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Zelda, Princesse bibliophile

Vaisseau d'Arcane, tome 1 : Les Hurleuses - Adrien Tomas (Mnémos, 2020)

1 Février 2021, 17:15pm

Publié par Zelda

J’ai profité de congés pour terminer un second roman du prix des Imaginales, premier tome d’un diptyque d’Adrien Tomas qui comme Catherine Dufour, faisait partie de ces auteurs dans la sélection dont je me disais justement depuis quelques temps que j’aimerais lire quelque chose d’eux. Je suis donc ravie qu’il en soit !

Alors qu’avec Catherine Dufour, j’ai plongé dans le fantastique, je retourne avec Adrien Tomas vers la fantasy.

La nouveauté pour moi dans cette œuvre, c’est qu’elle est agrémentée d’une petite touche steampunk bienvenue, alors que je n’ai jamais rien lu de ce genre.



Les Hurleuses ne démarre pas dans la région du monde dont il tire son nom, mais au Grimmark, qui a arraché son indépendance à la République de Tovkie il n’y a pas si longtemps, et qui tire sa richesse de l’Arcane, magie qui sert d’énergie à ses technologies de pointe.

Nous rencontrons d’abord Sof, jeune infirmière, et son frère Solal, dont l’attention est détournée du monde réel depuis qu’il a été touché par la magie de l’Arcane, contraints de fuir leur ville depuis que Sof a refusé de laisser son frère aux mains de la science. Son périple pour protéger son frère l'emmène loin du Grimmark, dans les Hurleuses où vivent les Orchidiens, au moment où les tensions à la frontière menacent justement de conduire à la guerre.

Au fil de leurs pérégrinations, leurs destins se trouveront mêlés à ceux d’un assassin à la solde du Grimmark et d’un diplomate étranger avec qui ils n’ont a priori rien en commun.

Difficile de rentrer un peu dans le détail sans spoiler les événements du livre, aussi j’espère que je ne vous aurai en rien gâché le plaisir de la lecture !

 

Nous sommes dans une focalisation interne à la troisième personne qui suit plusieurs personnages, et alterne entre ces derniers à chaque chapitre. C’est un procédé qui permet de suivre plusieurs fils à la fois, pour nous révéler le lien entre eux ou bien les faire converger à la fin. J’aime beaucoup ce type de récit, alors je partais déjà d’un bon pied. Cela fonctionne d’autant plus que les personnages que l'on suit sont tous attachants et/ou intéressants, tous très différents, et tous animés par des motivations très différentes (et toujours très bien amenées). Je suis particulièrement emballée par les Poissons-crâne, peuple des Abysses qui a noué des relations diplomatiques avec le Grimmark. J’avais toujours hâte de découvrir les nouvelles péripéties que rencontre son représentant !

Les Orcs sont eux beaucoup plus classiques, proches des créatures de Warhammer à ce qu’on m’a dit (l’auteur est-il un fan ?), mais leur société présente un contrepoint très intéressant à l’organisation politique et sociale du Grimmark, et ils comptent dans leurs rangs l’un des personnages auxquels je me suis le plus attachée, Mirahe, une “ancienne”, figure d’autorité pleine de bon sens et dont le rôle dans l’intrigue est capital.

Au passage, j’ai vraiment apprécié la diversité des personnages féminins présentés, qui évitent plutôt bien les écueils des clichés habituels.

L’auteur cultive suffisamment bien le mystère autour des enjeux politiques sous-jacents des événements racontés pour que l’on ne puisse pas saisir ce qu’ils sont réellement avant le moment où il décide de nous le révéler. Dans un roman d’un genre si codifié, où les mêmes motifs et les mêmes péripéties reviennent sans cesse, c’est une qualité que je trouve particulièrement appréciable. Ainsi, sa fin m’a surprise tout en me paraissant parfaitement logique et bien trouvée. 

Et quel final ! Si j’ai eu plus de mal à rentrer dans ce livre que dans le précédent, j’ai beaucoup aimé sa façon d’ajouter de nouvelles couches d’enjeux au fur et à mesure du texte, de façon à le complexifier et à monter crescendo dans le mystère et dans l’intérêt que l’on porte au devenir des protagonistes.

Du côté du style également, l’effort est louable même si j’ai remarqué que l’auteur aime beaucoup le mot “pratiquement” (trois occurrences dans le même paragraphe, ça pique un peu). Le fait que ça ne m’a pas plus gênée que ça dans ma lecture une fois que je m’en étais rendue compte est pour moi la preuve que c’est un détail anecdotique qui ne gâche en rien la jolie plume d’Adrien Tomas, élégante sans s'appesantir inutilement non plus (le genre que j’aime bien, donc).

 

Un premier tome rondement mené, donc, et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai hâte de lire la suite !

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