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Zelda, Princesse bibliophile

The Mandalorian

1 Mai 2020, 17:15pm

Publié par Zelda

Pour la première fois depuis que j’ai ranimé ce blog, je vais parler d’autre chose que de bouquins.

Je vais parler de séries dans les prochains billets, parce qu’au fond, les séries sont le nouveau mode narratif privilégié de notre époque, grâce à des moyens plus importants permettant désormais de nourrir les mêmes ambitions artistiques que le cinéma, tout en bénéficiant d’un format qui laisse le temps de développer des histoires, des personnages et des univers plus étoffés et plus complexes.

 

 

Pour ce premier billet, je vais commencer par celle qui fâche, histoire de m’en soulager l’esprit et de pouvoir passer plus tard à des choses plus agréables : The Mandalorian.

The Mandalorian

The Mandalorian suit un personnage taciturne, que tous appellent "Mando", chasseur de primes de son état, quelques années après la chute de l'Empire. Mando accepte une mission qui changera sa trajectoire à jamais, lorsqu'il s'aperçoit que l'être qu'il doit capturer est tout autre que ce qu'il imaginait, et surtout, lorsqu'il découvre que les cendres de l'Empire s'en mêlent...

En temps normal j’aurais attendu pour me lancer dans cette série. Je suis une grande adepte de l’univers Star Wars, mais plutôt du côté du cinéma. Je n’ai jamais regardé de série dérivée, même si je caresse l’idée de parcourir the Clone Wars dans un futur peu éloigné. Je n’ai jamais lu les livres de l’univers étendu non plus : je veux lire tellement de choses que je ne peux pas me lancer dans un truc aussi dense qui aurait tôt faire d’engloutir tout mon temps de lecture pour en évincer tous les autres auteurs, tous les autres genres, que j’ai envie de découvrir, ou d’approfondir.

Mais voilà, est sorti l’épisode IX et patatras ! L’incompréhension d’abord, puis le déni mêlé d’une déception qui s’étire dans le temps comme une chape de plomb. Je vous jure, j’en suis sortie si chagrinée qu’encore aujourd’hui, à chaque fois que j’y repense, je pousse de longs soupirs déçus.

 

Il fallait donc y remédier, et pour me consoler, mon compagnon m’a proposé de regarder cette série qui avait a priori d’assez bons retours, meilleurs que l’épisode IX en tout cas.

Les deux premiers épisodes m’ont plu, je les ai trouvés captivants et l’immersion dans l’univers de la franchise est instantanée et très réussie. Le rythme est lent, l’atmosphère pesante, mais ce n’était pas gênant d’emblée car cela donnait un ton intéressant, qui tranchait avec ce que je connaissais, tout en restant fidèle à l’esprit de l’univers.

Et puis l’enthousiasme est retombé comme un soufflé. Pour cause : des espèces d’épisodes fillers où il ne se passe pas grand-chose, qu’on étire en plus en longueur. Cette série pose des bases, pour ensuite ne rien raconter, pour faire durer un suspense qui malheureusement s’étiole au lieu de monter crescendo. Si au moins le peu qu’elle raconte tenait la route, je prendrais mon mal en patience, en me disant « ils ont du mal à démarrer mais ça va venir ». Mais non.

La narration ne tient pas la route, déjà parce qu’elle emprunte de façon bien trop flagrante aux mécanismes du jeu vidéo (coucou le PNJ dont la raison de vivre est de me donner une quête !), mais aussi parce qu’elle est bourrée d’incohérences, y compris au sein d’un même épisode. Les personnages présentés, même ceux qui éveillent notre curiosité au départ, finissent par être incohérents eux-aussi, sans compter qu’on n’évoque pratiquement jamais leurs motivations. Or, sans motivations pour rassembler ou opposer les protagonistes, difficile de poser des enjeux qui engagent le spectateur et le tiennent en haleine.

Le plus grave écueil dans tout cela à mes yeux est le développement du héros lui-même, le Mandalorien : c’est un tueur à gages sans peur et sans reproche, ou un noble guerrier au cœur d’or ? On alterne entre les deux sans raison et sans liens logiques. Une fois, on nous le montre tuant allègrement des gens juste pour l’appât du gain ou la vengeance, et d’autres, décidant sur un coup de tête d’aider ou de protéger untel ou untel, qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, et alors que ça ne lui apporterait que des désagréments.

 

Ces défauts absolument rédhibitoires pour moi sont d’autant plus frustrants que tout n’est pas à jeter et que la série dispose vraiment d’une matière riche à exploiter.

Sur le plan purement technique je n’ai pas grand-chose à redire : les paysages, les décors, les costumes, la réalisation, tout est très beau et servi par une bande originale superbe, étonnante et entêtante. Mais si c’est juste pour concevoir de jolis visuels sans raconter une histoire, autant faire des tableaux ou des clips.

On pourrait presque rattraper ce manque grâce au world building, car cette série explore intelligemment l’univers dans lequel elle se déroule, en distillant au détour d’une scène, souvent en arrière-plan, des éléments qui creusent ou développent certains aspects du monde dans lequel vivent les personnages dont on n’avait peu voire rien vu dans les films, un peu comme si on nous faisait découvrir les coulisses des grandes scènes d’action. Dans ces moments-là, il m’est arrivé de m’exclamer « ouah ça c’est cool ! Bonne idée de montrer ça ! » . Moments trop fugaces.

Il suffirait d’arrêter d’en faire un simple pot-pourri, et de transformer tous ces éléments en un puzzle qui une fois assemblé, dessine une seule image, pour rendre cette série vraiment bonne. Il y a incontestablement de la qualité, une foule de bons éléments qui font justice à la franchise et qui donnent envie de s’y plonger davantage. Tout ce qui reste à faire, c’est de tous les relier avec une logique interne d’interdépendance : bref, une histoire complexe et cohérente autour de laquelle graviter.

La série ne fait que commencer, et peut encore rattraper le coup. J'attends donc la saison 2, pour confirmer ou infirmer tout ça.

I have spoken.

Kuiil, in "The Mandalorian"

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