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Zelda, Princesse bibliophile

Le Chant des cavalières - Jeanne Mariem Corrèze (Les Moutons Electriques, 2020)

25 Juillet 2021, 17:30pm

Publié par Zelda

Je termine mon tour des romans de la sélection du Prix Imaginales des Bibliothécaires 2021 par ma chronique du Chant des Cavalières, lui aussi premier roman de son autrice. 

Il y a longtemps maintenant que j’en ai terminé la lecture, mais j’ai eu beaucoup de mal à écrire à son sujet. Lorsque j’ai repris ce blog en mains l’an dernier, j’avais pour ambition de toujours chercher le positif, et de ne pas me livrer à la critique facile. Pourtant, je ne veux pas devenir malhonnête, et si je n’ai pas aimé une œuvre, je préfère le dire.

Ce roman, à mon grand regret, fait partie de ces déceptions. 

 

Tout d’abord, je vous plante le décor : ce roman de fantasy initiatique suit l’apprentissage de Sophie, écuyère désignée pour succéder à sa Matriarche, et qui devra trouver sa voie dans un Ordre secoué par des intrigues politiques menaçant de conduire à la guerre.

Voilà tout ce que je peux vous livrer comme résumé, car si j’allais au-delà pour exposer les enjeux du roman, je vous aurais déjà presque tout dit.

 


J’attendais cette lecture avec impatience, et c’est même ce livre que j’avais le plus envie de lire de toute la sélection. Ma déception fut donc à la hauteur de cette attente.


J’ai beaucoup aimé le style de l’autrice, plutôt poétique sans en faire trop, et l’univers m’a intriguée dès les premières pages. La hiérarchie entièrement féminine des Cavalières, cet ordre guerrier mais à visée uniquement défensive, ainsi que la dominante de personnages de femmes toutes différentes, ça me parlait. Je pense que j’ai trop espéré une œuvre féministe, presque militante, qui renouvellerait un genre que l’on réserve trop souvent aux hommes.

Malheureusement, j’ai passé l’ouvrage entier à avoir la sensation de tout survoler : son décor, ses personnages, ses enjeux. Comme si j’avais sous les yeux des centaines de pages de résumé détaillé. 

Certains personnages secondaires m’ont plu, mais l’héroïne elle-même m’a agacée, d’une part par son manque de profondeur mais aussi par son indécision chronique. On nous présente un personnage appelé à de hauts faits, mais en réalité elle se laisse ballotter tout au long du récit, au gré des volontés d’autres protagonistes dont les motivations ne sont pas toujours mieux définies que les siennes.

Moi qui attache énormément d’importance à la caractérisation des personnages, je trouve là à ce livre son plus gros défaut : il manque de descriptions, ou mieux, d’une narration qui ferai(en)t ressortir l’identité et les objectifs propres à chacun. De ce fait, l’héroïne manque de vie, elle m’a semblé être là uniquement pour faire avancer le récit.

J’ai donc terminé ma lecture sur une sensation de manque, d’inachevé.


 

Cet ouvrage est loin d’être mauvais, malgré les défauts que je viens de vous exposer : sa lecture n’a pas été déplaisante et je n’ai pas eu de mal à le finir. Mais il sera, pour moi, très oubliable. Je pense qu’il plaira davantage à des jeunes lecteurs qui découvrent encore la fantasy, qu’à des lecteurs aguerris qui en ont déjà apprécié les monuments.

 

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