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  • : Du cinéma, de la littérature, et un peu de féminisme au milieu.
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 17:56

 

   J'ai envie de partager avec vous mon dernier coup de coeur littéraire : High Fidelity de Nick Hornby (Haute fidélité, en français, mais vous savez que je préfère lire en VO, non ?).

 

high_fidelity.jpg

 

   C'est un livre que j'aurais pu ne jamais lire de ma vie. Peut-être que je n'en aurais jamais eu l'idée si on n'avait pas indirectement attiré mon attention sur son contenu. En réalité, je cherchais plutôt un film sympa, le genre léger mais qui fait quand même réfléchir, et quelque chose de bien, qui ne me fasse pas soupirer d'ennui, ni bondir sur mon siège d'exaspération parce que c'est n'importe quoi. Et on m'a conseillé l'adaptation de ce best-seller, qui est malheureusement absente des collections du réseau de médiathèques où je vais. Par contre, on avait le bouquin, alors je me suis dit "va pour le bouquin", surtout qu'il y a peu de chances que j'aie l'occasion de voir le film un jour (à moins de l'acheter, mais je n'achète déjà que peu de films testés et approuvés, alors ceux que je n'ai même pas vu, encore moins).

     Eh bien, je ne regrette pas. Non seulement le style de l'auteur me convient très bien (juste assez d'humour pour captiver, pas trop de temps morts, peu de tics de langage, et une jolie musique des mots) mais en plus, il a fait résonner des choses en moi.

 

   Je vous situe vite fait l'histoire : Rob, disquaire en Angleterre, se trouve à un tournant de sa vie lorsque Laura le quitte et que la récession met son commerce en difficulté.

   Une histoire assez simple, voire même banale, pourrait-on dire.

 

   Je ne pense même pas vraiment que c'est l'histoire, autrement dit, l'enchaînement d'événements formant un tout construit, avec un début et une fin, qui est intéressante. En fait, c'est surtout un prétexte à la réflexion sur soi, sur ce qu'on a fait, comment on en est arrivé là où on est. C'est un livre de bilan. Il commence par la liste des cinq ruptures les plus marquantes de la vie du personnage principal (il aime ça, les listes, il n'arrête pas d'en faire), liste ayant pour but de démontrer à Laura qu'elle n'a pas le pouvoir de l'affecter autant que d'autres ont pu le faire par le passé. Mais on sent bien qu'au fond, Rob se voile un peu la face.

   Et puis on suit ses pérégrinations introspectives au gré des événements et de ses découvertes et révélations parfois peu reluisantes. Car si la subjectivité est inévitable dans un texte à la première personne, Rob est somme toute assez honnête, même si ses aveux sont parfois inattendus. Et il a beau se montrer de mauvaise foi par moments, voire se vautrer dans le déni, la façade détachée qu'il tente de se donner craque un peu, de temps en temps, laissant apercevoir la complexité de ses failles.

  Je vous préviens d'ores et déjà que ma "critique" est particulièrement subjective aussi. Je me concentre sur les points qui prenaient un sens particulier en fonction de ma propre expérience des thèmes et situations abordés, et je ne cherche pas à faire la liste de ce qui pourrait plaire et déplaire à d'autres lecteurs : chacun est différent, et chaque lecture prend un sens différent selon le lecteur, et c'est particulièrement le cas d'un livre comme celui-là, que j'ai trouvé, eh bien, intime, d'une certaine manière.

 

   Assez rapidement, le narrateur m'est apparu comme un éclopé sentimental. Il parle beaucoup de relations amoureuses (ou simplement sexuelles), mais au final, j'ai trouvé que l'amour était assez peu présent dans ces relations (ou même dans ses réflexions sur celles-ci), comme s'il était incapable de s'attacher, d'arriver à nouer un lien qui aille au-delà du désir (qu'il soit purement sexuel ou non - car oui, le désir pour quelqu'un peut être autre chose que sexuel). C'est un peu triste, et pourtant, je n'ai pu m'empêcher de faire un parallèle avec ma situation et les gens que j'ai rencontrés. Suis-je certaine que mes relations aient souvent été à propos d'amour ? Non ; si je suis lucide, je dois admettre que l'amour en était la plupart du temps absent, même (voire surtout) quand je croyais qu'il était le plus écrasant de présence.

  Serait-ce générationnel ? Un signe des temps ? La faute à la société de consommation ? Je ne me lancerai pas dans le débat, mais voilà, ce roman m'a parlé parce qu'il m'a apporté de quoi nourrir mes réflexions sur ce sujet qui me préoccupe depuis quelques temps : où s'arrête le désir et où commence le véritable amour ? Comment faire la différence entre les deux, comment les lier ? Comment dépasser le premier pour atteindre le second, plus profond, durable et satisfaisant sur le long terme ? Ai-je déjà réellement aimé, ou n'ai-je fait que désirer, en appelant ça amour ?

Autant de questions auxquelles vous ne connaitrez pas mes réponses (je ne les ai pas forcément trouvées non plus, d'ailleurs).

 

  J'ai globalement trouvé que le narrateur était un petit con - n'ayons pas peur des mots. J'entends par là qu'il se montre immature, égocentrique, égoïste même, et peut-être un peu insensible, ou manquant de compassion dans des moments où ça lui serait fort utile. J'ai parfois eu envie de le secouer comme un prunier. Cependant, je dois aussi admettre qu'il est typiquement le genre d'hommes pour lesquels je craque (ou plutôt, craquais, parce que j'ai la ferme intention d'arrêter de faire de la merde - je me trouve trop vieille pour ça maintenant).

  Schéma personnel mis à part (que j'évoque tout de même parce qu'il a nécessairement eu une incidence assez forte sur le sens qu'a pris ma lecture), les faiblesses de Rob sont assez touchantes, ce qui en fait un personnage attachant malgré tout (mention spéciale à la scène du pull qu'il a peur d'enlever parce qu'il pourrait se coincer la tête dedans, au moment de coucher avec une nana - j'ai eu un fou rire, et à ce moment-là j'étais définitivement conquise). Ses peurs et ses souffrances vous prennent par surprise, alors que vous pensiez justement que c'était un idiot insensible, et l'auteur les formule d'une manière suffisemment habile pour faire mouche. Lorsque Rob est perdu, lorsqu'il a peur, lorsqu'il confesse son mal-être, il est désarmant. L'alternance bien dosée entre les moments où il est énervant et ceux où il est en détresse fait que l'on apprend sans cesse de nouvelles choses sur lui. Se familiariser avec lui et son univers est une découverte perpétuelle. Chaque fois que je posais le livre, je pensais que je commençais à le cerner, et chaque fois que je reprenais le livre en main, j'apprenais de nouvelles choses qui m'émerveillaient.

 

   De plus, Rob ne fait pas que se livrer, il fait aussi participer le lecteur, il l'interpelle et l'interroge, le force à ne pas se contenter de recevoir passivement son récit.

   Ce que j'ai le plus aimé dans ce livre, ce qui en a fait sa force à mes yeux, c'est d'avoir l'impression de discuter avec quelqu'un de son expérience, quelqu'un d'assez différent de moi pour que son récit suscite étonnement et curiosité, mais aussi d'assez similaire pour que ses réflexions trouvent un écho chez moi. Il m'est arrivé, comme vous pouvez le constater, de me demander où moi, je pouvais me situer, là dedans. Est-ce que je peux le comprendre, et compatir ? Est-ce que je ferais pareil ? En quoi ma façon de faire, de vivre, a différé de la sienne ? La relation dynamique instaurée entre le narrateur et son lecteur facilite cette réception de l'oeuvre. Ca lui donne une autre richesse : comme dans toute relation, chaque lecteur vivra différemment cette rencontre avec Rob.

   Car ce livre est effectivement comme une rencontre. Petit à petit, on fait connaissance avec le narrateur, avec son univers, sa façon de voir les choses, et qu'on soit d'accord ou non avec lui importe peu : c'est presque comme un échange, un dialogue qui amène à porter un regard neuf sur sa propre expérience.

  Sans m'identifier à lui parce que trop différent de moi, j'ai trouvé quelques points d'accroche avec lui. Cette quête de soi, ces incertitudes et ce bilan sentimental viennent à point nommé dans mes lectures, alors que je suis justement dans une période de remises en question similaire (je crois que je suis en train de dire que ce roman m'aurait peut-être moins emportée si je l'avais lu à un autre moment de ma vie). Le dialogue n'en a que mieux fonctionné.

 

   Pour tout vous dire, j'ai tellement aimé ce livre qu'avant même de l'avoir fini et rendu à la médiathèque, j'ai couru chez mon libraire pour le commander. Et quand j'ai réalisé qu'il ne me restait qu'une page à lire, j'ai laissé échappé un juron de frustration (ce qui m'arrive très rarement). Je sens que je vais avoir besoin de le relire plusieurs fois pour en épuiser tout le sel. Dans mon enthousiasme, j'ai même acheté un autre roman du même auteur.

 

   Morceaux choisis :

 

"Did I do and say these things ? Yes, I did. Are there any mitigating circumstances ? Not really, unless any circumstances (in other words, context) can be regarded as mitigating. And before you judge, although you have probably already done so, go away and write down the worst four things that you have done to your partner, even if - especially if - your partner doesn't know about them. Don't dress these things up, or try to explain them; just write them down, in a list, in the plainest language possible. Finished ? OK, so who's the arsewhole now ?"

 

"What came first, the music or the misery ? Did I listen to music because I was miserable ? Or was I miserable because I listened to music ? Do all those records turn you into a melancholy person ?

People worry about kids playing with guns, and teenagers watching violent videos; we are scared that some sort of culture of violence will take them over. Nobody worries about kids listening to thousands - literally thousands - of songs about broken hearts and rejection and pain and misery and loss."

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 19:38

 

  Ça fait longtemps que j'ai lu la biographie d'Abraham Lincoln (par Bernard Vincent), mais aujourd'hui j'ai eu envie de partager avec vous une citation qui avait fait tilt dans mon cerveau au moment de la lecture. Ce grand homme a donc dit un jour :

 

  "[...] Nous avons commencé par affirmer que tous les hommes étaient créés égaux, et voilà qu'on s'abaisse aujourd'hui à déclarer que, pour certains hommes, le fait d'en asservir d'autres relève du droit sacré de se gouverner soi-même. Ces deux principes ne peuvent aller de pair."

 

  Cette observation est toujours valable de nos jours, me semble-t-il.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 13:08

 

  Je trouve que ça fait longtemps que je ne vous ai pas parlé de bouquins. Pourtant, j'en ai lu plusieurs récemment, et des biens d'ailleurs - et un très nul aussi, mais si je vous en parle ça va m'énerver, donc je préfère parler de ce qui est bien.

 

  J'aurais pu vous parler de Zelda, de Jacques Tournier, qui relate la relation tumultueuse de Zelda et Scott Fitzgerald à partir de leur correspondance, ou de Nous étions les hommes, de Gilles Legardinier, dans lequel Alzheimer menace de détruire l'humanité et qui trifouille plutôt agréablement dans les enjeux pas toujours très nets du milieu des brevets et de la propriété intellectuelle, parce que ce sont des livres intéressants chacun dans un style très différent, mais finalement j'ai opté pour le policier historique que j'ai dévoré au point de ne pas pouvoir aller me coucher avant de l'avoir terminé hier :

 

L'étrangleur de Cater Street, d'Anne Perry.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51NEW9PXJEL._SL500_AA300_.jpg

 

  Il paraît que c'est un classique du genre, mais moi, je l'ai découvert récemment, pendant mes cours de future bibliothécaire qui doit savoir ce qui plaît aux gens. En réalité, il s'agit de toute une série dont le personnage principal est un enquêteur : rien de très original dans le concept de base. On avait déjà Sherlock Holmes, Miss Marple, et Hercule Poirot, pourquoi ne pas rajouter le couple Pitt ?

  Vous me dites, si c'est un classique, pourquoi en parler ? Et moi je réponds : parce que souvent, les vieux classiques sont relégués aux étagères qui prennent la poussière. Mine de rien, ce livre a plus de trente ans : il a été publié en 1979, et malgré sa qualité (et apparemment sa renommée dans le genre), le lecteur lambda aura tendance à lui préférer l'attrait de la nouveauté. J'ai donc envie de le remettre en avant, parce que ce n'est pas parce qu'il vieillit qu'il est devenu moins bien.

 

  Il s'agit du premier volume de la série (je suis conventionnelle, j'aime bien commencer par le début), il met donc pas mal de temps à démarrer, histoire de bien mettre les choses en place. L'action prend place dans l'Angleterre du 19e siècle, et nous suivons la vie quotidienne d'une famille aisée de Londres, dont le voisinage est de plus en plus perturbé par des meurtres de jeunes filles étranglées. C'est d'une des filles de cette famille que l'inspecteur Pitt va tomber amoureux : Charlotte, qui n'a pas sa langue dans sa poche et refuse de se plier aux conventions sexistes de la bienséance.

  Le livre ne se contente pas de suivre la progression de l'enquête, mais nous immerge dans la société victorienne et son fonctionnement. Plus qu'un roman policier, il s'agit également d'une étude de moeurs. L'enquête n'est finalement qu'un prétexte pour analyser l'hypocrisie de cette société, et les meurtres sont un élément perturbateur majeur qui va faire tomber les masques de tous les personnages. De révélation en révélation, tout le monde en prend pour son grade, et les événements qui font trembler le voisinage tout entier vont profondément remettre en question les relations délicates entre tous ces personnages et les pousser à s'interroger sur leurs rapports avec les autres et sur ce qu'est l'amour. De doutes en déceptions, ils apprennent à mieux se connaître, à admettre les défauts des uns et des autres, et à vivre avec.

  C'est aussi un livre un peu féministe, qui insiste sur les restrictions imposées aux femmes en matière de bonnes manières, alors que les hommes pouvaient se permettre plus de choses sans courir le risque d'être jugés aussi sévèrement. J'ai envie de vous citer un passage, mais je m'excuse d'avance pour la langue : je l'ai lu en anglais, mais j'espère que ça ne vous empêchera pas d'en profiter.

 

  "What about men ?"

  "They are shallow, disloyal and hypocritical !" Sarah said furiously. "They preach one thing and practice quite another. They have one set of rules for us and another for themselves".

 

  Il y a donc pas mal d'engueulades, les personnages féminins se rebiffent à partir du moment où ils réalisent qu'ils se font rouler dans la farine par des hommes qui ne sont pas capables d'appliquer eux-même leurs grands principes, et se cachent derrière des excuses à base de "c'est normal qu'un homme ait envie de baiser tout et n'importe quoi, c'est dans sa nature, il faut l'accepter, mais une femme qui le fait, c'est une pute".

  Les hommes en prennent pour leur grade, je ne vous le cache pas, mais le livre ne s'en tient pas à une description simpliste. Si les personnages masculins les plus importants sont, chacun à leur manière, assez immoraux et irrespectueux envers les femmes, il ne s'agit pas de se contenter de leur taper sur les doigts. Tout en découvrant cela, les femmes du livre (qui ne sont pas parfaites non plus, heureusement) commencent à avoir une image moins étroite, plus englobante de ce qu'est l'humanité et les rapports qu'on les force à avoir avec les autres, mais apprennent aussi que les torts sont partagés. D'un côté, il y a des personnages féminins qui participent assez activement à la perpétuation de ce mode de pensée et de fonctionnement patriarcal et sexiste, et ce sont, au final, les personnages les moins reluisants. De l'autre côté, il y a aussi des explications au pourquoi du comment que ces personnages masculins sont devenus tels qu'ils sont. En clair, ils sont à blâmer pour leur mauvaise conduite, mais ils sont en partie le produit d'une éducation qui les a poussés dans ce sens-là, et leurs torts ne signifient pas pour autant qu'ils sont irrécupérables et irrémédiablement mauvais.

  Au final, ce qui est pointé du doigt, c'est une moralisation à outrance, basée sur des principes trop extrêmes, qui devient si oppressante qu'elle se transforme en lavage de cerveau néfaste produisant toutes sortes de comportements malsains dont tous les personnages sont victimes, d'une façon ou d'une autre.

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 18:22

 

  Tiens, c'est amusant, j'étais en train de lire quand je suis tombée sur une tentative de description de ce genre de baisers dont je vous parlais ce matin. J'aime bien la formulation, alors je vais partager avec vous :

 

  "Il pose ses lèvres sur les miennes. Je ferme les yeux. Quelque chose de plus fort que tout me submerge. Je suis un château de cartes qui s'effondre au ralenti".

 

  (Demain j'arrête !, de Gilles Legardinier)

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 11:00

 

  Séance lecture aujourd'hui, mes chers lecteurs.

  Et je continue dans ma lancée chick lit' avec un formidable bouquin. Je l'ai à peine terminé que j'ai déjà envie de vous en parler. Il s'agit de L'autre homme de ma vie, d'Emily Giffin.

 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41tMBdZPRkL._SL500_AA300_.jpg

 

  Couverture colorée, choupi mais sobre, de bonnes critiques sur Amazon, et un titre accrocheur : il me le fallait, et ma lecture s'est trouvée retardée. Je l'ai cherché dans le catalogue de la bibliothèque où je fais mon stage, et bonheur, il y était. Je me suis donc dit que j'irais le chercher le lendemain, à la fin de ma journée de labeur. Quelle ne fut pas ma déception en ne le trouvant pas sur les rayonnages ! Pour vérifier qu'il n'était pas mal rangé, j'ai fait un deuxième petit tour dans le catalogue, qui m'a appris qu'il venait d'être emprunté. On peut dire que ça s'est joué à peu de choses, mais qu'à cela ne tienne, je voulais le lire et je l'ai donc réservé.

  Deux semaines plus tard, il était déjà de retour, ce qui m'a conduite à penser qu'il avait été impossible à poser pour la précédente emprunteuse. J'avais donc des attentes relativement élevées, et maintenant que je l'ai terminé, finalement plus vite que ce que je pensais, je dois dire que je ne suis pas déçue. Je m'attendais à de la chick lit' légère et marrante, je suis tombée sur un livre riche en pistes de réflexions et de réminiscences pour moi.

 

  Voilà pour les préambules, je peux enfin vous raconter sommairement l'histoire, et vous livrer mes impressions.

  C'est l'histoire d'une photographe, Ellen, qui épouse le mec parfait, beau blond aux yeux bleus, riche, intelligent, bien élevé, issu d'une famille aussi parfaite que lui : Andy. Ne me demandez pas pourquoi, mais je me le suis tout de suite figuré sous les traits de Tom Hiddleston.

 

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Ma vision d'Andy

 

  Mais un beau jour, alors qu'elle se promène dans la rue, elle le recroise, cet ex qui a bouleversé sa vie et qu'elle n'a jamais pu oublier. Son coeur plonge dans ses chaussures et ses ovaires se détraquent, et la voilà qui se laisse faire, tétanisée, tandis que ce fameux Leo reprend contact avec elle.

  La magie opère toujours entre ces deux-là, et elle ne peut s'empêcher d'accepter de travailler avec lui, journaliste de son état, sur le genre d'article qu'on attend pendant toute sa carrière, premier pas dans un engrenage qui la mène lentement mais sûrement, et je dirais même, sournoisement, à remettre en question toute sa vie.

 

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L'idée que je me fais de Leo (faites abstraction du costard par contre)

 

  Je ne vous dirai pas lequel elle choisi à la fin, mais sachez que j'approuve totalement son choix.

 

  Place à mon ressenti maintenant, qui brûle de sortir de mes doigts depuis que j'ai commencé cet article.

 

  Je dois dire qu'il est très appréciable de tomber de temps à autre sur un livre dans lequel il est si facile de rentrer. J'ai été immédiatement conquise par le style et surtout, le ton employé par l'auteur. Le premier chapitre vous plonge instantanément dans l'état de choc de l'héroïne, et j'avais déjà envie de savoir la suite après avoir lu cette entrée en matière.

  J'ai franchement aimé que l'auteur nous présente une héroïne tiraillée entre son couple et son besoin vital de conserver une certaine forme d'indépendance. Elle lève petit à petit le voile sur son malaise lorsqu'elle suit son mari à la campagne, laissant derrière elle son travail adoré et l'effervescence de sa New-York bien-aimée, en illustrant du même coup les déséquilibres qui peuvent s'instaurer dans un couple lorsque les intérêts et envies de chacun ne vont pas dans la même direction, et que les compromis finissent pas en léser un des deux.

 

  L'alchimie entre Ellen et son ex, Leo, est palpable des les premiers échanges, et j'ai attendu avec autant d'excitation qu'elle chacun des moments qu'elle allait passer avec lui. Je jubilais intérieurement comme une adolescente ne serait-ce que lorsqu'elle recevait un mail de ce bellâtre qui j'avoue, m'a paru effectivement très attirant.

  Je trouve, personnellement, qu'un livre de ce genre, dont le sujet est une histoire d'amour, ne peut pas réellement fonctionner si on ne peut pas tomber amoureuse du mec avec l'héroïne. Alors voilà, pendant qu'elle se laissait submerger par son attirance pour son ex, moi je suis tombée amoureuse de lui aussi.

  Peut-être était-ce aussi singulièrement facile pour moi, parce qu'il m'a rappelé quelqu'un que j'aime, dès la première description. Son allure, son attitude, sa façon de parler... dans chacun de ses gestes, je voyais toujours le même homme, un ex aussi, que j'ai aimé tout autant, et que j'aime toujours d'ailleurs. Le parallèle que j'ai établi entre ce personnage et l'homme de chair et d'os que je connais m'a troublée tout au long de ma lecture, au point de me jeter dans une certaine mélancolie. Je n'ose pas dire "déprime", mais je n'en étais probablement pas si loin.

  Ce qui rend le livre réellement efficace, cependant, est que la magie ne fonctionne pas uniquement pour cette relation-là. Andy m'a plu, lui aussi, dès les premières lignes à son sujet, cet Andy si apaisant, si lumineux et si tendre. Andy, c'est la relation reposante, comme un baume sur une plaie, après une relation passionnelle, chaotique et douloureuse avec un Leo.

  Le choix cornélien de l'héroine entre ces deux hommes diamétralement opposés s'achève sur une réflexion sur ce qu'est l'amour, et il y a un passage qui m'a tiré des larmes (oui, oui, vous avez qu'à vous dire que je suis en période d'ovulation) parce qu'il met des mots sur ce que je pensais mais n'ai jamais réussi à exprimer. Je vous le cite, donc :

 

"C'est peut-être ça, l'amour. Non pas succomber à la passion mais faire un choix et s'y tenir quels que soient les obstacles et les tentations qui se dressent sur la route. Et peut-être que réitérer ce choix, jour après jour, année après année, en dit davantage sur la force de cet amour que tout le reste."

 


 

Crédits : Amazon (pour la couverture), Allociné.

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 11:00

 

  A l'IUT, on m'a dit qu'il fallait lire ce que les gens lisent, c'est à dire tout le contraire de ce que j'aime lire le plus. Alors, exit Dickens et la science fiction. Et voilà, je fais mes (presque) premiers pas dans le monde merveilleux et cocasse de la chick lit', autrement dit, la littérature de nanas. Oui c'est un peu sexiste comme appellation, mais reconnaissons que peu d'hommes ouvrent ce genre de bouquins. La preuve : l'autre jour à la médiathèque, j'ai regardé l'historique de prêt d'un roman de chick lit' que je voulais emprunter, et j'ai constaté qu'il n'y avait que de femmes qui l'empruntaient.

  Attention, la chick lit', ça n'a rien à voir avec les romans à l'eau de rose classiques. Barbara Cartland, Harlequin, c'est dépassé. La chick lit' ne se prend pas trop au sérieux, et se veut ancrée dans notre monde contemporain. Elle repose toujours sur une bonne dose d'humour et sur des aventures rocambolesques incroyables. Le roman emblématique du genre, c'est le fameux Journal de Bridget Jones d'Helen Fielding (que je n'ai toujours pas lu pour la simple et bonne raison que j'ai déjà vu le film et que ça me suffit).

  A Noël, on m'en a offert un, que je viens enfin de lire, et qui vaut franchement le détour. C'est donc de celui-là que je vais vous parler.

 

  Rien que le titre est exceptionnel : Ne dites pas à ma mère que je suis voyante, elle me croit libraire à Vancouver (Eileen Cook). Je suis d'autant plus impressionnée par cette mode de faire des phrases absurdes en guise de titre lorsque je vois que la version anglaise se contente d'un mot et d'un seul : Unpredictable. En France, on est plus fun. Ou alors on prend davantage les femmes pour des idiotes... Je vous laisse choisir l'explication qui vous sied.

  Non seulement le titre est accrocheur, mais en plus, la couverture l'est aussi. Ce genre de bouquins bénéficie par chez nous d'illustrations de couverture assez gaies et colorées qui attirent l'oeil et représentent plutôt bien le contenu, léger et mignon. Ils ont même pu s'associer aux talents de dessinateurs reconnus comme Pénélope Bagieu, à qui l'on doit l'illustration du livre dont je vous parle (même une paraphrase va plus vite que le titre -_-').

 

  Et l'histoire ? C'est un magnifiquissime n'importe quoi, du début à la fin : totalement jouissif.

  Tout commence lorsque l'héroïne décide d'entrer par effraction (!!) dans la buanderie de l'immeuble de son ex (!!) afin de lui piquer ses chaussettes (oui, vous avez bien lu). Forcée de se cacher lorsque celui-ci entre à l'improviste, elle devient malgré elle le témoin d'une scène qu'elle n'aurait pas voulu voir : son ex draguant une blondasse aux mensurations Alerte à Malibu. Pire encore : après le départ de ces deux-là, elle croit pouvoir s'en aller enfin et se retrouve prise en flag au milieu des chaussettes de son ex par un illustre inconnu.

  Je vous avais prévenus que ce serait n'importe quoi !

 

  Elle affirme tout de suite que ses actions sont parfaitement justifiées, dans la première phrase du premier chapitre, dont je vais vous faire profiter : "Pour commencer, je tiens à apporter une précision essentielle : j'ai une excellente raison d'entrer par effraction dans l'immeuble de mon petit-ami".

  Tout ceci fait partie d'un plan machiavélique qu'elle a mis au point afin de récupérer son mec, fraîchement devenu son ex, qu'elle pense être l'homme de sa vie. Ce plan consiste à jouer les poltergeist, donc, en subtilisant ses chaussettes, mais aussi en déplaçant sa voiture dans le parking à son insu, par exemple, car elle est persuadée que c'est comme ça qu'il réalisera à quel point il est incapable de se débrouiller sans elle.

  Petit à petit, ce plan va évoluer. En découvrant que Blondasse croit à l'astrologie, elle va décider de se faire passer pour une voyante auprès de celle-ci afin de la convaincre soit de rompre avec Mister Chaussettes, soit de faire des trucs cons qui ne peuvent que le faire fuir. C'est là que commencent les vrais ennuis...

 

  Personnellement je trouve que c'est un plan foireux, et il m'a paru clair dès les premières lignes que cette femme était complètement fêlée. C'est pour ça que je l'ai immédiatement adorée.

  Elle est tellement désespérée qu'elle est prête à recourir à n'importe quelle extrémité pour ne pas perdre l'homme qu'elle aime. Je sais que ça paraît parfaitement crétin du point de vue du commun des mortels, mais j'ai trouvé facile de m'identifier à elle, en ce qui me concerne. Moi aussi je fais des trucs complètement débiles quand je perds un homme que j'aime.  

  Je sais ce que c'est de persister dans le déni, de refuser catégoriquement d'accepter la réalité, et de se répéter avec un air buté qu'on ne peut pas le laisser partir, qu'il faut qu'il revienne, que ça ne peut pas être autrement. Enfin, non, n'allez pas croire que je fais ça tout le temps, je ne l'ai fait qu'une fois, cette année. Il faut croire que je me ramollis, avant j'avais l'habitude de foutre la paix à quiconque ne se rendrait pas compte de ma splendeur innée.

 

  Ma conclusion sur l'ouvrage ? Fun, pas prise de tête, tout ça tout ça. J'ai beaucoup apprécié la lecture, j'ai trouvé le style très agréable et l'histoire fort divertissante. Assez pour avoir du mal à le poser. Mais il ne faut pas se leurrer : on lit ce genre de livres pour pouvoir vivre certaines choses par procuration, pas pour se sentir plus intelligent.

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:00

 

  Très chers lecteurs, il y a peu, j'ai découvert un live formidable, exceptionnel, drôle, émouvant, mignon, captivant, bref, un de mes livres tellement préférés que je veux convertir la planète entière à sa lecture.

 

  Je voulais écrire un article dessus pour vous le présenter et vous donner envie de le lire, mais une de mes amies, celle-là même qui me l'a fait découvrir, vient d'en écrire un et je n'aurais vraiment pas pu mieux faire.

  Je vous mets donc un lien vers l'article, en croisant tous mes doigts (même les orteils) pour que vous alliez lire les deux (l'article et le bouquin, donc).

 

Jetez un coup d'oeil !

 

  Des fois que vous seriez paresseux, je vous dis quand même le titre et le nom de l'auteur :

 

  Qui a tué Glenn ? de Léonie Swann.

 

  Voilà, et maintenant vous pouvez courir l'acheter ou l'emprunter, les yeux fermés.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 11:00

 

  Mesdames, messieurs, j'ai enfin ouvert ce fameux livre qui est à l'origine du film Ce que pensent les hommes, écrit par... des gens qui bossaient sur Sex and the City, dont le titre français est Laisse tomber, il te mérite pas! (Rien à voir avec le titre anglais, He's just not that into you).

 

  Oui je sais, j'ai des références ultra-scientifiques en matière de drague.

  Non je n'ai pas dépensé mon argent pour un livre de self help sur les relations amoureuses (bon, pas celui-là...), puisqu'une telle référence littéraire se trouvait déjà dans la médiathèque où je suis inscrite. Ô joie!

 

  Honnêtement, ça fout un peu la honte d'aller emprunter ou acheter un bouquin comme ça, non? Ça fait un peu "je suis tellement cruche que je peux pas me débrouiller toute seule".

  Mais bon, quand on est déprimée par une rupture/un rejet/une absence, enfin par un mec (je parle toujours de mon point de vue d'hétérosexuelle pratiquante, hein), tout est bon pour nous remonter le moral. Surtout les trucs de filles un peu superficiels, comme tiens, les bouquins écrits par les scénaristes de Sex and the City.

 

  Donc, j'ai décidé de lire ce truc en me disant qu'à défaut de me donner des trucs utiles à appliquer dans mes relations avec le sexe "fort" (quoique, c'est fragile ces petites choses tout de même... au moindre truc c'est cassé), ça me remonterait au moins le moral (ne serait-ce qu'en me divertissant un peu).

 

  La fonction "divertissement" est largement remplie. Je rigole bien, c'est un fait. Même si ce n'est pas toujours fait exprès.

  La fonction "vas-y que je te rebooste le moral" est excellente aussi. En même temps, les auteurs disent que nous sommes des femmes fantastiques et formidables toutes les deux lignes, alors au bout d'un moment, on fini par y croire. Par exemple, au lieu de ressasser notre envie de rappeler Michemuche pour lui dire "au fait, on devait pas se faire un resto samedi dernier? J'attends toujours que tu m'appelles", il nous conseille de nous demander si on a l'air de, je cite, "quelqu'un qui n'a pas confiance en sa splendeur innée". Parce qu'un homme qui ne nous rappelle pas est un homme qui n'a pas vu à quel point nous étions fantastiques, et qui donc, ne nous mérite pas. Aucune femme ne doit jamais en douter.

  Les auteurs ne donnent absolument pas de conseils pour draguer ni rendre un homme fou de nous. Par contre, ils nous exhortent un bon millier de fois à fuir comme la peste tout homme qui ne serait pas suffisamment à nos pieds pour:

- nous appeler et nous proposer de se voir, de plus en plus souvent d'une part, et de plus en plus longtemps d'autre part - surtout quand il nous a promis qu'il nous appellerait,

- ne pas nous laisser dans le flou et accepter de sortir avec nous, en bonne et due forme, avec tout ce qu'il y a de plus officiel (à ce propos, je me souviens d'un rigolo qui m'a expliqué qu'il s'était senti en droit de me tromper parce que notre relation ne lui semblait pas officielle, donc pas assez réelle - c'est là que j'aurais dû dire "vas-y parle à ma main", mais non, j'étais encore trop naïve...),

- avoir envie de nous faire l'amour (oui c'est bête hein, mais un homme qui n'a pas beaucoup envie de nous toucher... c'est un peu louche, non?).

 

   Le truc se présente comme un patchwork de mails d'amies de l'auteur masculin lui demandant conseil, celui-ci répondant invariablement quelque chose du genre "ce type ne tient pas vraiment à toi, tu mérite mieux". A la fin de cet empilement de témoignages désemparés, les deux auteurs donnent chacun leur point de vue sur le thème abordé, et on a parfois droit à un petit exercice, plus rhétorique qu'autre chose, pour vérifier qu'on a bien compris la leçon.

  Chaque chapitre se termine sur un récapitulatif des points à retenir, dont voici un petit aperçu: "vous valez largement un rendez-vous", "les hommes n'oublient pas combien vous leur plaisez - alors raccrochez ce téléphone", "s'il ne vous rappelle pas, c'est qu'il ne pense pas à vous", "mieux que rien, ce n'est pas assez bien pour vous!", "quelque part, il y a un homme qui veut coucher avec vous, créature de rêve", "si ça vous tente de passer d'innombrables nuits à faire des câlins et rien d'autre, achetez un chiot", "quelque part attend un homme qui ne pourra pas se retenir de raconter à tous qu'il est votre petit ami. Arrêtez de faire l'idiote et trouvez-le".

 

  Mes conclusions sur l'ouvrage?

  Malgré le côté lavage de cerveau, c'est une lecture agréable et je n'ai pas (trop) eu l'impression de perdre mon temps. Ca se lit vite, facilement, c'est drôle, et ça a le mérite, non seulement d'occuper l'esprit, mais aussi d'aider à relativiser (au moins un peu), tout en refilant une confiance en soi d'enfer. Le seul bémol est qu'il n'incite à aucun moment à la remise en question et qu'il est trop simpliste.

 

  Je n'ai pas appris grand chose. Je ne sais toujours pas comment donner envie à un homme de remuer ciel et terre pour moi.

  Mais maintenant, je suis convaincue que je le mérite, et je salue tous les matins dans mon miroir le reflet de ma splendeur innée.

  Je suis une femme fantastique, merveilleuse, exceptionnelle, et si déjà je me lance dans une relation, j'estime que je ne le ferai pas pour moins que pour un homme qui se décarcasse pour m'en donner l'envie.

  Je veux un homme poilu et indépendant, tout ça tout ça, mais surtout, un homme qui soit capable de brailler sur tous les toits qu'il sort avec moi et qu'il m'aime, de coller mon nom sur sa boite aux lettres, de m'appeler souvent même si c'est juste pour me dire que je lui manque, et surtout, d'avoir assez envie de moi pour me faire grimper aux rideaux plein de fois quand on se voit.

 

  Et les autres, ils n'ont qu'à aller se faire foutre.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 11:00

 

  Me voici pour une nouvelle session lecture!

 

  Pendant ma formation, on m'a expliqué qu'il fallait que je lise si je voulais devenir bibliothécaire (jusque là rien de surprenant), et que je lise ce que le public lit.

  C'est là que je me suis dit que c'est mal barré, vu que je ne lis que des trucs qui ont peu d'attrait pour le grand public: romans du 19e siècle et science-fiction.

  Nous devons lire des romans policiers, qu'elle a dit, parce que c'est ça qui marche le mieux. Il faut donc que je me m'initie aux joies du policier scandinave et des romans de cette brave Mary Higgins Clark. En conséquence de quoi je suis allée à la médiathèque chez moi faire le plein de lectures utiles. Oui sauf que justement, la dame Clark et le monsieur Coben ont tellement de succès que leurs bouquins sont toujours empruntés: je n'ai pratiquement rien trouvé sur les rayons. Je suis donc allée voir les suggestions des bibliothécaires, qui avaient décidé de mettre en avant le policier historique (ça tombe bien, je trouve ça beaucoup plus fun), et oh, mais que vois-je, quel est ce titre qui attire mon oeil d'amatrice du 19e siècle?

 

"Le fantôme de Baker Street", de Fabrice Bourland.

 

  Wouah, avec un titre comme ça, y'aura sûrement des références à Sherlock Holmes, que je m'écrie intérieurement avec joie (oui, les seuls policiers que je lise d'ordinaire sont ceux d'Arthur Conan Doyle). Donc je me suis jetée dessus, pour lire le résumé, qui raconte que la célèbre maison de Baker Street est hantée depuis peu, et que cet événement coïncide avec de mystérieux meurtres qui se multiplient à Londres. Je n'ai vraiment pas réfléchi longtemps avant de me décider à prendre ce livre.

 

  Bon alors ceux qui veulent lire ce torchon jouissif sans être spoilés, ne continuez pas de lire mon article. Je ne vais pas forcément beaucoup spoiler mais le peu que je vais raconter pourrait gâcher votre plaisir. Les autres, go ahead!

 

  Tout commence sur fond de mysticisme, avec un manuscrit retrouvé, écrit de la main d'un célèbre détective et écrivain du début du 20e siècle, Andrew Singleton. Ce cher Andrew est le fils d'un homme des hautes sphères adepte de la pratique du spiritisme, qui passait son temps à contacter sa défunte épouse pour lui demander comment il devait cuisiner ses carottes. Mais Papa Singleton n'a jamais autorisé son fiston privé de mère à rencontrer cette dernière lors de ces séances. Dépité, Fiston Singleton a décidé par esprit de de contradiction avec papounet de rejeter en bloc toutes les théories et pratiques spirites, et donc manque de rire au nez de madame la veuve d'Arthur Conan Doyle, oui rien que ça, quand elle vient lui faire la causette un soir au sujet de la mort mystérieuse de son mari, avec laquelle elle suppose un lien à cette histoire de fantôme au 221 Baker Street.

  Ca commence fort, dites.

  Mais ça devient encore meilleur, car notre détective-écrivain oisif et son pote (ben oui, il y a forcément un couple de détectives, notre auteur étant visiblement un grand fan d'Arthur Conan Doyle) vont devoir faire des séances de spiritisme pour entrer en contact avec le-dit fantôme, qui s'avère n'être autre que l'illustre Sherlock Holmes lui-même. Le postulat de base du bouquin est que lorsque des écrivains créent des personnages, ceux-ci prennent vie dans un monde parallèle et acquièrent de plus en plus de consistance en fonction de leur effet sur l'imaginaire collectif des humains. Sherlock, adulé de partout dans le monde, n'a donc eu aucun mal à se matérialiser chez nous.

  Or, depuis que Sherlock est venu nous faire une petite visite, il se passe des choses bien étranges à Londres: des enfants se font kidnapper, des femmes se font vider de leurs organes, et d'autres personnages se font tout aussi sauvagement assassiner. Andrew se dit qu'il y a forcément un lien et commence donc à faire fonctionner ses neurones. C'est là qu'il réalise que tous ces meurtres ne sont pas sans rappeler ceux de de ses romans préférés: Dracula, L'étrange cas du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde, le Portrait de Dorian Gray. Ni une ni deux, il va vérifier les similitudes et en vient à la conclusion suivante: soit il y a un grand amateur de littérature dehors qui reproduit les meurtres de ses oeuvres favorites, soit les créatures maléfiques de ces romans ont réussi à s'immiscer dans notre monde de la même manière que ce brave Sherlock Holmes.

  Oui mais que faire de ces meurtres à Whitechapel, qui reproduisent les méfaits de Jack l'Eventreur? Notre bon détective trouve rapidement la réponse à cette question: le meurtrier, jamais retrouvé, a fini par nourrir l'imaginaire collectif et devenir tel un personnage de fiction dans notre culture.

  Jusque là on pourrait se dire qu'en fait, Andrew et ses amis sont tout simplement cinglés.

  Mais en fait, non. Sherlock les envoie un soir dans une ruelle sombre afin d'empêcher un terrible meurtre, et Singleton manque de faire une crise cardiaque en découvrant le meurtrier sans visage: Jack l'Eventreur, ou plutôt, son fantôme, qui s'amuse à buter la moitié de la ville depuis quelques jours. Chassé par un mystérieux docteur portant une casquette jaune (si si, c'est un détail qui revient), l'Eventreur s'enfuit sans avoir eu le temps de tuer qui que ce soit. Ouf!

  Sûrs maintenant d'avoir affaire aux fantômes de personnages aussi illustres, notre troupe de joyeux lurons va donc mettre au point un plan avec Sherlock, afin d'arrêter tous ces monstres avant qu'ils ne s'affranchissent du cadre de leurs romans, qu'ils n'ont fait que reproduire jusqu'à présent. Alors qu'il guette Dracula, Singleton se fait chercher par un autre fantôme: le docteur Watson, qui lui explique que finalement Holmes a découvert que toutes les entités maléfiques organisaient une fête dans un cimetière. Et c'est en rejoignant ce dernier là-bas que notre héros découvre que Dracula, Doria Gray, Jack et Mr Hyde ne sont pas les seuls à s'être incrustés chez nous. On y retrouve donc pléthore d'autres vilains méchants de romans du 19e siècle (que j'ai pratiquement tous lus): l'Homme Invisible, Carmilla, le dr Moreau... pour ne citer que ceux que je connais d'expérience littéraire.

  Alors qu'on s'attend à une bataille finale époustouflante, Holmes résout l'affaire en un rien de temps, par ce qui a tout l'air d'une facilité, et qui pourtant semblait évident: c'est lui qui est venu le premier, fort de l'admiration d'autant de fans dans le monde entier, et qui a ouvert malgré lui la porte de notre monde à tous ses gentils petits amis monstrueux. Il suffit donc qu'il reparte dans le monde parallèle, et ils seront obligés de le suivre, ayant besoin de son pouvoir sur nos esprits pour pouvoir subsister dans notre monde. Holmes fait donc ses adieux, et tout ce petit monde disparaît aussi brutalement qu'il était apparu.

 

  Spoiler-safe conclusion:

 

  Si j'ai été déçue de cette fin vite envoyée, j'avoue que j'ai tout de même été comblée par ce foisonnement de références à des romans auxquels je voue un culte moi aussi. Le plaisir de la lecture ne résidait finalement pas tant dans l'intérêt de l'intrigue,que dans cette connivence avec l'auteur, dont le seul but semble d'avoir voulu rendre hommage à tous ces monstres sacrés de la littérature qu'il aime tant. Plaisir d'autant plus grand pour moi que je partage les mêmes références.

 

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 11:00

 

  Changeons de registre littéraire, si vous le voulez bien! Ce coup ci, point d'histoires d'amour et point de niaiseries, place au fantastique, au gore, et à la terreur, avec Jusqu'au bout de la nuit de Dean Koontz.

 

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  L'histoire rappelle fortement un jeu vidéo bien connu. Le héros part à la recherche du fils de son ex, qui vient d'etre kidnappé. Sa piste le mène à une ancienne base miiltaire désaffectée, ayant été le théâtre d'effroyables expérimentations génétiques sur lesquelles on en apprendra plus tout au long du roman.

 

  Pour ne rien gâcher, le héros est atteint d'une maladie grave, le XP - xeroderma pigmentosum (non, c'est pas un level up, il brûle au soleil en 10 minutes top chrono, c'est tout) - ce qui lui donne une aura mystérieuse et fantastique pour bien rester dans le ton. Eh oui, notre bon vampire en toc ne peut pas se promener en pleine lumière, ce qui permettra de découvrir moultes horreurs dans la pénombre inquiétante de la nuit, d'un souterrain, ou d'une maison aux volets clos.

 

  J'avoue que Koontz est un maître de la terreur. C'est le deuxième roman que je lis de lui, et les deux m'ont terrifiée également; mais celui-ci a ma préférence. Il est rempli d'animaux génétiquement modifiés aux comportement étranges, ainsi que d'entités maléfiques qui aiment se bastonner sur fond de Can you feel the love tonight, d'Elton John. Oui, vous avez rêvé de faire cohabiter des monstres et des cadavres avec le Roi Lion, Dean Koontz l'a fait!

 

  Un pur moment de bonheur. Ce n'est peut-être pas de la "grande" littérature, mais il reste palpitant à lire, plein de petites notes d'humour, et ma foi, j'y ai même trouvé une scène magnifique, digne d'un excellent roman fantastique. Cette scène est précisément celle de l'affrontement contre un monstre, dans une maison dont toutes les télés (et ils en ont une par pièce, ces Américains!) diffusent le Roi Lion, dans une parodie de religion poignante.

 

  Je me réjouis pour en lire un troisième!

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