portail et donc, de le détruire. Pour entrer, il s'avère qu'ils ont besoin de trimballer une carcasse d'alien afin que le portail l'identifie et le scanne (j'imagine que c'est une sorte de téléportation à identification individuelle - le portail ne se dit pas que c'est louche, un mort qui demande à ce qu'on lui ouvre la porte). Alors moi je m'interroge : comment nos deux gentils pilotes ont-ils réussi à retraverser le portail dans leurs capsules d'évacuation, sans cadavre avec eux, au moment où la bombe nucléaire improvisée pétait le-dit portail ? Mystère, Mystère.

 

 

  Bien, passons au reste de mes récriminations (oui, il y en a encore, c'est pour ça que je ne suis pas trop rentrée dans les détails). Outre les incohérences de plus en plus flagrantes que je rencontre dans ces films, leur côté spectaculaire me gêne aussi de plus en plus. Ok, je sais, avec ce genre de films, les jolis effets spéciaux sont un prérequis : il faut s'attendre à ce que des trucs volent, pètent, s'écrasent, etc, dans un grand fracas supposé nous clouer au siège d'émerveillement. J'y vais aussi pour ça - normalement. Je veux dire, j'aime aussi qu'un film soit joli, au point parfois que ça peut m'amener à pardonner sa nullité (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, par exemple). Et j'aime autant les destructions impressionnantes et les explosions tonitruantes que Roland Emmerich et Michael Bay. Mais là, je commence à faire une indigestion.

  Pour faire court : trop de trop tue le trop.

  Ils ne savent tellement plus quoi inventer pour nous en mettre plein la vue, pour dégainer du jamais-vu, que ça en devient une espèce de soupe indigeste qui vous laisse plus hagard et médusé qu'ébloui et enthousiaste. Par exemple, en regardant Pacific Rim, je me suis bidonnée en me disant "ah ben maintenant, on se tape dessus avec des bâteaux". J'attends d'un instant à l'autre le monstre embroché avec la tour Eiffel et le boeing qui se prend l'Empire State Building. Mieux, on pourrait faire de ce bâtiment un missile pour aller défoncer un énième vaisseau ennemi. On n'a qu'à demander à Iron Man d'aller l'amener là-haut. Comment, il a été traumatisé par sa dernière mission kamikaze dans un autre portail alien ? (Les portails aliens, y'a que ça de vrai). Merde... ben on n'a qu'à envoyer Superman, l'absence d'oxygène et les changements de pression et de températures, ça lui pose pas de problème à lui. Bientôt, le seul moyen de faire plus grandiose côté destructions massives requérant moults effets spéciaux (et en 3D pour accentuer l'impact, s'il-vous-plaît), ce sera de faire des batailles dans l'espace lors desquelles on s'enverra des planètes à la gueule... Non, vraiment, c'est risible tout ça.

 

  Mais au fond, j'en suis à un tel niveau de déception que j'en arrive à trouver génial un film qui se contente d'être à peu près cohérent, avec une histoire toute simple, type After Earth (avec son petit côté intimiste, au fond) ou Cloud Atlas et son message communiste simpliste (oui, je sais, la construction est complexe, mais franchement, l'histoire, les histoires, voyez ça comme vous voulez... c'est simple). Même le critiqué World War Z, je trouve qu'il s'en sort pas si mal. Il y a évidemment quelques raccourcis, quelques facilités scientifiques qui sont difficiles à gober, mais qui sont compréhensibles au vu des besoins de l'intrigue (je pense à Brad infecté de je ne sais quelle terrible maladie seulement depuis quelques minutes quand le zombie le sent - qu'il est infecté, je veux dire).

  Finalement, ce qui m'énerve le plus, c'est même pas les effets spéciaux grandiloquents et le scénario baclé, mais le fait qu'ils essaient de nous faire prendre de vessies pour des lanternes. A chaque fois, on nous annonce ces films comme des révolutions, qui vont bouleverser et le cinéma, et notre vision de la vie. On nous fait croire qu'on va voir un truc intelligent et chiadé (et là-dessus j'ai pas meilleur exemple que Man of Steel) alors que c'est juste un énième blockbuster qui tient même pas debout.

 

 

 

(Crédits : Allociné)

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 11:14

  Salut les lecteurs !

 

  Ca faisait longtemps que je vous avais pas parlé de ciné, hein ? Alors on va y remédier. Et en plus, cette fois je vous en fais deux pour le prix d'un ! Oui parce que je suis allée au ciné deux fois ce weekend, d'abord pour voir Cloud Atlas, fresque ambitieuse, et Warm Bodies, aux ambitions affichées de... version zombie de Twilight. Et contre toute attente, j'ai une plus haute opinion du second que du premier. Et les deux m'ont donné matière à réfléchir, alors je vais vous parler des deux.

 

  Commençons par Cloud Atlas.

 

 

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  Je vais pas vous refaire le synopsis mais je vous rappelle que le principe c'est de nous montrer plusieurs histoires en parallèle, qui se déroulent à des époques différentes et mettant en scène une sorte de continuité entre certains personnages (je suppose qu'on peut parler de réincarnation, même si les caractères peuvent varier légèrement pour certains - par exemple, deux Tom Hanks gentils et un méchant). C'est donc une sorte de puzzle, déroutant au début, puis qui commence à faire sens petit à petit, une fois que les morceaux se rassemblent. Beaucoup se plaignent de l'effort intellectuel à faire, alors au risque de passer pour une prétentieuse, je trouve que franchement, ça va. Oui, c'est sûr, c'est pas le scénario de Transformers. Mais bon, ça va, être attentif suffit, je pense, à comprendre, sinon les subtilités, au moins l'essentiel.

 

  Le but de cette grande fresque de presque 3h est de démontrer, à travers une multitude de destins croisés, ce qu'est la nature humaine. Le film repose sur deux grands thèmes de base. Le premier est que chaque rencontre - et certaines plus que d'autres - a une incidence sur notre trajectoire dans la vie. Ainsi, certains personnages se recroisent pour changer le monde à plusieurs époques différentes. Une idée sous-jacente à ce grand thème est que nos actes ont des conséquences sur les autres, un peu comme le coup du papillon. Autre idée qui va avec, c'est qu'à plusieurs, on fait des choses qu'on n'aurait pas pu faire seul.

  Le deuxième thème est qu'il y a, qu'il y aura toujours, une lutte sans merci entre les dominants, les grands de ce monde, et les dominés (les minorités opprimées quoi). Un propos un peu communiste donc, qui illustre la lutte des classe d'une manière peut-être un peu trop facile à mon goût (on pourrait presque voir ça comme un exercice didactique pour expliquer les concepts de prolétariat et de lutte des classe). Les dominants, bien-sûr, sont généralement des hommes blancs (même si éventuellement on leur bride un peu les yeux pour faire genre) assez méchants et cupides, et les dominés sont représentés par un éventail plus large de noirs, d'homos et de femmes. On leur fait même parfois cumuler (la femme asiatique, la femme noire). Tout ça, ce sont des codes faciles à percevoir et relativement pertinents étant donné le propos qu'ils cherchent à illustrer, et comme je suis convaincue que les rapports humains se résument, grosso modo, à savoir qui va dominer l'autre, j'ai plutôt adhéré à cette partie du discours.

 

  Avec ces deux thèmes, Cloud Atlas devait être pile poil fait pour moi. Il aurait dû me parler, m'illuminer, m'apporter réflexion et enrichissement personnel. Et d'une certaine manière j'ai été enchantée.

  Mais (oui il y a un mais), l'ampleur de la fresque et la complexité du montage ne masquent qu'à moitié le côté manichéen un peu trop facile à mon goût de l'ensemble. Je trouve dommage que tous les personnages de dominés soient foncièrement bons et que tous les dominants soient franchement puants (ah, le vilain grand patron d'entreprise !), parce que je pense que la vie, c'est un peu plus compliqué que ça.

  D'une part, il n'y a qu'un bourgeois de gauche pour croire au mythe du gentil prolétaire (enfin j'espère), parce que pour avoir grandi au milieu des paysans, je peux vous dire qu'ils ne sont pas forcément meilleurs que les autres en termes d'humanité, de moralité et d'altruisme. Donc je ne peux pas souscrire à leur schéma du gentil oppressé vs le méchant oppresseur.

  D'autre part, je crois plutôt, comme il est développé dans le film l'Etrange pouvoir de Norman, que j'ai vu cet été (et qui pour le coup me paraît moins superficiel dans son propos) que si les opprimés s'étaient retrouvés dans une position de dominants, la majorité d'entre eux auraient aussi opprimé les autres. En gros, selon qu'on est oppresseur ou opprimé, on trouve ça normal ou pas. Notre lutte contre les discriminations et l'injustice peut alors se retourner contre nous, et on peut finir par se retrouver à maltraiter ceux à qui on reprochait de maltraiter les autres, exactement de la même manière qu'eux. Comme l'a fait remarquer un de mes amis aujourd'hui d'ailleurs : "l'ennemi est con, il croit que c'est toi l'ennemi". Et c'est peut-être ça qui m'a manqué : un peu de relativité et d'humilité, afin d'éviter le manichéisme.

 

  Mais c'était bien quand même.


 

  Passons donc à Warm Bodies.

 

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  Pour faire court, c'est l'histoire d'un zombie qui tombe amoureux d'une nana qui est bien vivante. Cette histoire d'amour va permettre, non seulement au héros amoureux mais aussi à ses copains zombies, de renouer avec leur humanité perdue.

 

  Comme dans Cloud Atlas, l'influence que les rencontres ont sur nos vies est centrale. Dans un film comme dans l'autre, les rencontres sont porteuses de mouvements, de changements, d'accomplissements divers et variés. Le rapport à l'autre est indissociable de ce qui nous fait changer et/ou avancer.

  Mais là où Cloud Atlas se veut être une grande dissertation qui nous révèlera le sens profond de la vie humaine, Warm Bodies n'a que la prétention d'être une jolie histoire d'amour avec des zombies dedans, un peu à l'instar de ce que Twilight est aux vampires, avec plein de bons sentiments à la fin. Craignant le pire, mais rassurée par les bandes annonces, je ne savais pas trop à quoi m'en tenir, alors j'ai bougé mes fesses pour les poser au cinéma. Et finalement, je suis contente de l'avoir fait.

  Alors, oui, c'est tout chou tout niais, MAIS le film évite brillamment le pathos dégoulinant, la situation des personnages suffisant déjà amplement. Il y a quelques passages horribles (sur un plan psychologique surtout) mais ce n'est pas poussif. Evidemment, il y a un parallèle complètement abusé et pas du tout subtil avec le Roméo et Juliette de Shakespeare : entre les héros, Julie et R le zombie qui ne se souvient que de la première lettre de son prénom, et la merveilleuse scène du balcon, où je m'attendais vraiment à l'entendre pleurnicher "oooh, R, pourquoi es-tu R ?", il ya de quoi faire sourire. Heureusement c'est fait avec humour, et ils ont eu le bon goût de s'arrêter en chemin.

 

  Mais ce qui m'a vraiment plu, c'est que le traitement du sujet est à l'opposé de la vacuité de Twilight. Je ne dis pas que c'est une grande oeuvre de philosophie, loin de là, et le film assume sa légèreté, mais même si ça reste une jolie bluette pseudo-fantastique, c'est une jolie bluette pseudo-fantastique intelligente. Je dis intelligente dans le sens où pour une fois, mon plaisir n'a pas été gâché par tout un ramassis de clichés (contrairement à Cloud Atlas), ni sexistes, ni racistes. Il y en a pour les quotas, oui, mais point de meilleur ami noir qui meurt, point de vilain russe psychopathe, point de bonnasse-badass ni de grand héros. Enfin, si, le zombie est un héros, mais s'il sauve la vie de l'héroïne, elle, elle le ramène à la vie... alors j'ai envie de dire, 1 partout, la balle au centre. J'aime cette réciprocité, qui est d'ailleurs reproduite dans le rapport entre humains et zombies en général. Il y a aussi une petite scène au début qui se moque des personnages de bonnasse-badass en nous collant un ralenti ridicule sur l'héroïne (et complètement assumé), mais si elle est une femme "forte", elle est aussi fragile. Humaine, quoi. Et les personnages masculins sont pareils, avec leurs forces et leurs faiblesses, qui ont assez peu à voir avec ce qu'ils ont entre les jambes.

  Le propos du film est simple et basique, mais efficace : l'amour rassemble, l'amour apporte la réconciliation et la rédemption à celui qui y est disposé.

  Et puis, malgré le côté romantique qui va énerver certains puristes du genre qui voudraient que rien ne change jamais (personnellement, je trouve que ce qui est le plus intéressant dans la fiction de zombies et de vampires, c'est la façon dont elle évolue avec nos moeurs à nous, mais bon), il y a quelques apports à la figure du mort-vivant que j'ai trouvé fort à-propos. Les zombies qui ont atteint un point de non-retour dans leur déshumanisation, contrairement aux autres, ont perdu toute apparence individualisée. Ce sont tous les mêmes, des squelettes noirs et terrifiants, alors que les autres, s'ils sont complètement léthargiques, et sans aucun souvenir de leur vie passée, ont encore une apparence humaine, et parfois, des réflexes humains (comme reproduire les gestes de leur emploi passé). L'amour et la solidarité réveillent les souvenirs endormis de ces derniers, qui peu à peu, réapprennent à être humain. Mais c'est uniquement grâce à l'aide des vivants qu'ils parviennent à achever cette guérison. Autre chose, c'est que le héros nous explique pourquoi les zombies aiment manger des cerveaux : ils récupèrent les souvenirs de leurs victimes. C'est une sorte de drogue qui leur procure des sensations perdues. Je trouve - moi personnellement, vous êtes pas obligés d'être d'accord - que c'est une super idée d'expliquer ça comme ça.

   Cerise sur le gâteau, le personnage principal est attachant, drôle - surtout quand il ironise sur ses difficultés de zombie à séduire sans avoir l'air effrayant - et l'acteur qui l'incarne m'a vraiment épatée.

 

  Rien à voir, donc, avec Twilight, sa distribution sexiste des rôles, son vampire boule à facettes et son traitement superficiel des émotions humaines.

 

  Résultat de mon weekend ciné ? J'ai vu un film qui se veut pour gens intelligents, et un autre qui ne prétend que divertir, et finalement, j'ai trouvé le deuxième à la fois plus touchant et plus intelligent. En plus, il est plus court.


 

Crédits : Allociné

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 13:31

 

  La dernière fois je vous ai fait toute une analyse de Titanic, et puis je l'ai revu deux jours plus tard, et j'ai constaté que j'avais fait quelques erreurs. Mes souvenirs n'étaient pas très bons, mais ça ne change heureusement rien à mes conclusions et à ma théorie. Néanmoins, je préfère tout de même corriger ces erreurs, des fois que vous prendriez ma parole pour la vérité vraie du monde (on peut toujours rêver n'est-ce pas).

 

  Première chose, qui n'est pas tant une correction qu'une précision : je disais que dans la salle de sport, ce brave Jack expliquait à Rose qu'il ne voulait pas voir mourir cette étincelle qu'il voyait en elle. La formulation exacte est en réalité la suivante : "ce feu que j'aime en vous va mourir". Je pense que cette phrase parle d'elle-même, je n'ajouterai donc rien.

  En revanche, la suite de la conversation est intéressante, car Rose lui rétorque : "Ce n'est pas à vous de me sauver". Cette phrase illustre bien son besoin de reprendre possession de sa vie. Histoire de bien enfoncer le clou, celui-ci confirme : "Vous avez raison, vous seule pouvez le faire". Jack ne peut que la soutenir et l'encourager, par amour, mais il ne peut pas prendre les décisions pour elle, ni faire les choses à sa place (de toute façon, quand il essaie, elle s'y soustrait, comme quand elle se casse du canot dans lequel il l'avait mise). Et Rose ne peut mieux mettre cela en pratique qu'à la fin du naufrage, lorsqu'elle est livrée à elle-même sur sa planche, le cadavre de Jack à son bras, et qu'elle trouve un moyen d'attirer l'attention des secours. Pour pouvoir le faire, elle doit atteindre un staffmember mort flottant non loin de là, afin d'utiliser son sifflet. Mais elle ne peut pas quitter la planche (qui est en fait une porte), car la raideur cadavérique de la main de Jack emprisonne la sienne. Un geste brusque mais nécessaire lui permettra de se libérer de cette emprise qui aurait pu s'avérer fatale si la niaiserie avait pris le dessus sur son instinct de survie.

 

  Je passe donc aux corrections proprement dites.

  Dans la scène où sa mère lace son corset, aucune observation n'est faite quand à cette activité, contrairement à ce que je croyais, mais Rose fait quand même bien la grimace à chaque fois que sa mère serre violemment, donc cette petite erreur n'enlève rien à l'interprétation que j'avais faite de cette scène.

  Enfin, ce n'est pas Rose qui déclare à Jack qu'elle souhaiterait apprendre à monter à cheval comme un homme, c'est lui qui le lui suggère, après qu'elle lui ai raconté avoir envie de partir à l'aventure et de ne pas savoir de quoi le lendemain sera fait. C'est bien elle qui parle de crachat par contre, suite aux suggestions de Jack, emportée par son enthousiasme.

 

  Et sinon, maintenant que je l'ai revu pour la troisième fois cette année (et en 3D sur ma télé, trop classe), je peux vous assurer encore une fois que vraiment, j'adore la tronche appliquée de Kate Winslet quand elle apprend à cracher.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 11:06

 

  Vous vous souvenez de cet article que j'avais fait pour vous dire pourquoi j'aimais Titanic ?

 

  Eh bien je vais en refaire un sur ce film, parce qu'en fait, il m'a ouvert les yeux, et en y repensant récemment (quand je l'ai revu, donc), je me suis mise à réfléchir sur le pourquoi du comment.

 

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  Je vous disais donc mon amour pour Kate Winslet, sous son chapeau, et en fait, c'est vraiment ça qui m'a le plus attirée dans le film : le personnage de Rose. Je ne voyais qu'elle, et encore aujourd'hui, je ne vois qu'elle.

  J'ai vu cette année une vidéo féministe sur les femmes au cinéma, et la personne qui s'exprimait (qui disait des choses très intéressantes par ailleurs) a dit que Titanic était raconté d'un point de vu masculin, ce que j'ai trouvé tout à fait faux. Alors, oui, le réalisateur est un homme, soit, ça n'empêche pas d'écrire des rôles pour le sexe féminin (sinon il ne pourrait écrire des histoires qu'avec des personnages masculins), d'ailleurs il y a bien des femmes qui font l'inverse et je ne vois pas pourquoi elles ne pourraient pas le faire, et de toute façon je pense que Cameron n'est de loin pas le pire en termes de représentation de la femme dans ses films (allez donc regarder un Kubrick). Au contraire, je trouve sa Rose très libératrice pour les femmes. En tout cas, elle l'a été pour l'adolescente soumise que j'étais.

  Car c'est bien Rose qui raconte l'histoire, et non Jack comme on se l'imagine parfois, encore frappés par sa mort que beaucoup disent inutile (mais je vous dirai après pourquoi je pense, au contraire, qu'elle était nécessaire). C'est Rose qui raconte sa vie, avec un regard rétrospectif, dans une mise en abîme amenée par la découverte du diamant qu'elle portait lorsque ce brave Jack l'a dessinée nue. C'est cette petite vieille branlante qui coupe le sifflet aux idiots de chercheurs de trésors (mâles) pour leur dire d'une voix autoritaire : "vous voulez l'entendre cette histoire, oui ou non ?".

 

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   Et elle ne prend jamais le ton distingué d'une femme qui sait où est sa place. On se souvient de cette scène, après qu'elle ait raconté comment Jack l'a dessinée, où les hommes sont gênés parce qu'ils ont envie de savoir s'il y a eu séance de gymnastique ensuite ou non, et n'osent pas le demander, alors qu'elle ose leur poser la question : "vous voulez savoir si on l'a fait ? Non". Ce n'est pas une femme qui n'ose pas parler de sexe, parce que ça ne se fait pas quand on est une femme.

  D'ailleurs, quand il s'agit de sexe, on ne peut pas dire que la Rose soit d'un tempérament de vierge effarouchée. Rappelez-vous que c'est elle qui demande à Jack de la dessiner ("wearing only this", dit-elle en désignant le diamant), le mettant fort mal à l'aise, et que c'est encore elle qui lui demande de poser ses mains sur elle dans la voiture... vous savez quand.

 

  Pourtant, Rose a été élevée en fille de bonne famille, et se comporte bien comme telle au début du film (malgré quelques impertinences fort bienvenues, comme lorsqu'elle demande à Ismay s'il a entendu parler de Freud, au moment où il se vante de la taille de son bateau). Mais elle le dit elle-même : à l'extérieur, elle était tout ce qu'une fille bien élevée doit être, mais "à l'intérieur, je hurlais", trahissant ainsi ce sentiment d'enfermement, dont la scène du corset avec sa mère se fait écho. Tout en resserrant le corset, carcan physique dans lequel Rose est contrainte de se contenir (elle se plaint, d'ailleurs, qu'il soit trop serré - ou alors sa mère lui reproche qu'il ne l'est pas assez, je ne sais plus), sa mère la rappelle à l'ordre pour qu'elle se conforme à ses attentes en épousant un homme riche afin de subvenir aux besoin de sa famille. Rose proteste que cela est injuste, et sa mère lui répond quelque chose qui m'a marquée à l'époque : "bien-sûr que c'est injuste, nous sommes des femmes".

  Mais contrairement à sa mère, qui baisse les bras dans sa lucidité, Rose n'a pas envie de se contenter de subir cette injustice. Et pour s'en libérer, elle aura recours à la transgression, qui prend plusieurs formes tout au long du film (et que je vous laisse repérer par vous-même, parce que si j'en faisais l'inventaire, ce serait trop long), mais dont la plus significative est, bien-sûr, sa relation amoureuse avec un homme d'une classe nettement inférieure à la sienne. Elle rêvait déjà de transgression avant sa rencontre avec Jack, comme en témoigne sa conversation avec lui sur le pont, quand elle lui dit qu'elle souhaiterait voyager, apprendre à monter à cheval "comme un homme"  et à cracher (summum de l'attribut masculin). Jack la prenant au mot, il enseigne tout de suite l'art du crachat à son élève appliquée. C'est là que sa relation avec Jack prend tout son sens : Jack est une sorte de levier permettant cette rébellion. Il l'initie à ces choses qui d'ordinaire lui sont interdites parce qu'elle est une femme et parce qu'elle est d'une classe aisée. Il l'emmène danser avec les autres, là où les différences de sexe sont abolies. Il est intéressant de faire un parallèle entre les deux scènes de "fête" chez les riches et chez les pauvres. Les riches, une fois le repas fini, se séparent : les hommes vont faire leurs trucs d'hommes avec un bon brandy. En bas, on s'amuse ensemble, les activités sont décloisonnées. Je n'adhère pas forcément à l'idée que le féminisme soit lié aux classes sociales, mais ce parallèle est là. D'ailleurs, Jack lui rappelle qu'il n'a pas les moyens pour subvenir à ses besoins, mais au fond, ce n'est pas ce qui compte. Rose a bien l'intention de se débrouiller elle-même.

 

  Il y a aussi un lien assez frappant entre sa situation sociale et la mort. Rose, se sentant prise au piège, se précipite à l'arrière du navire pour se jeter à l'eau et mettre fin à une vie qui n'en est pas une, le suicide étant la seule forme de libération qu'elle soit capable d'imaginer à ce moment-là. Jack lui sauve la vie, pas parce qu'il est un homme, mais parce qu'il est à l'écoute. Il est curieux de ce qui lui arrive, de connaître la personne qu'elle est. Rose, donc, revient sur le bateau, mais finit par le rejeter plus tard lorsqu'il la prend à part dans la salle de sport. C'est là qu'il lui explique qu'il ne veut pas voir disparaître l'étincelle qu'il a vue en elle : l'étincelle de vie qui cherche à s'épanouir. Rester une fille à maman pour devenir une femme soumise, ce serait comme mourir. Et Jack, du début à la fin, va tout faire pour qu'elle vive, pour encourager cette étincelle d'indépendance à se battre et à se faire une place parmi les vivants, ceux qui s'épanouissent, comme un jardinier prendrait soin d'une fleur jusqu'à ce qu'elle puisse enfin éclore. Rose subissait sa situation de soumise, comme les passagers subissent leur mort.

  Mais en suivant Jack et la voie de l'émancipation sociale, elle s'affranchit de ses chaînes, et peut donc vivre cette vie dont elle a rêvé : elle ne pouvait que survivre au naufrage, tandis que le monde auquel elle appartenait autrefois sombre avec le paquebot, et ce qu'il représente d'arrogance et de fierté masculine déplacée. C'est un moment opportun pour parler d'un autre personnage féminin très fort qui fait une sorte d'écho à Rose : Molly Brown.

 

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   Elle incarne une nouvelle Amérique, celle des nouveaux riches, ces gens qui se sont faits eux-mêmes, à partir de rien, comme Rose le fera plus tard dans sa vie. Rose et Molly appartiennent à l'avenir : elles s'approprient le rêve américain en tant que femmes, chacune à sa manière. De leur côté, presque tous les personnages masculins dominants, associés au paquebot de manière étroite, sont voués à mourir tôt ou tard : le capitaine, le second et même le gentil Mr Andrews ayant participé à la conception du bateau, meurent à bord, tandis que l'horripilant Cal, ayant les yeux plus gros que la tête et illustrant à ce titre la folie ayant donné naissance à la tragédie du Titanic de la façon la plus évidente, finit par se suicider après avoir tout perdu dans le krach boursier quelques années plus tard.

 

  Jack non plus ne pouvait pas accompagner Rose plus loin. En effet, s'il avait survécu, Rose n'aurait pas pu être totalement indépendante. Une fois libre, Rose n'a pas besoin de lui, comme en témoignent ces photos qui montrent, à la fin, toutes les choses qu'elle a réalisées, seule, comme elle en avait toujours rêvé. Jack, comme je l'ai dit, est son escabeau, son escalier, son échelle : il est l'élément déclencheur d'un mouvement de libération qui ne peut être complet que si elle termine le travail seule, sans quoi elle resterait dépendante d'un homme, mais d'une autre manière.

  Lorsqu'à la fin du film, la vieille dame rejette à la mer le diamant, dernier témoin de son oppression, c'est une réaction très logique et une fin éloquente.


 

Crédits : Allociné

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 20:35

 

  Bonjour bonjour !

 

  Aujourd'hui, je suis allée au cinéma, voir les nouveaux exploits de l'homme-araignée.

  Ce film m'a fait réfléchir.

  Déjà, il m'a fait penser que j'en ai marre de ces branleurs de français qui disent "spidère" et pas "spaïdeur" parce que si ça se prononçait comme ça, ça serait écrit "speeder", et ça aurait, par conséquent, un sens tout à fait différent. Dites, les gens, si vous voulez à tout prix franciser son nom... appelez le l'Homme-Araignée. Merci. Je veux dire, Iron Man, vous dites bien "aïron", non ? Alors pourquoi faire subir ça à ce pauvre Peter Parker ? Qu'est-ce qu'il vous a fait ? C'est parce que vous aimez pas les araignées ?

  D'ailleurs, ça me fait penser que j'ai bloqué sur le générique. Oui parce que moi, bêta comme je suis, je me suis juste dit, "trop coule, je vais au cinéma, ça va être bien, effets spéciaux, beau gosse dans un costume moulant sexy, toussa toussa". Mais j'avais pas pensé qu'il y aurait aussi des araignées. J'ai donc été servie en araignées dès le générique, et c'est au moment où j'ai eu envie de protester en pleurant contre l'abruti qui m'infligeait ça, que j'ai réalisé qu'il fallait s'y attendre quand on va voir un film avec pour héros un mec qui a de l'ADN d'araignée dans le corps.

 

  Mais sinon, c'est vrai qu'il est sexy, le nouveau Peter.

 

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  Au moment où le reboot a été annoncé, les fans se sont inquiétés et encore maintenant, on peut se demander quel était l'intérêt de recommencer depuis le début. La partie dans laquelle Spidey découvrait sa transformation était très réussie dans le premier film de Sam Raimi, je la trouvais même assez drôle, et donc je me demandais comment ils auraient pu faire ça d'une manière assez radicalement différente pour que ce soit intéressant. Sans que la chose me paraisse transcendante, ils s'en sortent la tête haute. 

  On ne peut pas vraiment dire que ce film apporte beaucoup de choses à ce héros. Le scénario n'est pas époustouflant sans être dramatiquement mauvais, c'est bien filmé sans surpasser particulièrement les précédents, le méchant fait un peu peine (mais moi les méchants de films de super-héros me font toujours de la peine - sauf le Joker). Les idées, la morale de fond, ne varient pas tant que ça. On retrouve le même thème central sur l'importance de prendre ses responsabilités par rapport aux autres, sur lesquels nos actes ont toujours un impact. J'aime bien cette idée comme quoi on est responsable des conséquences de nos actes sur les autres, et c'est pourquoi j'ai toujours apprécié ce héros, malgré mon arachnophobie exacerbée. Je suis contente qu'elle soit toujours là, et qu'elle soit l'objet d'une certaine insistance et d'une construction scénaristique intelligente, mais dans le fond, ce n'est pas une nouveauté.

  Pourtant, je crois bien que je préfère ce Spider-Man là. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

 

  Pour commencer, j'avais envie de réfléchir à cette question parce que pendant le film lui-même, je me suis surprise à me dire que j'avais envie de savoir la suite, et que je voulais pas que ça s'arrête. C'est plutôt bon signe, et ça ne m'arrive pas si souvent.

  J'adore l'aspect visuel du film. Vraiment. Je l'ai pas vu en 3D donc je ne peux pas vous dire ce qu'elle vaut (pour tout vous dire, je n'y tenais pas), mais je l'ai trouvé très beau en 2D. C'est peut-être bête mais je suis assez sensible à l'image et aux couleurs. Le costume de Spider-Man, pour rester dans les choses qui accrochent l'oeil, me plaît vraiment beaucoup. J'ai retrouvé le souvenir que j'avais de ce héros quand je regardais la série animée, petite. A ce sujet, je crois même que je préfère Andrew Garfield à son prédécesseur (et pourtant, c'était pas gagné). Sa silhouette longiligne, élancée, et la souplesse du personnage lors des séquences où il se déplace tel une araignée, collent parfaitement au Spider-Man que je connaissais.

 

  En ce qui concerne les personnages, d'ailleurs, Garfield nous livre un Peter Parker plus sexy que le précédent (mention spéciale à ses fesses divinement moulées par son costume...), et beaucoup plus taquin. Il nargue les petits voyous qu'il neutralise, et c'est assez drôle. Ce côté facétieux du personnage m'avait manqué dans les films de Raimi, et je suis heureuse de retrouver ce trait de caractère qui me plaisait tellement dans le héros de mon enfance.

  Je suis aussi très heureuse du choix de sa petite-amie. Je vais être franche : je n'ai jamais aimé Mary-Jane, d'aussi loin que je me souvienne. La trilogie de Sam Raimi m'avait donné l'occasion de me réconcilier un peu avec son personnage (mais juste dans le premier, après elle redevient chiante), mais au fond, je l'ai toujours trouvée un peu superficielle et elle me brisait les ovaires dans la séries animée. Je comprenais jamais pourquoi Peter s'acharnait tellement à lui courir après. Gwen, au contraire, c'est une femme brillante, intelligente, perspicace... incarnée par une actrice que j'aime bien, en plus... et c'est parfait comme ça. Merci, Marc Webb.

 

  Il y a quand même un truc qui m'a fait tiquer dans cette version.

  Un truc qui a fait tiquer la féministe en moi.

  Les personnages féminins sont géniaux, et on les retrouve coincées dans des rôles de faibles créatures qui ont besoin de la protection masculine, ne serait-ce que pour récupérer des oeufs. En effet, les personnages masculins principaux du côté des gentils se retrouvent tous, à un moment donné, à les protéger sans leur demander leur avis. Il va sans dire que cette protection consiste essentiellement à les écarter de l'action. Ainsi, l'oncle de Peter n'écoute même pas tante May quand elle commence à lui expliquer qu'elle est assez grande pour rentrer seule chez elle le soir. Non, il fallait la protéger, c'est inadmissible. Comment Peter, cet inconscient, a-t-il osé mettre ainsi en danger sa tante, la forçant à se promener seule dans la rue ?

  De même, le père de Gwen décide pour elle que c'est lui qui va aller aider Spidey (même si au fond, sans elle, ils n'y seraient jamais arrivés, parce que le cerveau... bah, c'est elle, quoi), pour qu'elle puisse sagement rentrer à la maison, à l'abri.

  Comme si les femmes n'avaient pas leur mot à dire sur les risques qu'elles sont prêtes à encourir pour sauver les autres, ou sur un plan nettement plus basique, comme si leur propre sécurité ne les concernait pas assez pour qu'elles y réfléchissent elles-mêmes.

  Ce qui me rassure un peu, c'est que tante May proteste au lieu de se plaindre que Peter ne l'a pas protégée, et que Gwen n'a pas l'air ravie que son père l'écarte de l'action à base de "je suis l'homme de la famille, c'est moi qui doit y aller". Du coup, je me demande si ce sexisme est aussi celui des scénaristes, ou s'il est simplement attribué aux personnages masculins, pour qu'on puisse nous montrer, par la suite, les femmes qui se rebellent contre cet ordre des choses. En ce qui me concerne, je trouve que Gwen a la personnalité idéale pour incarner une présence féministe dans la suite de l'histoire, et j'espère bien que ce sera le cas.

 

  J'ai donc hâte de voir la suite.

 

 

Crédits : Allociné

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 11:00

 

  Lecteurs, lectrices, je suis perplexe.

  L'autre jour, je suis allée voir Prometheus. Ça doit faire plus d'un an que j'attends ce projet avec impatience, et plus j'en avais de nouvelles, plus je trépignais. De la SF, par Ridley Scott, avec Michael Fassbender dedans...  Coooool, enfin un film de science fiction d'envergure, que je me disais !

 

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  Mais en fait, non.

  Quand je suis arrivée, on m'a dit "ouais, j'ai pas lu de bonnes critiques", mais comme moi et les critiques, on est pas très copains, j'en ai fait fi. De toute façon, je suis très bon public, surtout quand il s'agit de science fiction. Et puis le film a commencé, et je me suis dit : "ça va être bien !". J'ai attendu un peu, et je me suis dit "ça va être mieux après !". Et quand ça s'est fini, je me suis demandé pourquoi j'avais l'impression d'être un affamé à qui on donne une feuille de salade.

 

  Ce film, c'est du foutage de gueule.

 

  Et c'est d'autant plus rageant qu'il avait vraiment du potentiel. Y'a plein de bonnes idées qui se baladent d'un bout à l'autre, mais voilà, les scénaristes ont eu la flemme de les exploiter. Du coup, ça ressemble juste à un inventaire de conventions et de thèmes typiques de la science fiction, sans que qui que ce soit ne pense jamais à les exploiter. Bref, ils ont oublié de faire le truc essentiel qu'un jour, ma directrice de recherche m'a dit de faire : conceptualiser.

 

  Je vais maintenant vous faire part des "grands moments" qui m'ont marquée dans ce film, donc pour ceux qui veulent pas se spoiler, lisez pas, mais vous inquiétez pas, promis, je dévoilerai pas l'intrigue (kof kof... comme s'il y en avait une...).

 

  Ça commence bien, très bien, avec de belles images et une mystérieuse découverte. Ils ont même réussi à tourner sur l'île de Skye le seul jour de l'année où il ne pleut pas, ce qui doit être à peu près le seul exploit du film. On nous envoie de braves archéologues et une tripotée de scientifiques dans l'espace pour aller explorer la piste que cette découverte leur donne sur les origines de l'espèce humaine.

  Au début, on ne voit pourtant qu'un blond qui se balade de manière un peu raide dans le vaisseau. Ça, c'est pour que les neuneus comprennent tout de suite que c'est un robot, mais on remarque que sa démarche est de plus en plus fluide au fur et à mesure du film. Le robot, il est un peu bizarre : il regarde des films, fait du vélo, joue au basket, et espionne de temps en temps les rêves des passagers, vu qu'il a rien d'autre à foutre.  Alors là, logiquement, tu te dis que c'est trop cool, tu vas voir le thème de l'androïde qui veut devenir humain, comme dans l'homme bicentenaire, et comme tu adores Asimov, t'es sur le point de pisser dans ta culotte de jubilation. Mais en fait, non, il ne va pas se passer grand chose d'extraordinaire avec lui. Déjà, tu te demandes pourquoi il se teint les cheveux en blond. Ou plutôt, les racines, ce qui signifie qu'ils poussent, et là, on se demande comment c'est possible. Mais bon, ok, on va dire que ça fait partie du super thème du robot qui veut devenir humain.

  Comme ils arrivent enfin à destination, le vaisseau ralentit, et penche vers l'avant (??) ce qui fait valser les meubles un peu partout (??). Bon, euh, c'est pas le Titanic, hein, et on est dans l'espace... réveille toi, Ridley ! Le robot péroxydé réveille tout son petit monde, et une Charlize Theron en militaire castratrice débarque pour expliquer aux gens que c'est elle qui commande. Ensuite elle demande aux archéologues d'expliquer leur découverte. Pour ce faire, l'archéologue mâle se fout au milieu de la pièce, et... pose un rubik's cube gris par terre. Ah. Il appuie sur certains carrés, qui s'illuminent, et là, paf ! Ça projette un hologramme aussi grand que la pièce. Ok. Les rubik's cube ont beaucoup évolué en 80 ans, dites donc.

  Sur le coup, j'ai gloussé comme une dinde, mais que voulez-vous, j'ai été tellement désarçonnée...

 

  Je me suis reprise en me disant que ça n'empêchait pas forcément que le film soit bien. Donc j'ai regardé nos scientifiques se promener dans une grotte et mourir les uns après les autres sans jamais utiliser une seule fois leurs compétences professionnelles. Ils auraient pu envoyer des caissiers de chez Match là bas qu'ils auraient pas été moins efficaces. Chose remarquable cependant : les quotas (donc le black et le chinois) sont pratiquement les derniers à mourir. Eux, ils servent jamais, mais alors jamais à rien. Déjà, le chinois, il fait jamais de blagues, il dit trois lignes dans tout le film, et puis... il fait vraiment jamais rien. Je veux dire, il se promène même pas trop avec les autres. Des fois, on voit sa tête sur un plan, et c'est tout. Pourquoi est-il là ? Mystère, mystère.

  Le black, lui, il débarque en disant qu'il est le capitaine et que donc, lui, il pilote, et rien d'autre. Au moins, il annonce la couleur, mais avec une vue aussi mauvaise, je me demande comment il a eu son brevet de pilote. Tous ses petits amis en promenade ont des caméras fixées à leurs combinaisons (qui doivent être chauffantes d'ailleurs, vu que personne ne tremblote à - 25 °C), mais quand il leur arrive quelque chose, au lieu de regarder sur son écran énorme qui rempli la moitié de la pièce, pour voir la même chose qu'eux, il braille comme un con "qu'est ce qui se passe ? ". Mais regarde devant toi, abruti. Ça sert à quoi de tout filmer sinon ?!

 

  Non seulement Ridley ne tue pas les quotas tout de suite, mais en plus, il zigouille les héros avant qu'ils aient eu le temps de faire quoi que ce soit qui explique pourquoi ils sont les héros. Le robot décide, comme ça, sur un coup de tête, que ça serait vachement marrant d'infecter l'archéologue mâle, qui avait envie de se bourrer la gueule au billard parce qu'au bout de 3h sur cette planète, il n'avait pas encore eu les réponses qu'il cherchait (mec, t'as voyagé pendant plusieurs années, un peu de patience...). "Tiens, et si je lui faisais boire de ce liquide noir qui bouge tout seul qu'on a trouvé dans la grotte ? Ça serait marrant si ça pouvait être dangereux", qu'il doit se dire. Ce à quoi j'ai envie de lui dire : franchement, ces guignols ont pas besoin de tes pitreries pour se mettre en danger. Ils partent en expédition juste avant la nuit, enlèvent leurs casques au bout de dix minutes, et se séparent rapidement parce que rester groupés dans un endroit potentiellement hostile, pourquoi faire ?

  Bref. Au moment où tu vois l'asticot remuer dans l'oeil de ce brave garçon qui se regarde dans le miroir, tu te mets de nouveau à trépigner parce que t'as toujours pas perdu espoir à ce moment-là, tu crois encore qu'il va finir par se passer des trucs extraordinaires. Mais en fait, non. Il se fait brûler vif par Charlize avant même d'avoir achevé sa transformation.

  D'ailleurs, pourquoi la transformation est pas pareille pour tout le monde ? Pourquoi certains mutent, et d'autres meurent avant de revenir en zombies ? Encore un mystère irrésolu.

 

  Non, mais ça encore, c'est rien. Le grand moment du film, c'est juste après, quand cette brave - et malheureusement stérile d'archéologue femme - Noomi Rapace, dont tu te dis des fois qu'elle est belle, et que t'as envie de taper d'autres fois - apprend (par le robot - il est partout, et pourtant, on s'en sert jamais, que c'est frustrant...) qu'elle est enceinte de trois mois. Vu que son bide est toujours aussi rachitiquement plat, je comprends qu'elle s'insurge "mais c'est pas possiiiible". Je veux dire, même en supputant que la gestation d'un extraterrestre prenne beaucoup moins de temps, il faut quand même le caser dans le bidou, le truc de trois mois, et ça se voit, en général. Surtout vu la taille qu'il fait.

  Ce qui est bien, c'est que Ridley tue le suspense. Au lieu de nous faire attendre une demi-heure le moment crucial ou la bête va sortir et mettre en péril le vaisseau, il décide de tout de suite détruire la menace qu'il a introduite si subtilement dans son film (oui je vous rappelle : chéri infecté - baise avec chéri - chéri brûlé vif - bébé de trois mois - et tout ça en 15 minutes de film). Elle ne veut pas du gosse, pas possible (alors que juste avant elle pleurnichait de pas pouvoir en avoir) alors elle se découpe le bide elle-même, en étant consciente.

  Parce que oui, elle arrive à rester conscience, à souffrir, et à rester maîtresse de ses gestes, malgré les trois ou quatre énormes seringues d'anesthésiant qu'elle se plante un peu partout dans le corps, histoire de faire genre, et l'énorme trou qu'elle se fait elle-même dans le ventre. Quand on voit la taille du poulpe qui lui sort du bide (oui, un poulpe, Noomi Rapace accouche d'un poulpe qu'elle a conçu avec un mec qui se transformait vraisemblablement en quelque chose qui n'a pas grand chose d'un poulpe), on se demande où ils l'ont caché. Je veux dire, il est plus gros que le ventre de l'actrice, et on voit même pas une bosse.

  Non seulement elle parvient à se le sortir du bide toute seule, mais en plus, elle repart en courant partout dans le vaisseau, une minute plus tard. Même en s'arrêtant deux ou trois fois pour faire "beuaaargh" en se tenant le ventre, c'est pas crédible.

  Et donc, comme je disais, Ridley est devenu allergique au suspense et aux thèmes qu'on exploite jusqu'au bout. Donc le bébé mi-humain, mi-goutte noire, mi-poulpe, on ne le revoit plus qu'une fois, à la fin du film - pour le voir mourir tout seul. Bon, enfin, si, sa mort débouche sur un truc qui fait le lien avec la saga Alien (le seul intérêt du film, peut-être ?), mais c'est tout.

 

  Voilà, j'ai essayé de suivre à peu près le déroulement des événements, sans raconter vraiment l'histoire, mais y'a encore deux ou trois trucs qui m'ont choquée.

  La première, c'est le manque de consistance des personnages. Soit ils sont tous cyclothymiques, soit les scénaristes n'ont aucune once de psychologie. Ils oscillent entre la joyeuse niaiserie et le désespoir colérique d'une seconde à l'autre, et sont tantôt chaleureux, tantôt froids et distants. Même le robot est cyclothymique. Des fois, il fait des trucs tordus, genre, ramener des substances dangereuses dans le vaisseau et infecter l'équipage avec, et d'autres fois, il est tout gentil et essaie de sauver les gens. Je comprends pas. Je comprends vraiment pas ce qu'il fout là, ce qu'il veut, pourquoi il fait ce qu'il fait. Ça paraît tellement aléatoire...

  Deuxième chose qui me surprend toujours, quel que soit le film : les gens, quand ils courent pour pas se faire écrabouiller par un truc cylindrique qui roule derrière eux, ils pensent jamais qu'en partant sur les côtés, pour sortir de sa trajectoire, ça serait plus malin. Alors forcément, ils meurent écrasés. Mais là, le pire, c'est que Noomi se casse la gueule, et à ce moment fatidique, ses neurones se connectent enfin : elle roule sur le côté, et est épargnée. Heureusement qu'elle s'est cassé la gueule, parce que si elle avait continué à courir, elle serait morte.

  La troisième, c'est qu'on nous case une merveilleuse intrigue parentale, qui est avortée tout de suite : le vieux qui a financé l'expédition s'avère être le papounet de Charlize, mais une fois qu'on nous l'a appris, on ne s'en sert plus du tout. D'ailleurs, Charlize se tape aussi le capitaine black, mais le reste du film se déroule comme s'il n'y avait pas eu la moindre relation entre eux. Vraiment déroutant, ces relations qui n'aboutissent à rien.

 

  Vous l'aurez donc compris : Prometheus, c'est n'importe quoi.

 

Crédits : Allociné

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 11:00

 

  Séquence ciné !

 

  Un jour, Madonna a décidé de faire un film. Et tout le monde s'est mis à craindre une ignoble bouse.

  Si ce n'est pas le film de l'année, j'ai tout de même été curieuse d'aller voir ce fameux W.E. , non pas parce qu'il a été réalisé par Madonna (qui aurait pu faire nettement pire, qu'on se le dise), mais parce que le sujet en lui-même m'intéressait.

 

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  Le scénario se compose d'un chassé-croisé entre deux histoires : la vraie, celle de l'histoire d'amour entre Wallis Simpson et le roi Edouard VIII, et la fiction, celle d'une femme minée par un mariage malheureux, et qui porte le même prénom que l'américaine la plus détestée de toute l'histoire du Royaume-Uni. Le film se concentre sur les deux femmes et instaure un dialogue entre elles.

  La première a vécu une histoire d'amour incroyable, qui paraît trop belle pour être vraie, et pourtant, elle a réellement existé. Un roi a réellement abdiqué pour pouvoir épouser la femme qu'il aimait, avant de devoir s'exiler avec elle. Sur le papier, c'est très beau.

  Mais voilà, la deuxième, elle, a envie de connaître la véritable histoire derrière le conte de fée, et hante les enchères des objets du couple mythique chez Sotheby's, quand elle n'est pas occupée à se faire tromper ou battre par son psy de mari.

 

  Je n'ai pas osé regarder ce qu'en a dit la presse avant de vous écrire mon point de vue : je ne veux pas qu'il soit biaisé par des gens qui mourraient peut-être d'envie de pouvoir descendre le travail de Madonna, qui a visiblement beaucoup tenu à faire son film, et qui aimait sincèrement son sujet. On peut trouver des défauts au film, certes, mais on ne peut pas dire qu'on n'y voit pas l'amour que Madonna lui porte.

 

  Je me suis trouvée profondément inspirée par une chose qui est dite de manière très directe par la Wally de notre époque (est-elle la porte-parole de Madonna en cela ?) : elle veut pouvoir raconter l'histoire du point de vue de Wallis, de celle qui a été rejetée par tous et qui n'a jamais eu voix au chapitre. Elle veut redonner sa voix à celle à qui on n'a jamais donné la possibilité de s'exprimer.

  Moi qui réclamait dans mon dernier article que l'on fasse une place à l'avis des méchants, j'ai été servie. Wallis, pour les Anglais de l'époque, était un peu la Camilla des Anglais d'il y a quelques années. Et on a déversé des kilos d'encre et d'oxygène pour le récit de tout ce que le roi avait laissé tomber par amour pour elle : son trône, sa famille, et même son pays, puisqu'il avait été condamné à l'exil. Le film de Madonna proteste contre ce fait, et réclame qu'on se demande, cette fois-ci, ce à quoi Wallis, elle, avait dû renoncer pour être avec lui.

  Forcément, j'ai bondi sur mon siège. Effectivement, dès qu'on accuse quelqu'un d'avoir mal agi, on arrête de s'interroger sur ses sentiments. Et si l'on se demande ce qui l'a poussé à agir, on parle froidement en termes de mobile, comme si quelqu'un qui commet quelque chose de répréhensible l'a fait mécaniquement, parce qu'il est fondamentalement mauvais. Mais les personnages comme Sauron n'existent pas en si grand nombre dans la vie réelle. Non, dans la réalité, il y a tout un tas de gens qui ont parfois tort, qui font parfois du mal autour d'eux, qui sèment la souffrance sur leur chemin, et qui, pourtant, croyaient bien faire, et avaient eux aussi des sentiments humains.

 

  Ce qui rend cette revendication encore plus intéressante, cependant, est de comparer ce film au très récompensé Discours d'un roi.

 

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  Celui-là racontait une histoire très proche : celle du frère bègue du roi Edouard VIII, qui lui a succédé sur le trône pour devenir George VI, papounet de cette brave Elizabeth.

  Il y a un décalage assez frappant sur la manière dont les diverses personnalités sont présentées dans ces deux films. Colin Firth délivrait un homme complexé et sous-estimé par ses proches, à l'exception de sa femme. Son frère et Wallis étaient présentés comme des personnages vulgaires, futiles, nazis (mais ça, tout le monde en parle), et même parfois méchants.

  Dans le film de Madonna, c'est l'inverse. Tout d'un coup, la situation se renverse, et ce sont Wallis et son prince charmant qui sont mal traités, qui souffrent, et se heurtent à l'incompréhension et à l'étroitesse d'esprit de la famille royale. Si George VI n'est pas aussi franchement critiqué dans ce film que ne l'était Edouard VIII dans l'autre, il reste un personnage faible, effacé, influençable, qui se laisse dicter sa conduite par une horripilante épouse intraitable. Wallis et son homme sont accusés de nazisme alors qu'ils ne cherchaient qu'à éviter la guerre. Le film présente en tout cas l'adhésion au nazisme et l'amitié des deux personnages avec Hitler comme des rumeurs que peu de preuves peuvent étayer.

 

  Comme quoi, tout est vraiment une question de point de vue.

 

 

Crédits : Allociné

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:00

 

  Lecteur, aujourd'hui, je t'emmène faire un tour dans le passé, quand nous étions enfants et n'avions pas de problèmes plus graves que de faire nos devoirs de maths tous les soirs (...lol). Souviens-toi, en 1997 sortait dans les salles obscures ce chef-d'oeuvre de notre cinéaste mégalomane préféré, James Cameron. Oui, souviens-toi des files de 3 km devant les cinémas, peuplées de fans invétérés qui retournaient le voir pour la dixième fois de la semaine. Souviens-toi du jour où toi aussi, tu as vu couler le célèbre paquebot pour la première fois, emmenant Leonardo vers le fond avec lui.

 

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  N'as-tu pas été enthousiasmé ?

 

  Vraiment pas ?

 

  Non parce que, je sais bien que maintenant, ça fait bien de décrier le film à tout bout de champ, mais à l'époque, c'est pas le même son de cloche que j'entendais. Non, à l'époque, les gens disaient que ce film était "gé-nial" et "su-per" (oui à l'époque, ce mot était à la mode), même si maintenant, ces mêmes personnes crient passionnément à qui veut l'entendre que "il est trop nuuuuul", ou encore, que "c'est un naveeeeeeet".

 

  Bon, j'admets que je n'ai plus 50 posters du-dit film sur mes murs (tu vois l'affiche dont j'ai mis l'image ? Elle ornait la porte de ma chambre). Je n'en ai même plus un seul, pour tout te dire. Et il y a d'autres films qui l'ont détrôné dans mon coeur, avec le temps. Pourtant, contrairement à la tendance actuelle, je refuse de renier mes goûts d'antant.

 

  Je le dis haut et fort : J'aime toujours Titanic, avec moins d'enthousiasme naïf et inexpérimenté peut-être, mais je l'aime quand même, envers et contre tout.

 

  Ce qui me rassure, c'est que mon prof de socio le trouve intéressant. Si lui le dit, ça ne peut être que vrai.

  Chut, au fond là-bas !! On ne contredit pas mon prof de socio ! C'est un dieu !

 

  Donc, j'ai l'intention de te dire pourquoi, au juste, j'arrive à aimer Titanic alors que plus personne d'autre n'y parvient (sauf ma mère, mais est-ce que ça compte ?).

 

Raison n°1 : Parce qu'il y a Kate Winslet dedans. Et qu'elle est rousse. Déjà, parce que c'est mon actrice préférée. Normal, tout ce qu'elle fait, même quand c'est de la merde, elle le fait tellement bien que t'oublies que c'est de la merde - mais elle ne fait que très rarement de la merde, c'est Kate Winslet quand même. Oscarisée et tout. Et puis ensuite parce que je n'oublierai jamais la première fois que je l'ai vue sortir de la voiture, au début du film, et lever les yeux vers le paquebot avec scepticisme, nous faisant du même coup découvrir le visage et la crinière de feu qui se dissimulaient sous cet immense chapeau. Mais si, tu sais, le chapeau.

 

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Raison n°2 : Pour la voir apprendre à cracher. Parce qu'une aristocrate coincée qui crache sur le pont d'un bateau, ça donne forcément une scène d'anthologie.

 

Raison n°3 : Pour entendre Leo dire que la première chose qu'il voit chez une pute unijambiste, ce sont ses mains.

 

Raison n°4 : Parce qu'on a tous imité un jour la trace de main sur une vitre embuée.

 

Raison n°5 : Parce qu'il m'a appris à utiliser la multitude de couverts dans un restaurant.

 

Raison n°6 : Parce que Kathy Bates est une pointure, et qu'elle a un rôle vraiment sympa.

 

Raison n°7 : A cause du mec qui rebondit sur l'hélice en tombant à l'eau. Cameron a vraiment le sens du détail.

 

Raison n°8 : A cause du couple de petits vieux dans leur lit, qui sont décidément toujours aussi touchants, 15 ans plus tard.

 

Raison n°9 : Parce qu'il y a de sacrées belles prises de vue de l'épave en train de moisir sous l'océan.

 

Raison n°10 : Et enfin, parce qu'on a tous un jour braillé "Je suis le roi du moooooooooooooonde!!!".

 

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Crédits: Allociné, Cinémovies.fr (Kate et son chapeau).

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 11:00

 

  Et si je vous parlais de cinéma aujourd'hui ?

  Hier, je suis allée voir le film sur Margaret Thatcher, et comme à chaque fois que je vois un film qui retrace le destin d'une femme qui a marqué l'Histoire, j'en suis ressortie toute tourneboulée.

 

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  Le film est pas mal fait, il essaye de montrer les deux aspects de la personne : le personnage politique et ses convictions d'un côté, et la femme et sa vie privée de l'autre. Il nous présente une personne âgée, amoindrie, dont l'esprit vacille, en alternant avec des flashbacks courts mais nombreux. Ses souvenirs la hantent tandis que le présent lui échappe.

  La réalisation est intéressante, le point de vue également, et ils ont tenté, à mon avis, de brosser un portrait fidèle de cette femme politique si controversée, sans verser dans la complaisance ni dans la critique facile. Au final, c'est une personne humaine, avec ses défauts et ses qualités, qui nous est montrée.

 

  Mais ce n'est pas pour ça que j'ai eu envie de vous en parler, mais pour les relents de féminisme (bon dieu que je déteste ce mot) que ce film a réveillé en moi. J'en avais déjà eu après The Lady, qui est sorti il n'y a pas si longtemps non plus, et je constate avec joie que ces derniers temps, le cinéma met joliment en valeur les personnages historiques féminins, et en piochant parmi nos contemporaines en plus.

 

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  Il y a comme ça certaines femmes pour lesquelles j'ai beaucoup d'admiration, les Thatcher, les Merckel, les Clinton... même si je ne partage pas du tout les mêmes idées. Je n'ai pas besoin d'être d'accord avec elles pour être inspirée par leur force de caractère et leur détermination.

  Quand je vois le chemin qu'elles ont parcouru, les obstacles qu'elles ont surmontés, je ne peux pas m'empêcher de les prendre en exemple. J'aimerais pouvoir, à la fin de ma vie, me dire que j'ai su garder la tête haute à travers les différentes tempêtes de ma vie, à l'image de ces grandes figures qui ont marqué durablement notre monde.

 

   Il n'y a qu'une chose que je regrette : je ne trouve pas de modèle de ce genre dans mon propre pays. Les anglais ont eu Thatcher et Elizabeth 1ère, les birmans ont Aung San Suu Kyi, et nous, nous avons... Nadine Morano ?

 

   You can't be serious...


 

Crédits : Allociné

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